Bois d'oeuvre Cedrico a repris ses activités à ses usines de Causapscal et de Price après avoir fermé deux sites industriels. L'usine du Groupe Lebel à Biencourt rouvrira au printemps 2013 après quatre semaines de production pour écouler ses stocks de bois.
Le prix du bois d'oeuvre a augmenté de 22,4 % depuis un an - son plus haut niveau depuis 2008 - et le nombre de mises en chantier aux États-Unis est en hausse de 21,5 % depuis un an.
«C'est une croissance, lente, fragile mais réconfortante. On voit que depuis 2010 qu'on est en croissance aux États-Unis surtout dans le logement multifamilial, mais aussi dans la maison unifamiliale, la maison mobile... Il y a des projections jusqu'en 2016 pour la croissance. On est sur une erre d'aller qui semble tenir le coup», explique Denis Pinault, agent de concertation de la transformation du bois à la Conférence régionale des élus du Bas-Saint-Laurent.
Le prix du bois d'oeuvre est passé de 260 $ les 1000 pieds cubes de planche à 350 $ cet automne. Il reste toutefois à disposer des copeaux, sous-produit du sciage, destiné au marché, en chute, des pâtes et papiers. «On travaille sur des études alternatives pour écouler tout ce qui est de qualité non sciage. Il y a tout un défi de diversification et d'innovation pour la fibre de bois, tout le marché des extractibles pour l'industrie pharmaceutique et des parfums, les colles, la biomasse, des isolants, la rayonne pour les vêtements, le bois d'ingénierie, des produits pour être mélangé avec du ciment, au plastique recyclé.
Le Québec écoule presque toute sa production de bois d'oeuvre sur le marché américain. Aux États-Unis, 750 000 nouvelles maisons sont mises en chantier par année, encore loin du rythme de croissance moyen annuel de 1,2 million de mises en chantier. Le seuil du million de mises en chantier devrait être atteint en 2013, selon le National Association of Realtors.
Au Québec, la production de deux-par-quatre et autres coupes de bois d'oeuvre dépasse à peine les quatre milliards de pieds mesure de planche, comparativement à sept milliards dans les bonnes années.
Investissements
Chez Cedrico, le plan de relance aura permis de sauver 440 emplois. Au Groupe Lebel de Rivière-du-Loup, une vingtaine d'employés sont retournés au travail à l'ancienne scierie Richard Pelletier de Biencourt, au Témiscouata, pour une période de quatre semaines. Des travaux sur l'une des deux lignes de sciage pourraient être réalisés en avril, ce qui permettrait une réouverture vers le début de l'été. Le Groupe Lebel a aussi investi 2 millions $ à son usine de bois de sciage de Price, près de Mont-Joli, pour produire des billes de 12 et 16 pieds. L'usine de bois de sciage de feuillus durs, Félix Huard de Luceville, a toutefois fermé ses portes, victime de la baisse des prix et des marchés, de la hausse des coûts de ses approvisionnements en feuillus durs et de la longue durée de la crise.
Le secteur des pâtes et papiers a vécu des heures plus sombres. Trois des six usines du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie ont fermé en 13 ans, soit celle de RochTenn de Matane en 2012, la cartonnerie de New Richmond en 2005 et l'usine de papier journal de Abitibi-Consolidated de Chandler en octobre 1999.
Uniboard a investi 3 millions $ à son usine de Sayabec dans la vallée de la Matapédia au Québec afin d'augmenter sa capacité de production de mélamine et de pouvoir mettre en marché une gamme plus importante de produits finis.
Selon les perspectives du gouvernement fédéral pour la région du Bas-Saint-Laurent, près de 1400 postes ont été éliminés depuis 2005 dans la transformation du bois, soit 9 % par année.
Les livraisons ont été en hausse de 15 % pour les neuf premiers mois de 2011. La situation des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent s'est améliorée alors que les ventes de bois en valeur avaient été en hausse de 20 % (33,1 millions $) comparativement en 2010 (26,6 millions $). Des revenus qui sont de moitié inférieurs aux ventes de 67 millions $ en 2005 avant la crise forestière.
Une autre industrie forestière prend aussi forme dans cette tourmente, la biomasse à des fins énergétiques, les biocarburants et les biocolles, ainsi que le créneau d'excellence de l'écoconstruction et des écomatériaux qui mise sur l'innovation et la recherche.