Assurance emploi: le maire de Saint-Siméon interpelle Harper

Sylvain Tremblay,  maire de Saint-Siméon... (Collaboration spéciale, Brigitte Lavoie)

Agrandir

Sylvain Tremblay, maire de Saint-Siméon

Collaboration spéciale, Brigitte Lavoie

Partager

Brigitte Lavoie, collaboration spéciale
Le Soleil

(Saint-Siméon) Le maire de Saint-Siméon, dans Charlevoix, Sylvain Tremblay, lance un cri du coeur au premier ministre Stephen Harper. Les changements au régime d'assurance emploi et l'absence de solutions pour soutenir l'économie locale sonnent le glas des petites municipalités rurales canadiennes selon lui.

Sylvain Tremblay a été élu maire de Saint-Siméon en 2009. Le tourisme et les emplois saisonniers sont la trame de fond de ce village de 1360 habitants, situé à l'est de Charlevoix en bord de fleuve. Dynamique à souhait, M. Tremblay y multiplie depuis trois ans les idées et les actions pour déjouer la dévitalisation. Il se frappe cependant, et avec désespoir, au mur de l'assurance emploi, dont les dernières modifications annoncées «laissent présager le pire pour nos travailleurs saisonniers».

Dans une lettre adressée au premier ministre Stephen Harper, M. Tremblay déplore que ces mesures «vont accélérer le fait que les gens vont quitter les régions. Si le gouvernement avait mis les surplus de l'assurance emploi pour renforcer l'économie de nos régions, on n'en serait pas là».

L'aide de 50 millions $ annoncée récemment par le gouvernement Harper et son ministre Christian Paradis aux régions minières de Thetford Mines et d'Asbestos pour diversifier leur économie «est la goutte qui fait déborder le vase» du maire Tremblay.

«Nous nous arrachons les cheveux de la tête pour revitaliser nos petites municipalités et on vient nous dire en pleine face qu'on va couper les revenus de nos travailleurs saisonniers. Ça me choque noir. Et là, on va faire de la diversification économique à Asbestos avec 50 millions $ pour 200 personnes... Nous, les petites municipalités rurales dont l'économie et les habitants dépendent des emplois saisonniers et de l'assurance emploi, on a quoi? Un homard, ça ne se pêche pas en hiver.»

Ottawa «a failli»

Selon M. Tremblay, le gouvernement fédéral «a failli à sa responsabilité d'assurer une prospérité économique de tous les territoires du Canada» et a tort de se vanter de sa «rigueur économique». «Le travail est saisonnier, mais ça, le gouvernement n'a pas l'air de le comprendre. Les Canadiens en ruralité ne trouvent pas d'emploi permanent. Chez nous, la première économie est le tourisme. Le tiers de mes citoyens travaillent déjà à l'extérieure de la municipalité. L'autre tiers, ce sont des travailleurs saisonniers. J'ai des familles où les deux parents ont des emplois saisonniers. On fait quoi? Ils vont partir, déménager vers les grands centres», prédit M. Tremblay.

Des solutions, le maire Tremblay en a à proposer. Le rapatriement de l'assurance emploi en est une. Depuis janvier, la municipalité de Saint-Siméon a rallié une centaine d'autres municipalités du Québec avec sa résolution pour le rapatriement du régime au Québec.

M. Tremblay croit également qu'il faut maintenir les mesures transitoires au régime d'assurance emploi, le temps d'apporter des solutions pertinentes. «Et le gouvernement doit mettre des fonds dans les régions, comme en Gaspésie, chez les 11 municipalités du Delta Saguenay Saint-Laurent, ici, pour qu'on travaille à plein sur notre économie, nous aussi.»

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer