Éolien: un crédit à la production bien accueilli dans l'Est du Québec

Frédéric Côté, directeur général du Technocentre éolien, remarque... (Collaboration spéciale Gilles Gagné)

Agrandir

Frédéric Côté, directeur général du Technocentre éolien, remarque que le climat de morosité des derniers mois de 2012 aux États-Unis s'est beaucoup amélioré en deux semaines.

Collaboration spéciale Gilles Gagné

Partager

Gilles Gagné, collaboration spéciale
Le Soleil

(Carleton) Le secteur éolien québécois accueille favorablement la reconduction in extremis du programme d'incitatif fiscal à la production d'énergie éolienne aux États-Unis, le «Production tax credit», dont l'adoption le 1er janvier semble avoir déjà mené à la confirmation de certains projets d'investissement au sud de la frontière.

Frédéric Côté, directeur du Techno-centre éolien du Québec, à Gaspé, remarque que le climat de morosité des derniers mois de 2012 aux États-Unis, climat ayant incité des développeurs de parcs éoliens à reporter leurs projets et des fabricants de composantes à licencier du personnel, s'est beaucoup amélioré en deux semaines.

«Ce qui faisait mal aux États-Unis, c'était l'incertitude. La reconduction du PTC [Production tax credit] devrait maintenir une vitalité plus importante [de l'industrie éolienne] au Québec. Il y a un volume d'affaires qui augmentera aux États-Unis, une tarte plus grosse pour l'Amérique du Nord», précise M. Côté.

Le crédit à la production, ou PTC, procure une subvention de 2,2 ¢ par kilowatt d'énergie éolienne livrée sur le marché. Le tarif payé par les sociétés achetant cette énergie est généralement d'au moins 10 ¢ par kilowatt, ce qui fait du PTC un appui considérable à la production.

Investissements de 10 milliards $

Les investissements dans les parcs éoliens devraient atteindre 10 milliards $ aux États-Unis en 2013, pour des installations qui devraient ajouter entre 4000 et 5000 mégawatts de capacité avant 2014. En comparaison, le Québec devrait atteindre la marque des 4000 mégawatts installés en 2015 ou en 2016, une bonne douzaine d'années après le vrai départ de la production d'énergie éolienne.

«La contrepartie, c'est que pour pénétrer le marché américain, les producteurs québécois de composantes verront plus de monde autour de la tarte américaine. Il y a des joueurs américains [des fabricants de composantes] qui seraient tombés et qui sont restés, parce que le PTC est encore là», analyse Frédéric Côté.

D'ici 2015, les fournisseurs québécois conservent une capacité de pénétrer le marché américain, mais de façon limitée dans certains cas.

«La réalité de la chaîne d'approvisionnement québécoise, c'est qu'elle est assez sollicitée par des projets québécois», précise M. Côté. Bref, le défi des fournisseurs québécois, c'est de combler leur capacité de production, quand elle ne l'est pas, par le biais d'une percée durable aux États-Unis.

Les prochaines semaines seront révélatrices. «Les Américains qui ont licencié des employés ne se sont pas encore engagés à réembaucher le personnel. Les décisions d'affaires seront prises dans X semaines. C'est un apprentissage à faire pour le Québec. L'atténuation de l'incertitude et l'indécision n'ont pas automatiquement remis leur industrie sur les rails.»

Précipice fiscal

Frédéric Côté rappelle que la reconduction du PTC le 1er janvier n'est valide que pour 2013. «Des comités sont en train de déterminer les critères de qualification des projets. Le délai est trop court pour déposer un projet et le réaliser en 12 mois afin de toucher la subvention. Il faudra sans doute choisir un stade d'avancement de construction pour qualifier les projets».

Le précipice fiscal aux États-Unis explique cette reconduction à la pièce.

Plusieurs entreprises québécoises exportent déjà ou ont exporté des composantes éoliennes aux États-Unis. En Gaspésie et dans la MRC de Matane, c'est le cas du fabricant de pales LM Wind Power de Gaspé, et des fabricants de tours Marmen, de Matane, et Fabrication Delta, de New Richmond.

Élie Arsenault, de Fabrication Delta, assure que la reconduction du PTC «ne peut qu'être bonne, parce qu'elle augmente le volume de travail potentiel. Nous avons exporté aux États-Unis dans le passé et présentement, nous sommes occupés avec des projets québécois, mais nous retournerons aux États-Unis. Il reste que des gens sont incertains, là-bas, parce qu'à l'automne, la question de reconduire ou pas le PTC se posera encore».

Le secteur éolien procure 1200 emplois en Gaspésie et dans la MRC de Matane, et un total de 4000 au Québec. Les retombées en espèces du secteur sont en voie d'évaluation présentement, tout comme la proportion de la production acheminée aux États-Unis.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer