Cliffs Natural Resources: un comité veut limiter les dégâts liés à la fermeture

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Les installations de Cliffs Natural Resources à Pointe-Noire, à Sept-Îles, d'où est expédié le minerai de fer de la mine du lac Bloom.

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Fanny Lévesque

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Sept-Îles) La Côte-Nord n'a pas l'intention de regarder Cliffs Natural Resources plier bagage sans agir. La région unit ses forces pour relancer les activités de la jeune mine du lac Bloom, dont la fermeture annoncée lundi prive non seulement d'emploi plus de 500 travailleurs à Fermont, mais met aussi en péril tout un réseau de sous-traitants régionaux.

Le «comité urgence Cliffs» mettra en commun les voix des villes de Sept-Îles, de Fermont et de Port-Cartier ainsi que celles de leurs bras économiques, des chambres de commerce et du Syndicat de Métallos, qui représente les employés touchés. «Il faut faire le point avec le gouvernement, assure le président de la corporation économique de Sept-Îles, Luc Dion. Mais aussi, avec Cliffs pour voir quelles sont les interventions possibles.»

Le comité tablera sur l'élaboration «d'un plan de match concret» pour limiter les dégâts liés à la mauvaise nouvelle. «Qu'est-ce qui peut être fait avec le propriétaire? Est-ce qu'on peut aider Québec à trouver une solution? Qu'est-ce qu'on peut faire pour minimiser les impacts sur la PME? Comment on peut reclasser la main-d'oeuvre?» énumère entre autres M. Dion, qui estime pouvoir faire le point sur leurs orientations d'ici une semaine.

Le regroupement régional a d'ores et déjà sollicité une rencontre avec le ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations, Jacques Daoust pour le «sensibiliser» aux répercussions qu'entraînent la débâcle du marché du fer et l'arrêt de production de la mine de Cliffs. «Il y a des fournisseurs et des travailleurs de partout sur la Côte-Nord à Bloom, c'est un dossier Côte-Nord», assure Luc Dion.

Lundi, le président du conseil d'administration d'Investissement Québec, Louis L. Roquet, doit se déplacer à Cleveland pour une rencontre «exploratoire» avec la haute direction de l'entreprise. Le comité d'urgence assure être en lien serré avec la société d'État et lui a transmis ses préoccupations plus tôt cette semaine.

Optimiste pour la suite

Avec un prix du fer à son plus bas niveau depuis 2009 (en deçà de 70 $/tonne), le milieu économique régional ne perd pas espoir de trouver un investisseur pour mettre en branle la phase 2 de la mine du lac Bloom, nécessaire à sa rentabilité. «C'est le même prix partout sur la planète et c'est pas toutes les entreprises qui ferment, nuance M. Dion. Ça veut dire qu'il y en a qui ont su structurer leur production et leurs coûts pour opérer.»

La région mise notamment sur les «avantages concurrentiels» qu'offrent les projets miniers de la Fosse du Labrador, comme l'expertise de la main-d'oeuvre et la qualité du minerai de fer, pour tirer son épingle du jeu sur le marché mondial. La réalisation de la phase 2 du lac Bloom est estimée à 1,2 milliard $.

****

Les pertes d'emplois s'alourdissent

L'incertitude de la centaine d'employés syndiqués de Cliffs Natural Resources aux installations de Pointe-Noire à Sept-Îles prend fin. Le géant enclenche la fermeture du site d'où est expédiée sa production dès maintenant, a confirmé le Syndicat des Métallos. Une première vague de départs est prévue pour le 8 décembre. Les mises à pied se feront de façon graduelle jusqu'au 19 janvier. «Après, il restera une poignée de monde pour fermer le site», a expliqué le permanent du Syndicat des Métallos, Gilles Ayotte. Seulement sept travailleurs demeureront en poste notamment pour entretenir le chemin de fer Arnaud. «L'objectif c'est que Cliffs conserve son permis de common carrier, c'est un atout pour vendre», a ajouté M. Ayotte. Cliffs Natural Resources doit charger son dernier bateau à la fin décembre. La décision de la société porte à 600 le nombre de pertes d'emplois liées à la fermeture du lac Bloom.

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