Crise forestière: dialogue de sourds entre Québec et l'industrie

S'il faut en croire les industriels forestiers de la Côte-Nord, la rencontre du... (Archives, La Presse)

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Steeve Paradis

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Baie-Comeau) S'il faut en croire les industriels forestiers de la Côte-Nord, la rencontre du «comité stratégique» qui a eu lieu jeudi avec les représentants du gouvernement a, plutôt que de régler la crise forestière qui a déjà mis à pied plus de 500 travailleurs, tourné au dialogue de sourds.

Une rencontre qualifiée de «décevante», ont été les premiers mots du porte-parole du Groupe Rémabec. «Ça n'a vraiment pas donné les résultats escomptés, a déclaré Pierre-Olivier Lussier. En fait, ç'a seulement permis de discuter de la réelle valeur des mesures proposées par le gouvernement, mesures qu'il chiffre à 13 millions. Nous, on arrive à 2,5 millions en mesures concrètes. Avec 2,5 millions, on peut comprendre que c'est nettement insuffisant pour nous permettre de faire des opérations à Port-Cartier.»

M. Lussier a également souligné que si cette crise perdure, Rémabec devra revoir ses projets d'expansion aux installations d'Arbec à Port-Cartier. Des projets de production de granules de bois, de biocarburant et de résidus forestiers pour l'usine de silicium métal de FerroQuébec, qui fera chauffer ses fours avec ces résidus, pourraient donc être en danger. «Tout ce développement est en péril», a-t-il clamé.

Accès difficile au bois

Comme le fait l'ensemble des industriels forestiers, M. Lussier a rappelé que sur la Côte-Nord, le bois se trouve souvent dans de fortes pentes, il est petit et il se trouve loin en forêt. «Chaque arbre coupé sur la Côte-Nord coûte plus cher, et le gouvernement ne tient pas compte de ces réalités», a enchaîné le porte-parole, qui évoque «une discordance au niveau de la compréhension des choses» entre les deux parties.

L'écart de prix peut varier entre 6 et 10 $ le mètre cube entre la Côte-Nord et les autres régions, a indiqué M. Lussier, qui souligne que Rémabec est active ailleurs au Québec et au Nouveau-Brunswick.

Dans sa compréhension, l'entreprise estime que le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs «est rendu au bout du rouleau dans ce qu'il peut faire». Comme les ministres des Finances Carlos Leitão et de l'Économie Jacques Daoust étaient avec leur collègue Laurent Lessard lors de la rencontre d'urgence de mardi dernier, il serait temps pour eux de se manifester, croit Pierre-Olivier Lussier.

«Si les ministères des Finances et de l'Économie ont une carte dans leur jeu que celui des Forêts n'a pas, ça commence à presser de la montrer, car le temps est compté», a-t-il conclu.

L'arrêt des opérations forestières d'Arbec et de Produits forestiers Résolu depuis le 19 juin a fait d'autres victimes collatérales. La scierie Bersaco de Bergeronnes, propriété de Boisaco de Sacré-Coeur, cessera ses activités lundi en raison d'un manque de matière première. Cinquante-cinq travailleurs s'ajoutent au total de ceux déjà touchés. Bersaco, spécialisée dans la transformation du feuillu, s'approvisionnait sur les parterres de coupe de Résolu.

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