Baie-Comeau: le Jardin des glaciers au bord du gouffre financier

La Station d'exploration glaciaire de Baie-Comeau, partie intégrante... (Photo fournie par le Jardin des glaciers)

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La Station d'exploration glaciaire de Baie-Comeau, partie intégrante du Jardin des glaciers.

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(Baie-Comeau) Le Jardin des glaciers de Baie-Comeau est au bord du gouffre malgré les millions de dollars investis par son principal bailleur de fonds, la Ville de Baie-Comeau. Jugeant la situation inacceptable, la Ville exige un plan de redressement, car les contribuables ont versé près de 2 millions $ en trois ans pour soutenir une attraction touristique qui a toutes les misères du monde à décoller.

Baie-Comeau savait que le centre d'interprétation, d'exploration et d'éducation avait des difficultés financières, mais pas de cette ampleur. «Il y avait un décalage horaire entre la réalité et les chiffres qui nous étaient présentés», a lancé le directeur général de la municipalité, François Corriveau. Ce dernier refuse de dire qu'il y a eu des irrégularités de la part des anciens administrateurs de ce produit d'appel touristique, «mais ils avaient des lunettes qui déformaient un peu la réalité».

À son arrivée en poste en avril 2012, après la démission de l'ex-dg Christian Bouchard, le directeur général par intérim du Jardin, Cédric Mimeault, s'est rendu compte que les coffres étaient plus vides qu'on croyait. «Pour l'instant, on a un manque de liquidités de 900 000 $, dont 500 000 $ pour payer des fournisseurs, plus la marge de crédit de 250 000 $ qui est au plafond. On a un prêt de 1,1 million $ qu'on est incapable de rembourser, a-t-il lancé. Il y a des changements majeurs à mettre en place, mais seuls, on n'y arrivera pas.»

Avance de fonds

Afin de parer au plus urgent, la Ville a accordé une avance de fonds de 400 000 $ afin de payer rapidement les fournisseurs qui attendent leur dû, certains depuis plus de six mois. Quant au plan de redressement, qui devra être déposé d'ici deux mois, il devra être cautionné par un expert du milieu touristique «qui va s'assurer que les solutions proposées tiennent la route», a ajouté M. Corriveau.

Comble de malheur, le dg par intérim a dû composer avec une baisse de visiteurs de 28 % en 2012, soit 14 500 visites contre près de 20 000 l'année précédente. De plus, les croisiéristes, l'une des raisons qui ont conduit à l'ouverture du Jardin, ne s'y précipitent pas. M. Mimeault évalue à 100 par navire le nombre de visiteurs. Avec cinq bateaux cette année, on est évidemment très loin de la rentabilité.

Le Jardin des glaciers devra peut-être revoir son orientation s'il souhaite attirer des visiteurs en nombre suffisant pour assurer sa survie. «On pensait au départ que le thème de la glaciation serait un blockbuster, mais il faut bien se rendre compte que ça n'attire pas tant que ça», a dit M. Mimeault.

De son côté, la Ville n'a pas encore l'intention de mettre la clé sous la porte. «Actuellement, la position de la Ville est de voir le plan de redressement. On veut laisser la chance au coureur et se montrer patients deux ou trois mois», a conclu François Corriveau, tout en signalant que le Jardin des glaciers «devra apprendre à voler de ses propres ailes» plutôt que de compter sur les contribuables afin d'assurer son financement.

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