Même si Québec a annoncé dans son dernier budget son engagement à la réalisation d'un gazoduc sur la Côte-Nord, le projet est sur les écrans radars de Gaz Métro depuis 1999. Dans les derniers mois, l'entreprise a intensifié ses discussions avec les élus, les milieux économiques et environnementaux ainsi que les Innus afin de bien préparer son étude de faisabilité pour éventuellement desservir la dernière région québécoise à ne pas avoir accès au gaz naturel.
«Ce qui a changé depuis 1999, c'est l'effervescence économique de la région, qui fait que le rapport entre les revenus et les dépenses est modifié. On pense qu'il y a un contexte favorable en région», a lancé Pierre-Yves Boivin, directeur des relations avec les Premières Nations et porte-parole du projet Prolongement Côte-Nord chez Gaz Métro. «C'est l'un des trois facteurs positifs, les deux autres étant les prix bas depuis une dizaine d'années et la volonté publique de réduire les gaz à effet de serre.»
Accueil «très positif»
Selon M. Boivin, le projet a reçu un accueil «très positif» des gens à qui il a été présenté. L'entreprise rappelle cependant que ça lui prendra des ententes fermes avant de concrétiser ce projet, évalué aujourd'hui à 750 millions $.
«Dans nos rencontres, il faut bien expliquer ce qu'on entend faire et démontrer l'efficacité du gaz naturel car ça prend un bon volume pour justifier l'arrivée d'un gazoduc, indique le porte-parole. Mais une fois rendu, en plus de fournir la grande industrie, rien n'empêche de faire la desserte des immeubles commerciaux, institutionnels et éventuellement résidentiels.»
Gaz Métro ne devrait pas être perdant dans l'aventure car le gouvernement garantit 75 % des premiers 40 millions $ requis pour l'étude de faisabilité, que cette faisabilité soit démontrée ou non. De plus, Québec offre une compensation pour les volumes de consommation se situant sous le seuil de rentabilité pour l'entreprise.
De Jonquière à Sept-Îles
L'éventuel gazoduc de la Côte-Nord partirait de Jonquière pour se rendre jusqu'à Sept-Îles, une distance d'environ 450 kilomètres. Il desservirait également Baie-Comeau et Port-Cartier. «Dans nos études, on doit déterminer le tracé qui aura le moins d'impact sur l'environnement, la faune et la flore», a soutenu Pierre-Yves Boivin. Le gazoduc est enfoui à un mètre de profondeur, avec une emprise de 20 à 25 mètres.
Dans son échéancier, Gaz Métro prévoit les études de faisabilité et les rencontres d'information avec la population d'ici la fin 2012. L'an prochain sera consacré aux consultations publiques du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) et de l'Agence canadienne d'évaluation environnementale. Le début de la construction est prévu pour la fin 2014, avec une mise en service deux ans plus tard.