Fin de la prime de rétention: un dur coup pour Sept-Îles et Port-Cartier

Fannie Dubeau, photographiée en compagnie de sa fille... (Photo Fanny Lévesque, collaboration spéciale)

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Fannie Dubeau, photographiée en compagnie de sa fille Léa, enseigne au cégep de Sept-Îles. L'abolition de la prime de rétention de 8% pourrait inciter sa famille à quitter la région.

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Fanny Lévesque

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Le Soleil

(Sept-Îles) Fannie Dubeau et son conjoint enseignent au Cégep de Sept-Îles. Le couple a choisi de jeter l'ancre sur la Côte-Nord pour y élever sa famille. Mais plier bagage pourrait bien s'avérer être la solution la plus avantageuse pour eux si Québec décide d'abolir la prime de rétention de 8% offerte aux employés de la fonction publique de Sept-Îles et de Port-Cartier.

«Avec la réalité économique de Sept-Îles, le petit 8% a été un plus pour nous inciter à venir dans la région», raconte l'enseignante qui s'est jointe, jeudi, à des dizaines d'autres travailleurs de l'État venus manifester contre les dernières offres patronales. «C'est un pensez-y-bien. Ici, les maisons et les taxes sont plus chères. Si on compare avec d'autres régions, peut-être qu'on perdrait un temps plein, mais on aurait moins de frais».

Les deux enseignants ne sont pas seuls dans cette réflexion. L'abolition de la prime de rétention toucherait à la bourse de pas moins de 2500 fonctionnaires de Sept-Îles et de Port-Cartier. Un salarié qui gagne 40000 dollars verrait fondre ses revenus de 3200 dollars par année. Les syndicats estiment que le retrait de la prime de 8% se traduirait par la perte de 10 millions $ dans la région.

Instaurée il y a une trentaine d'années, la prime de rétention permet au secteur public d'offrir des salaires plus adaptés aux réalités régionales où les revenus sont généralement plus élevés avec la présence de la grande industrie. «Cette prime est toute aussi pertinente qu'il y a 30 ans», assure le porte-parole de l'APTS, Sylvain Sirois, qui a uni sa voix à une quinzaine d'organisations syndicales régionales.

«La région est aux prises avec de graves problèmes de pénurie de main-d'oeuvre et figure parmi celles qui ont le plus recours aux agences de placement (en santé). Mettre un terme à la prime ne ferait qu'aggraver la situation», a-t-il ajouté. «C'est dur de dire à des gens de venir travailler en région quand les logement et l'essence coûtent plus. La prime, c'est un incitatif, C'est majeur», a renchéri Janine Hould de la CSQ.

Un message porté à Québec

Des dizaines d'employés de l'État se sont rassemblés, jeudi en fin de journée, au centre des congrès de Sept-Îles, où se tenait un forum économique auquel participait le ministre Jean D'Amour. «Il y a tout le contexte de la négociation dans le secteur public. On ne peut présumer de rien, mais je pense que c'est autour de la table qu'on va arriver à marquer des points ensemble», a indiqué au Soleil, le ministre.

Jean D'Amour, qui a pris le temps de rencontrer les organisations syndicales et d'adresser quelques mots aux manifestants, a promis de porter leur message jusqu'au président du Conseil du trésor, Martin Coiteux. La convention collective des employés de la fonction publique et parapublique, qui représente 541 000 travailleurs, vient à terme le 31 mars.

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