Aluminerie Alouette: l'embauche d'étudiants mécontente

L'Aluminerie Alouette de Sept-Îles... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

L'Aluminerie Alouette de Sept-Îles

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Fanny Lévesque

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Sept-Îles) Un sous-traitant d'Aluminerie Alouette n'a d'autre choix que de mettre à pied de façon temporaire 49 de ses travailleurs parce que l'aluminerie de Sept-Îles procéderait à l'embauche d'étudiants pour la période estivale.

Aluminerie Alouette aurait «préféré recourir» à des étudiants pour effectuer l'entretien de ses cuves, un travail «habituellement» confié aux employés de l'entreprise Métallurgie Brasco, a dénoncé lundi le Syndicat des Métallos, qui représente les ouvriers touchés.

«Tout tourne au ralenti [à Sept-Îles] et là, on a 49 pères de famille, des gens qui payent une hypothèque, qui n'auront pas de rentrées d'argent de l'été, on trouve ça déplorable», a martelé le coordonnateur des Métallos sur la Côte-Nord, Dominic Lemieux. «On ne se fera pas de cachette, ce n'est pas les étudiants qui vont faire virer l'économie!»

Selon le syndicat, Métallurgie Brasco a annoncé la semaine dernière la mauvaise nouvelle à ses employés, qui se retrouveront sans travail pendant huit semaines. «J'ai tenté de joindre à quelques reprises les gens d'Alouette pour essayer d'avoir une rencontre et on n'a jamais eu de retour d'appels, rien du tout», se désole M. Lemieux.

Les Métallos souhaitent s'entretenir avec l'aluminerie pour trouver une solution. «Ça va être le chômage pour ces gens-là, quand l'été va se terminer, qui va payer les fournitures scolaires? Ça va être une rentrée difficile», a assuré M. Lemieux, qui s'attendait à ce qu'Alouette «joue un meilleur rôle pour soutenir l'économie locale» dans le contexte où la faiblesse du marché du fer fragilise la région. 

Dans un courriel acheminé en fin de journée, l'aluminerie attribue la diminution de ses besoins en main-d'oeuvre externe par la fin d'un vaste programme «de réfection des cuves et des opérations qui y étaient liées, par l'optimisation de différents processus à travers l'usine et par la réaffectation aux opérations régulières des employés d'Alouette qui étaient jusqu'ici affectés au programme». 

La conclusion de ce même programme, qui prévoit la réfection de 594 cuves, s'est aussi traduite un peu plus tôt par le départ de 75 travailleurs de Métallurgie Brasco pour une période de six mois, à compter de juin, a rappelé le syndicat. «[La réfection des cuves], c'est cyclique. On a eu des mises à pied, mais c'est normal, ça suit le cycle», a spécifié M. Lemieux. 

L'entreprise rappelle enfin que l'embauche d'étudiants est une «pratique en place, en saison estivale, depuis les débuts d'Aluminerie Alouette» et qu'elle représente «un fer de lance important pour l'organisation et la communauté parce qu'il permet le développement des compétences en milieu industriel pour de futurs employés».

Les Métallos soutiennent ne pas être en défaveur de l'emploi d'étudiants, mais affirment que c'est la première fois que l'aluminerie en embauche autant pour ce type de travail.

«Économie de bouts de chandelles» 

Le syndicat s'explique aussi mal pourquoi l'aluminerie privilégierait de la main-d'oeuvre étudiante au détriment des travailleurs de Brasco, qui bénéficient d'une «expertise» et qui gagnent un peu plus de 23 dollars l'heure. Selon M. Lemieux, l'embauche d'étudiants représenterait une «économie de bouts de chandelles». 

Le Soleil n'a pu s'entretenir avec un représentant de chez Aluminerie Alouette.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer