Les Micmacs insatisfaits des consultations sur l'exploitation pétrolière dans le golfe

Ce mandat de l'Office Canada-Terre-Neuve-et-Labrador des hydrocarbures extracôtiers consiste... (PHOTO: PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE)

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Ce mandat de l'Office Canada-Terre-Neuve-et-Labrador des hydrocarbures extracôtiers consiste à réaliser une étude environnementale stratégique sur l'exploration et l'exploitation de pétrole du côté terre-neuvien du golfe du Saint-Laurent, dans le secteur du présumé gisement Old Harry, à environ 80 kilomètres des Îles-de-la-Madeleine.

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Gilles Gagné, collaboration spéciale
Le Soleil

(Gesgapegiag) Les autochtones de la Gaspésie jugent nettement insuffisante la consultation menée par l'Office Canada-Terre-Neuve-et-Labrador des hydrocarbures extracôtiers, même si des membres de cet organisme ont fait l'effort de les rencontrer, lundi, à Gesgapegiag.

Cette rencontre regroupait des représentants des Micmacs de Listuguj, de Gesgapegiag et de Gespeg, les trois communautés autochtones gaspésiennes. Troy Jerome, porte-parole du Secrétariat Migmawei Mawiomi, qui s'occupe du développement de ces communautés, croit que l'Office Canada-Terre-Neuve-et-Labrador n'a tout simplement pas la compétence pour remplir le mandat qui lui a été confié.

Ce mandat consiste à réaliser une étude environnementale stratégique sur l'exploration et l'exploitation de pétrole du côté terre-neuvien du golfe du Saint-Laurent, dans le secteur du présumé gisement Old Harry, à environ 80 kilomètres des Îles-de-la-Madeleine.

«Au départ, le nom de l'organisme parle d'"hydrocarbures extracôtiers". Les mots sont là! Il est voué au développement du pétrole au large des côtes, à la création d'emplois de forage. Il n'a qu'un budget de 200 000 $ pour réaliser l'étude environnementale. Il s'agit en réalité d'une simple mise à jour d'une étude réalisée en 2005. Mais cette première étude comportait déjà d'importantes failles quant aux connaissances de l'écosystème du golfe du Saint-Laurent. On ne parle pas du saumon atlantique», explique M. Jerome.

Virage de 180 degrés

«Il faudrait que l'étude en cours fasse un virage à 180 degrés par rapport à l'étude de 2005. Ce n'est pas le cas. La démarche manque de profondeur et de recul», ajoute-t-il.

M. Jerome note aussi que la firme-conseil AMEC, qui appuie l'Office Canada-Terre-Neuve-et-Labrador dans la réalisation de l'étude, «se présente sur son site Web comme une compagnie au service de l'industrie pétrolière. Ce dont nous avons besoin, c'est d'une commission d'examen indépendante, donc neutre, et qui nous éclairera sur l'ensemble des impacts de l'exploration et de l'exploitation pétrolière au large des côtes, d'une perspective canadienne, et non juste terre-neuvienne».

«Le jugement Marshall [conférant aux autochtones un droit d'exploitation des pêches commerciales] nous donne un devoir constitutionnel de protéger ces ressources, le saumon et les autres espèces que nous pêchons. Qui voudra acheter nos crevettes en cas de déversement de pétrole?», ajoute-t-il.

Troy Jerome croit que les retombées économiques du pétrole extracôtier seront à peu près nulles dans la région. «Elles ne surpasseront jamais les revenus des pêches, de l'argent dépensé ici. Un puits sera exploité par un géant comme Exxon. Exxon ne dépensera pas un seul dollar dans la région.»

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