Saison du homard: bonnes prises, prix décevant

Sur le même thème

Les prises ont été abondantes partout, notamment à... (Photo collaboration spéciale Gilles Gagné)

Agrandir

Les prises ont été abondantes partout, notamment à Saint-Georges-de-Malbay.

Photo collaboration spéciale Gilles Gagné

 

Gilles Gagné, collaboration spéciale
Le Soleil

(Carleton) L'année 2012 aura été fructueuse sur le plan des prises de homard en Gaspésie, alors que la grande majorité des 181 homardiers de la péninsule a rangé ses casiers hier, ou même un peu plus tôt. Le prix de 4,50 $ versé lors de 8 des 10 semaines de la saison a toutefois déçu des pêcheurs, même s'il a eu un effet positif pour le consommateur.

Michel Jones, de Port-Daniel, a débarqué de 20 à 25 % plus de homard cette année qu'en 2011, une année moyenne. Il est de plus confiant en l'avenir.

«Si je me fie à ce que je vois dans les casiers depuis quelques semaines, c'est rassurant. Il y a beaucoup de petits homards, à remettre à l'eau. En fait, il y a beaucoup de homards de toutes les grosseurs», aborde M. Jones.

Si l'état de la biomasse le rassure, le prix versé par les acheteurs de homard le laisse perplexe. «D'après ce que j'entends, partout ailleurs, le pêcheur reçoit un peu plus que nous, comme aux Îles-de-la-Madeleine. Même au Nouveau-Brunswick, les pêcheurs ont reçu 4,95 $ pour la même taille. Ici, on a reçu 5 $ la livre au début de la saison, puis 4,50 $ pour les huit dernières semaines. Il y a moins d'acheteurs qu'avant. Il n'y a plus de guerre de prix comme avant. Tout le monde [les acheteurs] est d'accord. Tout le monde a baissé le prix en même temps», déplore M. Jones.

Mesures de protection

Un peu plus à l'ouest, à Shigawake, Jeffrey Vautier a aussi connu une bonne saison en ce qui a trait aux prises, en hausse de 15 % dans son cas. Sans dévoiler le volume de ses débarquements, qu'il situe tout de même à plus de 100 000 livres, il n'hésite pas à dire que lui et les homardiers de son secteur ont doublé leurs prises annuelles depuis que des mesures de protection de l'espèce ont été intensifiées, il y a cinq ans.

Ces mesures avaient été précédées d'une hausse volontaire de la taille légale du homard pêché, de façon à laisser davantage de géniteurs à l'eau.

«On voit beaucoup de homards de toutes les grosseurs, et on voit de plus en plus de femelles avec des oeufs, qu'il faut remettre à l'eau. On s'aperçoit que la biomasse est en remontée», souligne M. Vautier.

Vincent Malouin, du ministère fédéral des Pêches et des Océans, a remarqué «que c'est bon pratiquement partout» en Gaspésie. Il ne risque pas de prédiction sur un pourcentage d'augmentation des prises. «Nous aurons les chiffres dans une semaine. Avec les journaux de bord électroniques, les données sont presque [communiquées] en temps réel», dit-il.

Janick Aubut, directrice de Produits marins St-Godefroi, croit que les pêcheurs ont reçu un prix juste cette année. «Ce n'est pas moi qui achète les prises de 15 homardiers, qui établis le prix en Gaspésie. Mais il faut considérer que le homard du Maine entre ici à 2,50 $ la livre, que les prises sont abondantes en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick, au Maine et aux Îles-de-la-Madeleine. Peut-être que les homardiers du Nouveau-Brunswick ont reçu 5 $ plus longtemps, mais ils avaient commencé la saison à 3,75 $. Pour le consommateur, c'est une bonne année aussi. On ne peut pas vendre le homard 8 $ la livre quand il est à 4,99 $ chez IGA», analyse-t-elle.

Mieux payés

Même s'il y a insatisfaction de homardiers gaspésiens à l'égard du prix payé par les grossistes, ils recevront néanmoins une rémunération légèrement supérieure au niveau moyen de 2011, qui était de 4,51 $ la livre. En 2010, le prix moyen s'était établi à 4,11 $. En 2007, il était de 6,21 $. Considérant que les prises seront assurément meilleures en 2012 que les 972 tonnes métriques de 2011, les revenus globaux de 9,7 millions $ des homardiers gaspésiens seront surpassés cette année.

Les homardiers des Îles-de-la-Madeleine pêcheront encore la semaine prochaine. Les prises annuelles dans l'archipel ont atteint 2700 tonnes métriques et plus de 27 millions $ en valeur en 2011. La Côte-Nord ne fournit qu'environ 2 % des prises québécoises de homard.

Les prises des trois régions dépasseront les 40 millions $ en 2012. Environ 1000 pêcheurs en vivent aux Îles, capitaines et membres d'équipage inclus, comparativement à 400 personnes en Gaspésie. L'effet du homard dépasse la capture, puisqu'au moins 1000 travailleurs d'usines transforment le crustacé en Gaspésie et aux Îles, essentiellement du homard importé du Maine et des Maritimes dans le premier cas.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer