La Minganie se sent trompée par Hydro-Québec

Le chantier de La Romaine... (PHOTO FOURNIE PAR HYDRO-QUÉBEC)

Agrandir

Le chantier de La Romaine

PHOTO FOURNIE PAR HYDRO-QUÉBEC

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Steeve Paradis

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Havre-Saint-Pierre) Pour une énième fois depuis le début du chantier hydroélectrique de la rivière Romaine, la Minganie se sent trompée par Hydro-Québec. Cette fois, c'est la disparition du poste de conseillère en impact socioéconomique au chantier qui irrite au plus haut point la MRC, qui se dit prête à aller devant les tribunaux avec ce dossier.

Hydro-Québec entend couper le 1er janvier ce poste de conseillère, occupé depuis 2009 par Marthe Nadeau. Le hic, selon la MRC de Minganie, c'est que le nom de Mme Nadeau est spécifiquement mentionné dans l'entente qui lie la société d'État et la MRC, entente dont l'objet et la portée sont de concilier les intérêts respectifs des deux parties dans le projet Romaine.

«Je suis vraiment impressionné par le manque de sensibilité sociale d'Hydro-Québec à l'égard de notre région», a lancé d'entrée de jeu le préfet, Luc Noël. «Marthe possède une précieuse expertise sur le terrain, elle connaît très bien les rouages du chantier et les octrois de contrat. Avec ses contacts et la connaissance du travail de nos entreprises, elle pouvait faire en sorte que des contrats provinciaux soient fractionnés en contrats régionaux afin que les entreprises d'ici soient considérées.»

«Expertise unique»

Bien connue dans le milieu et native de la Côte-Nord, Marthe Nadeau a joué son rôle de conseillère en impact socioéconomique (et en relations médias) sur plusieurs chantiers d'Hydro-Québec au fil des ans. Dans la région, elle était notamment des chantiers de Sainte-Marguerite-3 et de la Toulnustouc. Depuis 2009, elle est à la Romaine, un chantier de près de 8 milliards $ sur lequel la Minganie a fondé et fonde encore beaucoup d'espoir.

«Marthe est une personne intègre et elle possède une expertise unique, qui n'est pas transférable sur les bancs d'école. On a besoin d'intégrité et de respect, pas de quelqu'un qui vienne faire ses classes ici durant les cinq ans qui reste au chantier», a ajouté M. Noël, qui compare cette décision d'Hydro «au coach de hockey dont l'équipe mène 3-0 et qui change de gardien parce que ça va trop bien».

«On a demandé à Hydro de prendre un arbitre afin de trancher ce litige, à défaut de quoi nous nous rendrons devant les tribunaux afin de faire respecter la lettre et l'esprit de cette entente», a clamé le préfet, qui dit avoir en main un avis légal qui conforte l'interprétation de la MRC. «La question est trop sérieuse pour laisser à des apprentis la conduite de notre développement économique.»

Du côté d'Hydro-Québec, on soutient que cette disparition de poste n'est qu'une réorganisation normale et que la région n'y perdra pas au change. «Les gens qui vont prendre le relais sont compétents, suivent le projet depuis le début et sont basés dans la région», a indiqué Marie-Élaine Devault, porte-parole au siège social de l'entreprise, qui assure au passage que cette décision n'a rien à voir avec la qualité du travail de Mme Nadeau.

Contrairement au préfet Noël, Mme Devault a soutenu qu'Hydro respecte en tous points l'entente qu'elle a signée avec la MRC de Minganie. «Nous allons poursuivre nos efforts pour maximiser les retombées économiques dans la région», a-t-elle conclu.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer