Chantier de la Romaine: pas le Klondike espéré par les locaux

Cette année, 49 % des travailleurs au chantier... (PHOTO FOURNIE PAR HYDRO-QUÉBEC)

Agrandir

Cette année, 49 % des travailleurs au chantier de la Romaine venaient de la Côte-Nord.

PHOTO FOURNIE PAR HYDRO-QUÉBEC

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Steeve Paradis

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Havre-Saint-Pierre) Pour les travailleurs de la construction de la Minganie, le chantier hydroélectrique de la rivière Romaine n'a pas encore été, en 2014, le Klondike espéré. Dans ce dossier comme dans d'autres, les élus minganois ont l'impression de compter pour des prunes.

Selon la Table de travail Minganie, qui regroupe élus, gens d'affaires et organismes de développement, une moyenne de 101 travailleurs de la construction de la Minganie a oeuvré sur le chantier en 2014, la performance la plus faible des trois dernières années. En contrepartie, 182 travailleurs dans des domaines autres que la construction avaient un boulot sur le chantier, une hausse.

Pendant l'année qui s'achève, le chantier de la Romaine a conservé une moyenne de plus de 1800 travailleurs. D'après Hydro-Québec, tout près de la moitié de ce bassin, soit 49 %, provenaient de la Côte-Nord. Cette statistique n'impressionne toutefois pas le préfet de la MRC de Minganie et porte-parole de la table, Luc Noël, qui espérait qu'à mi-chantier du chantier (les travaux se poursuivent jusqu'en 2020), les chiffres allaient montrer une évolution plutôt qu'une décroissance.

Placement syndical

«Dans le temps où le placement syndical était en vigueur, on avait 60 et même 70 % de gens de la région sur un chantier. Il faut avouer que la fin du placement syndical nuit grandement à nos travailleurs, a-t-il lancé. Ça aurait pu être une bonne décision [d'abolir le placement syndical], mais il aurait fallu que le gouvernement aille au bout de sa logique et oblige les employeurs à s'inscrire à la plateforme de référence.»

Actuellement, seuls les travailleurs ont l'obligation de s'inscrire à cette plateforme. Donc certains entrepreneurs, libres de faire ce qu'ils veulent en matière de main-d'oeuvre, ne se sentent nullement obligés d'embaucher des gens de la Minganie.

«Avec les bonnes entreprises, celles qui sont à l'écoute de nos demandes, ça va bien, mais le problème, ce sont les autres, qui font ce qu'elles veulent et qui se foutent carrément de nous, a pesté le préfet. Dans le temps, on reprochait aux syndicats de prendre le contrôle des chantiers. Maintenant, ce sont les employeurs qui le font.» 

Luc Noël exige donc de Québec un système efficace afin de donner une vraie priorité aux travailleurs de la construction de la Minganie et de contraindre celles qu'il appelle les entreprises délinquantes. «Notre table travaille fort à sensibiliser les entreprises présentes sur le chantier, mais le gouvernement doit agir pour protéger nos travailleurs», a-t-il conclu.

Investissements Innus en Haute-Côte-Nord

En Haute-Côte-Nord, même si les temps sont durs comme à peu près partout ailleurs, les municipalités ont un atout que leurs pareilles ailleurs en province n'ont probablement pas, soit une excellente entente avec les Innus de leur territoire. Ça tombe bien, car la communauté d'Essipit a des projets et de l'argent à investir alors que les municipalités ne manquent pas de besoins.

Cette bonne entente ne peut être mise sur le compte de l'esprit des Fêtes, car les efforts de réconciliation datent de plusieurs mois. En effet, Essipit vient récemment de s'entendre avec sa voisine immédiate, Les Escoumins, sur la facturation du service des eaux usées. Les deux parties ont aussi conclu une entente sur la gestion des équipements d'incendie, un dossier qui traînait depuis 10 ans.

«On vivait sur 10 ans d'obstination dans différents dossiers, mais l'arrivée du nouveau conseil municipal a complètement changé la donne. On peut commencer à regarder conjointement vers l'avenir», a lancé le chef d'Essipit, Martin Dufour.

«Le conseil travaille de concert pour améliorer les relations avec Essipit, qui démontre la même ouverture de son côté», a pour sa part déclaré le maire des Escoumins, André Desrosiers, qui, comme le chef Dufour, rappelle que la bonne entente n'a pas toujours régné.

«S'unir pour réussir»

«Quand je suis arrivé comme conseiller municipal, en 2001, dans le contexte des négociations territoriales des Innus avec le gouvernement, il y avait beaucoup d'inconnu et la population se sentait écartée du dossier. Aujourd'hui, on est capables de se parler car autant d'un côté que de l'autre, on a compris qu'il fallait s'unir pour réussir notre développement économique», a ajouté le maire.

Au cours des dernières années, Essipit a multiplié les acquisitions en Haute-Côte-Nord, particulièrement dans le domaine touristique, et a investi dans des projets comme une usine de cogénération avec Boisaco à Sacré-Coeur. Un premier pas avec les municipalités a été franchi avec la réfection du quai de Bergeronnes, inauguré cet automne après des travaux de près de cinq millions de dollars.

«Avec Les Escoumins, on compte explorer des projets socio-économiques», a signalé le chef Dufour, qui pense notamment au raccordement des sentiers pédestres du village et de la communauté innue et à la mise en valeur de l'esplanade devant le quai du traversier Les Escoumins-Trois-Pistoles.

Le premier geste de «bonne volonté» d'Essipit, au dire du chef, se traduira sous peu par l'achat conjoint d'une resurfaceuse pour l'aréna du village. «Ça démontre notre bonne foi et c'est un retour d'ascenseur», a indiqué M. Dufour, qui mentionne que sa communauté utilise l'aréna depuis plusieurs années.

Pour revenir à l'entente intercommunautaire sur les eaux usées et celle sur l'eau potable, conclue cet été, le maire Desrosiers souligne que les deux parties pigeront dans leurs goussets quand sera venu le temps de mettre à niveau ces deux services. De plus, Essipit a versé 100 000 $ aux Escoumins pour régler la question des immobilisations du service incendie à la signature de la nouvelle entente.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer