Mine Arnaud: faute de détails, les réactions se font attendre

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En novembre, des centaines de Septiliens étaient descendus dans les rues pour réclamer un référendum consultatif sur le projet minier de Mine Arnaud.

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Fanny Lévesque

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Sept-Îles) Bien que Québec ait donné le feu vert à Mine Arnaud, les réactions sont timides à Sept-Îles, où l'on attend surtout d'être mis au parfum des détails du fameux décret autorisant le projet minier d'apatite, qui déchire les citoyens depuis trois ans. L'annonce officielle doit avoir lieu lundi, a révélé Le Soleil vendredi.

À Sept-Îles, personne n'est surpris que le Conseil des ministres ait voté pour la délivrance du certificat d'autorisation, signé par le ministre de l'Environnement, David Heurtel. Depuis les dernières semaines, les rumeurs d'une annonce imminente se faisaient de plus en plus persistantes. Le gouvernement n'avait pas non plus caché son intention d'aller de l'avant avec le projet qui s'accompagne de plus 800 millions$ d'investissements. 

Ce que Sept-Îles veut maintenant savoir, c'est à quelles conditions Québec accepte qu'une mine d'apatite à ciel ouvert soit aménagée à l'entrée ouest de la ville, près de secteurs habités. «Honnêtement, ce que j'ai hâte de voir, c'est ce qu'il y a dans le décret, si on a tenu compte de nos préoccupations», a réagi le maire, Réjean Porlier. «On nous a dit que le conseil serait rencontré avant l'annonce, pour faire une bonne mise à niveau.» 

À la fin 2013, le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) concluait après enquête que le projet n'était «pas acceptable dans sa forme actuelle». Depuis, le promoteur a maximisé les échanges avec les autorités pour améliorer son projet. Les études supplémentaires et les compléments fournis après le BAPE n'ont pas encore été rendus publics, malgré l'insistance de citoyens et de groupes environnementaux. 

«C'est très décevant, il aurait fallu présenter ça avant d'annoncer un décret», a déploré le co-porte-

parole de la coalition Pour que le Québec ait meilleure mine!, Ugo Lapointe. «C'est un manque de transparence, la population est dans le noir depuis un an. Qu'est-ce qui s'est passé entre les deux [le rapport du BAPE et l'annonce]?» s'interroge-t-il. 

Selon les informations du Soleil, Québec devrait ajouter une dizaine d'exigences à celles formulées par le BAPE, tant sur la qualité de l'air et de l'eau que sur les mesures d'urgence et la quantité de minerai à extraire quotidiennement. Mine Arnaud proposerait aussi une quinzaine de promesses concrètes pour réduire son empreinte environnementale. Une attention particulière devrait aussi être apportée à la consultation des Innus. 

À ce sujet, le conseil Innu Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam ne souhaite pas réagir officiellement pour l'heure, mais soutient que le gouvernement «devra faire la démonstration à la communauté» que le projet respecte les normes. «On va attacher notre opinion en fonction de la rigueur des conditions du décret», a mentionné le directeur du bureau de la protection des droits et du territoire, Jean-Claude Therrien-Pinette. 

Couillard ne confirme rien 

Le premier ministre n'a pas voulu confirmer que son gouvernement ferait l'annonce du projet lundi. «Vous verrez lundi», a-t-il dit lors de sa visite à l'UQAR. «On fera pas une annonce aujourd'hui. Je dirai juste que, pour moi, cette question-là, elle est claire. [...] Avant les élections, je me suis prononcé en faveur parce qu'il y a des gens à Sept-Îles, comme ici, qui ont hâte d'avoir des projets créateurs d'emplois.»

Reste que la presse est conviée à une «importante annonce en matière de développement économique», lundi à Sept-Îles, faite en présence du ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, de son collègue à l'Environnement, David Heurtel, et du ministre délégué aux Mines, Luc Blanchette. 

Mine Arnaud, propriété d'Investissement Québec et de la norvégienne Yara International ASA, ne fera aucun commentaire avant une annonce officielle.

Le milieu des affaires et les syndicats satisfaits

Avec la débâcle du marché du fer qui n'a pas fait de cadeau à la Côte-Nord depuis les derniers mois, le secteur des affaires et les syndicats pressaient Québec de trancher en faveur de Mine Arnaud. Le milieu économique, qui planche depuis 1994 sur le projet minier, le voit comme «un jalon» vers la diversification.

«[Mine Arnaud] serait un client minier pour un paquet de PME de Sept-Îles, mais en même temps avec une ressource qui est autre chose [que le fer]», a fait valoir le président de Développement économique Sept-Îles, Luc Dion. «Avec Mine Arnaud à Sept-Îles, FerroQuébec à Port-Cartier et peut-être un projet en transformation, on commencerait vraiment à répartir nos risques», a-t-il poursuivi, préservant «son enthousiasme» pour l'annonce officielle.

Le projet minier d'apatite se traduira par la création de 800 à 1000 emplois pendant la phase de construction et de 300 pour l'exploitation, qui durera 28 ans. Un récent sondage commandé par Investissement Québec cet automne révélait que 65 % des citoyens étaient en faveur de l'établissement de la mine. 

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