Projet de port d'exportation pétrolière à Belledune: légitimité mise en doute

Le corps médical de la Baie-des-Chaleurs souhaite que... (Archives La Presse, Mathieu Waddell)

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Le corps médical de la Baie-des-Chaleurs souhaite que le projet, dont la phase 1 signifierait le transport par train de 220 wagons par jour vers le port, soit minimalement évalué par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement.

Archives La Presse, Mathieu Waddell

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<p>Gilles Gagné</p>
Gilles Gagné

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Le Soleil

(Matapédia) Les Micmacs de Gesgapegiag et le Conseil des médecins, des dentistes et des pharmaciens de la Baie-des-Chaleurs affirment que le projet de Chaleur Terminal d'établir un port d'exportation pétrolière à Belledune, au Nouveau-Brunswick, n'a présentement aucune légitimité.

D'une part, les autochtones informent la direction de la compagnie qu'ils n'ont pas été consultés à propos du projet, même si des représentants micmacs ont rencontré des gens de Chaleur Terminal au cours de l'hiver.

D'autre part, le corps médical de la Baie-des-Chaleurs souhaite que le projet, dont la phase 1 signifierait le transport par train de 220 wagons par jour vers le port, soit minimalement évalué par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement, puisque l'acheminement de pétrole passerait par le Québec sur des centaines de kilomètres, notamment par la vallée de la Matapédia.

«La compagnie prétend nous avoir consultés, mais elle ne l'a jamais fait. Il y a eu une rencontre au cours de l'hiver à laquelle nous avons été invités au Nouveau-Brunswick. C'est [le mouvement] Tache d'huile qui nous avait appris l'existence du projet. Chaleur Terminal n'a pas respecté le traité stipulant que les autochtones doivent être consultés [...] Ils ne sont pas venus à Gesgapegiag. Je ne vois aucun bénéfice économique pour nous dans ce projet, mais je vois un énorme risque si nous acceptons ce projet [...] C'est une menace pour les ressources qui nous font vivre», note Christianne Bernard, conseillère de Gesgapegiag.

Un «danger»

Le Dr Philippe Aubin, de Maria, note pour sa part que le «projet [...] représente un danger à toutes les étapes de sa manipulation», dit-il, désignant l'extraction, le transport par rail, le stockage, l'exportation par pétroliers et l'utilisation des carburants fossiles qu'il encourage.

«Le pétrole représente la plus grande menace pour la santé de l'humanité, par le biais des changements climatiques, entre autres [...] Ce projet-là maintient, continue, perpétue l'utilisation de ce type d'énergie», dit M. Aubin.

Les voix de Mme Bernard et de M. Aubin se joignent à celles d'opposants au projet, dont Gaétan Ruest, maire d'Amqui, et Maude Prudhomme, de Tache d'huile.

«C'est du pétrole sale, puisqu'extrait des sables bitumineux [...] Est-ce qu'avec ces détails-là, ce ne sera pas seulement deux trains blocs, mais trois, quatre ou cinq par jour? [...] Est-ce que la quantité des investissements pour les budgets d'entretien va suivra la même courbe? On peut se poser la question», note M. Ruest.

Maude Prudhomme a constaté lors d'une tournée que le reste du Québec, où passeront les trains visant à alimenter Chaleur Terminal, n'a pas été consulté non plus. «On parle de milliers, de dizaines de milliers de personnes.»

Chaleur Terminal a maintenant son permis de construction du gouvernement du Nouveau-Brunswick. La compagnie veut amorcer la construction de l'emplacement de stockage avant la fin de 2015.

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