Il y a 10 ans fermait Smurfit-Stone à New Richmond

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L'usine, le jour de sa fermeture, le 4 août 2005

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Gilles Gagné

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Le Soleil

(New Richmond) Il y a 10 ans ce matin, la compagnie Smurfit-Stone causait une commotion dans le secteur de la Baie-des-Chaleurs en annonçant brutalement, par communiqué, la fermeture définitive de sa cartonnerie de New Richmond, laissant 300 personnes sans emploi et de nombreuses scieries sans débouchés pour leurs sous-produits.

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Gordon Duthie a récupéré des photos au fil des ans, notamment alors que l'usine était en voie de démolition. Elles sont en montre jusqu'au 25 août.

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La Gaspésie perdait alors sa troisième grande industrie en six ans, après les fermetures de Mines Gaspé à Murdochville et de la papeterie Gaspésia de Chandler. La crise s'est répercutée jusqu'au Bas-Saint-Laurent et au Nouveau-Brunswick, où plusieurs scieries misaient sur la cartonnerie pour écouler des sous-produits moins prisés que les copeaux, comme les sciures.

Ce sont les humains qui ont encaissé le plus dur coup, évoque Gordon Duthie, embauché à la cartonnerie en décembre 1965, seulement quatre mois après son inauguration, et qui était encore employé le 4 août 2005.

«Ma fille était en visite chez nous et elle m'a dit que l'usine était fermée. Elle venait d'entendre ça. Je ne l'ai pas crue. Je suis allé à l'hôpital pour des tests sanguins et, en attendant, j'ai vu aux nouvelles télévisées l'annonce de la fermeture. C'est tombé comme un gros coup de tonnerre. Tout avait été gardé secret. Le seul qui le savait, c'était le directeur de l'usine, et il ne l'avait pas dit à son entourage», évoque M. Duthie.

La firme avait embauché des gardiens de sécurité. Les employés étaient escortés un à un pour aller chercher leurs effets personnels.

«Il fallait prendre rendez-vous. Je suis arrivé en retard de deux minutes à mon rendez-vous et le gardien m'a refusé l'accès. Il a fallu que je prenne un autre rendez-vous», se souvient M. Duthie.

Féru d'histoire, il a tenté de sauver des documents et des photos de l'usine dans les bureaux de la cartonnerie. «Tellement de choses ont été tout simplement gaspillées. Il ne semblait y avoir aucune conscience de protéger quoi que ce soit», ajoute-t-il.

Pincement au coeur

Pendant que l'usine a été démolie, en 2009 et 2010, M. Duthie a fait de nombreux allers-retours entre sa maison et les anciens bureaux. Il a réussi à sauvegarder des photos et certains documents. «J'aurais aimé le faire de façon ordonnée», dit-il.

Vendredi, près de 400 personnes ont assisté à une réunion d'anciens employés de la cartonnerie de New Richmond, réunion au cours de laquelle on a procédé à un vernissage de photos amassées par Gordon Duthie au fil des ans. Ces photos sont en montre dans le sentier du parc de la pointe Taylor jusqu'au 25 août.

Lena Carroll, qui a travaillé de 1970 à 2005 dans les bureaux de la cartonnerie, évoque aussi la fermeture avec un pincement au coeur. «On ne s'attendait pas à une fermeture permanente, peut-être une fermeture temporaire de deux ou trois semaines.»

Jean-Yves Bujold, qui a passé près de 30 ans à la cartonnerie, revient aussi sur la fermeture avec amertume, même s'il y a passé de belles années. «Smurfit-Stone a fermé une usine rentable, qui avait de bas coûts de production parce qu'on avait réussi à développer une recette prenant 80 % de sciure, ce qui coûtait moins cher que les copeaux. La compagnie a protégé son usine américaine.»

Diversité économique

Le maire de New Richmond, Éric Dubé, croit que sa ville a réussi sa diversification économique et à tourner la page. «On a commencé en créant une cellule de crise, avec Mme Appleby [Nicole, mairesse à l'époque]. On a misé sur les infrastructures, puis la diversification», dit-il.

«Depuis, environ 200 emplois ont été créés sur l'emplacement de la Smurfit-Stone, par Fabrication Delta, Rail GD, Construction PEC et Raymer, ou dans le parc industriel. Les nouveaux emplois ne sont pas au même salaire, mais les gens ont pris l'habitude d'acheter davantage ici alors qu'avant, ils allaient à la chasse à Terre-Neuve, ils allaient dans le sud, ou magasiner à Québec. Presque tous les commerces ont agrandi ou amélioré leurs locaux», note M. Dubé.

«Ce sont les finances de la Ville qui ont aussi mangé un dur coup. On perdait le quart de nos revenus fiscaux [...] Dix ans plus tard, on a récupéré plus que ce qui a été perdu, avec le dernier rôle d'évaluation», dit-il.

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