Deux courtiers congédiés poursuivent Valeurs mobilières Desjardins

 

Marc Larouche, collaboration spéciale
Le Soleil

(Rivière-du-Loup) Carol Jean et Benoit Leclerc, les deux courtiers de Rivière-du-Loup congédiés de Valeurs mobilières Desjardins (VMD) l'an dernier relativement à des transactions non déclarées aux Bahamas, poursuivent leur ancien employeur pour congédiement sans motif sérieux et fait de manière abusive.

L'affaire remonte à novembre. VMD annonce alors le congédiement du vice-président et directeur de la succursale de Rivière-du-Loup, Carol Jean, de même que de son confrère Benoit Leclerc, vice-président, conseiller en placement et gestionnaire de portefeuille. Tous deux auraient effectué des transactions non déclarées aux Bahamas. Ce n'est pas illégal, mais leur employeur exigeait que cela lui soit signifié, ce qui n'aurait pas été fait. «Ils n'ont commis aucune fraude, mais des manquements importants à la réglementation des valeurs mobilières et aux règles d'éthique de notre entreprise», expliquait alors le porte-parole de VMD, André Chapleau.

Dans le libellé de la poursuite, dont Le Soleil a obtenu copie, on peut lire que les demandeurs ont été interrogés à Montréal le 31 octobre par VMD en rapport avec leur implication dans un compte détenu par un de leurs clients aux Bahamas.

«Omission involontaire»

Toujours selon le libellé de la poursuite, comme ce compte était pratiquement inactif depuis 2006 et que les deux courtiers n'avaient touché aucune commission sur celui-ci depuis 2009, ils n'ont pas pensé le déclarer à leur employeur. «Cette omission involontaire de leur part ne constitue pas un motif sérieux de congédiement. [...] Les demandeurs n'ont jamais eu l'intention de cacher quoi que ce soit à VMD.» Carol Jean et Benoit Leclerc ont été congédiés trois jours plus tard.

L'affaire avait fait couler beaucoup d'encre dans les médias, notamment à Rivière-du-Loup, où les deux courtiers étaient très engagés dans leur communauté et avantageusement connus. «Les déclarations de VMD aux médias et la manière dont elle a agi auprès des clients ont profondément atteint les demandeurs dans leur dignité, leur honneur et leur réputation», peut-on lire.

Carol Jean poursuit VMD pour 1,5 million $ et Benoit Leclerc, pour 668 656 $. La cause devrait être entendue le 17 septembre au palais de justice de Rivière-du-Loup. Les deux hommes ont depuis été réembauchés par la Financière Banque Nationale à Rivière-du-Loup, où ils travaillaient déjà avant de passer chez VMD en 2004.

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