Cimenterie de Port-Daniel: pluie de dollars sur le projet

Le sous-traitant de Ciment McInnis, Construction Hamel, doit... (Collaboration spéciale Gilles Gagné)

Agrandir

Le sous-traitant de Ciment McInnis, Construction Hamel, doit arrêter les travaux quand une baleine passe à moins d'un kilomètre des lieux.

Collaboration spéciale Gilles Gagné

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Gilles Gagné

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Port-Daniel) D'ici le début de 2015, Ciment McInnis aura engagé 460 millions $ dans le projet de cimenterie de Port-Daniel, soit près de la moitié de la somme totale que la firme entend investir dans la localité gaspésienne.

Jusqu'à maintenant, la firme contrôlée par le conglomérat Beaudier a dépensé 180 millions $ dans la cimenterie qui produira 2,2 millions de tonnes par an à compter de l'automne 2016. En incluant ce montant, elle a engagé des sommes de 250 millions $, en comptant les contrats déjà signés pour des travaux ou des équipements commandés, mais qui restent à livrer.

«Présentement, j'ai le crayon au-dessus d'un contrat qui fera monter les sommes engagées considérablement [...] Il s'agit du contrat avec le fournisseur qui livrera les équipements de concassage, les convoyeurs, les fours et les dépoussiéreurs», soulignait jeudi le président-directeur général de Ciment McInnis, Christian Gagnon, lors d'une visite de chantier.

L'identité de l'équipementier sera révélée une fois le contrat signé. Dans ce cas, il s'agit d'une entreprise localisée à l'étranger. «Il y a à peu près trois fournisseurs dans le monde [...] Il n'y a pas beaucoup de compagnies fabriquant des concasseurs d'une capacité de 2000 tonnes à l'heure, ou des broyeurs de 465 tonnes à l'heure», ajoute M. Gagnon.

Depuis quelques jours, la direction de Ciment McInnis parle d'un projet total de 1,1 milliard $, soit 45 millions $ de plus que les 1,055 milliard $ mentionnés depuis le début de 2014. Y a-t-il dépassement de coûts?

«Le projet a été long à mettre en marche, à financer. Quand on est arrivés à tout calculer, incluant des provisions pour imprévus, on a obtenu la somme de 1,1 milliard $. Est-ce qu'on va dépenser ça? On espère que non», dit-il.

À Port-Daniel même, le projet ne devrait pas atteindre 1 milliard $ parce qu'une somme est réservée pour la construction de terminaux de réception du ciment dans l'est des États-Unis, le marché visé par l'usine. «Ils coûteront plus de 100 millions $, entre 125 et 130 millions $», précise-t-il.

En raison de la forte opposition des grands producteurs de ciment, Christian Gagnon se garde de divulguer les lieux où seront bâtis ces terminaux. «Le jour où on aura fait la première pelletée de terre, on les annoncera».

Il qualifie régulièrement le projet de «référence environnementale». Pourtant, les grands projets industriels québécois sont soumis à la loupe du Bureau d'audiences publiques en environnement, alors que cette initiative en a été exemptée en 1995.

«Il n'y aurait pas eu de projet. Les gens qui se sont portés acquéreurs du projet sont partis de l'hypothèse qu'ils pourraient le réaliser. Si M. Rousseau [Guy, le premier promoteur] n'avait pas eu ses permis, je crois que personne ne l'aurait acheté», avance-t-il.

Silo de cru au printemps

En ce qui a trait à la reprise des travaux du silo de cru, interrompue le 28 septembre en raison d'un problème d'arrimage entre le béton et l'armature d'acier, Gaétan Vézina, bras droit de M. Gagnon, précise que les travaux reprendront sans doute seulement au printemps 2015.

«Ce silo n'est pas sur le chemin critique de ce qu'on voulait réaliser avant la fin de l'année. On s'en va vers des temps plus froids. On va arrêter et regarder [...] Toutes les options sont possibles», dit M. Vézina.

Au cours du prochain mois, s'il ne fait pas trop froid, deux autres silos de béton seront ajoutés aux deux déjà complétés. Ils seront coulés en continu, un contexte qui fait grimper la main-d'oeuvre sur le chantier.

«À l'heure actuelle, le chantier donne du travail à 600 personnes. Il faut 15 jours par silo. Si la température est clémente, on continue [la coulée en continu] jusqu'au 5 ou 6 décembre», précise Raymond Forget, chef de chantier. «De janvier à mars, la main d'oeuvre baissera à 100 personnes, avant de reprendre en grand au printemps».

Les baleines sous surveillance

Dans les conditions d'émission de permis pour la construction du terminal maritime adjacent à son usine, le sous-traitant de Ciment McInnis, Construction Hamel, doit arrêter les travaux quand une baleine passe à moins d'un kilomètre des lieux. Depuis le début de la construction de ce terminal, en juillet, les travaux ont été arrêtés à quatre reprises parce qu'un cétacé s'approchait à moins d'un kilomètre des pilotis. Une équipe de deux observateurs sillonne le secteur avoisinant le futur terminal afin de localiser les baleines, avec un sonar ou des jumelles. Cinq cents kilomètres plus à l'ouest, en sondant le terrain pour déterminer comment elle pourrait construire un terminal pétrolier à Gros-Cacouna, la firme TransCanada n'avait établi qu'un périmètre de 500 mètres autour de ses forages, et elle a régulièrement dépassé par de fortes marges les seuils autorisés, dans une zone de reproduction d'une espèce menacée, le béluga.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer