Résolu arrêtera ses machines dans trois usines

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Produits forestiers Résolu a annoncé vendredi des arrêts de production dans trois de ses usines au Québec, dont la fermeture indéterminée de deux machines de l'usine de Baie-Comeau.

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Steeve Paradis

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Baie-Comeau) En raison de problèmes de coûts et d'approvisionnement en copeaux, Produits forestiers Résolu a annoncé vendredi l'arrêt de machines à papier dans trois de ses usines québécoises, soit Alma, Amos et Baie-Comeau.

Pour Baie-Comeau, la fermeture pour une période indéterminée de deux machines à compter du30 novembre a été annoncée. Quatre-vingts des employés seraient mis à pied indéfiniment. À Alma, 40 travailleurs seront touchés par l'arrêt d'une des machines de l'usine durant deux semaines en octobre et deux autres en décembre. À Amos, l'usine sera fermée pour quatre semaines, à partir du 31 octobre, ce qui frappera145 employés.

«Malgré les avantages que nous procure un dollar canadien autour de 90 ¢ [américains], on doit trouver rapidement une solution sur le coût de la fibre, qui est beaucoup trop élevé, particulièrement sur la Côte-Nord», a déclaré le directeur principal aux affaires publiques chez Résolu, Karl Blackburn.

L'usine de Baie-Comeau connaît aussi depuis plusieurs mois d'importants problèmes d'approvisionnement avec ses fournisseurs externes de copeaux. Pour compliquer le tout, plusieurs peuplements forestiers nord-côtiers sont fortement atteints par la tordeuse des bourgeons de l'épinette.

Le porte-parole a aussi rappelé que la demande nord-américaine de papier journal a chuté de 69 % depuis 2000, ce qui a fait passer la capacité de production canadienne de 13 millions à 4,1 millions de tonnes. M. Blackburn a assuré que la décision de faire écoper ces trois usines «n'a rien à voir avec la qualité de nos installations et de nos travailleurs».

Du côté des syndiqués de la papeterie de Baie-Comeau, on se sent victime des jeux de coulisses. «C'est désolant de voir que l'employeur prend cette stratégie pour en arriver à ses fins face au gouvernement. On sert de monnaie d'échange», a clamé Martin Lavoie, président d'un des deux syndicats de l'usine.

Selon M. Lavoie, il y aura plus que 80 personnes qui seront touchées par l'arrêt de deux machines à Baie-Comeau. «Ça ne se peut pas, 80. Ça fait 30 ans que je travaille régulier ici et je vais pratiquement tomber sur appel. Imagine-toi tous les jeunes qui n'auront plus de jobs», a-t-il lancé.

Le président du syndicat des employés de production essaie néanmoins de demeurer optimiste. «Si la compagnie s'est donnée jusqu'au 30 novembre avant l'arrêt, c'est possiblement parce qu'elle souhaite un règlement avec le gouvernement d'ici là. Mais fermer indéfiniment deux machines, ça aurait des répercussions très lourdes. Il n'y aurait plus qu'une machine qui fonctionnerait», a-t-il conclu.

Le maire de Baie-Comeau prêt à lancer une mobilisation régionale

Le maire de Baie-Comeau, Claude Martel, est prêt à lancer une mobilisation régionale pour éviter la fermeture pour une période indéterminée de deux machines de l'usine de papier de sa municipalité.

«Il y a eu le carré d'aluminium [mobilisation pour l'aluminerie Alcoa], il y aura le triangle vert. Il faut une mobilisation urgente, on ne laissera pas faire ça», a déclaré le maire vendredi midi, quelques heures après avoir rencontré les dirigeants locaux de Résolu. M. Martel lancera cette campagne dès le début de la semaine.

«Mais il va falloir que la population de Baie-Comeau soit derrière nous, plus qu'elle l'a été dans le dossier d'Alcoa. Les gens doivent prendre ça au sérieux, ce n'est pas seulement au maire de porter ça sur ses épaules», a ajouté M. Martel. En novembre dernier, lors de la campagne du carré d'aluminium, à peine 200 personnes avaient manifesté lors du passage de la haute direction d'Alcoa Canada. Les organisateurs en attendaient beaucoup plus.

Claude Martel a sollicité une rencontre pour dès lundi avec le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Laurent Lessard, alors qu'Innovation et développement Manicouagan rencontrera cette même journée Robert Sauvé, «grand patron du Plan Nord» selon les mots du maire.

Cela dit, M. Martel partage l'analyse de Produits forestiers Résolu quant aux coûts et à l'approvisionnement en copeaux. «Ce n'est pas normal qu'une usine comme celle-là n'ait pas de garantie d'approvisionnement», a-t-il soutenu. La papeterie de Baie-Comeau peut produire annuellement 463 000 tonnes métriques de papier journal. La fermeture de deux des trois machines réduirait cette capacité de plus de 250 000 tonnes.

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