Cliffs ferme sa mine du lac Bloom: au moins 400 mises à pied

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La mine de Cliffs au lac Bloom, près de Fermont

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Fanny Lévesque

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Sept-Îles) La débâcle du marché du fer a eu raison de la jeune mine de fer du lac Bloom, près de Fermont. Cliffs Natural Resources, qui annonçait il y a moins d'une semaine «analyser les options» de se retirer de l'est du Canada, a transmis la mauvaise nouvelle à ses employés lundi. La décision du géant s'accompagne de la mise à pied d'au moins 400 travailleurs et en plonge 200 autres dans l'incertitude, un mois avant les Fêtes.

Depuis qu'elle a publié un communiqué faisant part de ses intentions de mettre fin à ses activités au pays, la société américaine reste muette. C'est le Syndicat des Métallos qui a confirmé au Soleil la décision de Cliffs Natural Resources de cesser l'exploitation de sa mine. «On parle d'une fermeture définitive, à moins qu'il y ait un acquéreur», a expliqué le coordonnateur sur la Côte-Nord, Dominic Lemieux. «Il y aurait des mises à pied dès aujourd'hui [hier].»

Selon le syndicat, des quelque 500 travailleurs de Fermont (cadres et syndiqués), 80 seulement demeureraient en poste pour le maintien des opérations minimales, à court terme. La fermeture complète serait effective à compter de la mi-décembre. Pour la centaine d'employés à pied d'oeuvre à Pointe-Noire à Sept-Îles, d'où est expédié le minerai, c'est l'incertitude la plus complète pour l'heure. 

«Ça va faire mal aussi, s'il n'y a plus rien qui descend de Bloom, le calcul n'est pas difficile à faire», a ajouté avec peu d'optimisme M. Lemieux. Les travailleurs de Pointe-Noire ont essuyé leur part de coups durs en 2013, lorsque Cliffs a mis un terme aux opérations de son usine de bouletage, renvoyant 165 syndiqués à la maison. L'arrêt de la mine Scully en février a aussi réduit le volume d'expédition et le nombre d'employés.

«Aujourd'hui, il y en a qui subissent une deuxième mise à pied, a soulevé le président de la corporation de développement économique. Avec le ralentissement de Pointe-Noire, certains avaient été réembauchés à Bloom», dit Luc Dion. Le maire de Sept-Îles offre d'ailleurs ses premières pensées aux travailleurs touchés. «C'est extrêmement malheureux», a exprimé Réjean Porlier. 

Contexte difficile 

Avec un prix du fer à moins de 80 $ la tonne, Cliffs Natural Resources peinait à rentabiliser ses activités depuis déjà plusieurs mois. La réalisation de la deuxième phase d'expansion de la mine du lac Bloom était devenue essentielle à sa survie. Faute d'investisseurs pour concrétiser le projet évalué à 1,2 milliard $, la minière a préconisé l'option d'interrompre son exploitation pour limiter ses pertes. 

«On ne peut pas dire qu'on est surpris, a soutenu Luc Dion. Sans la phase 2, fallait bien envisager une suspension de la phase 1.» Le président de Développement économique Sept-Îles estime à ce stade-ci que les impacts «significatifs» qu'entraînera l'arrêt du lac Bloom sur la Côte-Nord sont difficiles à quantifier. Déjà, M. Dion soutient que son organisation travaillera à ce que le maximum de sous-traitants locaux «soient mis à contribution dans le processus de mise hors service».

Les Innus d'Uashat mak Mani-Utenam perdront aussi beaucoup dans cette histoire. La bande disposait d'une entente de type répercussions-avantages avec la société, prévoyant entre autres l'octroi de contrats, la création d'emplois et le versement de redevances pendant toute la durée de vie de la mine, un accord évalué à plusieurs millions de dollars.

La fermeture de la mine du lac Bloom coûterait entre 650 et 700 millions $ sur cinq ans, chiffre la minière. Le Soleil n'a pas été en mesure de joindre, lundi, le maire de Fermont, Martin St-Laurent.

«On ne restera pas les bras croisés»

Le Syndicat des Métallos n'a pas l'intention de «rester les bras croisés» en attendant que la santé du fer ne reprenne des forces. Le syndicat entend frapper aux portes pour trouver le financement nécessaire à la survie de la mine du lac Bloom et des centaines d'emplois qui s'y rattachent. Un appel lancé qui a déjà fait écho à Sept-Îles.

«Il faut essayer de compléter un montage financier dès maintenant, pour être mieux placés stratégiquement et relancer la mine quand le marché reprendra», a martelé le coordonnateur des Métallos sur la Côte-Nord, Dominic Lemieux. «On est capable d'investir avec des partenaires pour sauver cette mine-là.»

Le syndicat a déjà sollicité une rencontre avec la haute direction de la société, dont le siège social se trouve à Cleveland. Les deux paliers de gouvernements, Investissement Québec et le Fonds de solidarité de la FTQ, entre autres, seront aussi interpellés pour investir dans la relance.

Trouver des partenaires

Le maire de Sept-Îles abonde dans le même sens que les Métallos. «Il faut trouver des partenaires, et j'espère que le gouvernement sera attentif», a soutenu Réjean Porlier, qui offre déjà son appui. Pour le bras économique de Sept-Îles, Québec dispose d'une plus grande latitude pour faire du «démarchage», maintenant que Cliffs a annoncé son départ.

«Il sera important de se mobiliser avec le gouvernement, pour qu'il y ait de possibles alliances afin de trouver une façon de remettre la mine sur les rails», propose Luc Dion, qui mise également sur la qualité «exceptionnelle» du minerai de fer du lac Bloom, et l'état neuf de ses installations.

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