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Gilles Gagné, collaboration spéciale
Le Soleil

(Carleton) Le potentiel éolien du Nord québécois pourrait d'abord servir les intérêts de cette région plutôt que d'être utilisé pour alimenter en énergie le sud du Québec ou combler des objectifs d'exportation. C'est l'une des pistes de développement qu'entend faire valoir le TechnoCentre éolien du Québec auprès du gouvernement et d'Hydro-Québec afin d'assurer une croissance soutenue de la production éolienne à long terme.

Frédéric Côté, directeur général de l'organisme basé à Gaspé, voit plusieurs avantages à développer des parcs éoliens destinés à combler des carences dans certains secteurs du Nord québécois plutôt que dans le Sud. «Même si les lignes de transport existent déjà entre le Nord québécois et le sud du Québec, il est faux de prétendre que la question est réglée», précise M. Côté, en faisant référence à la possibilité de relier les parcs éoliens au réseau acheminant l'électricité produite par les grands barrages de la baie James, par exemple.

«Il y a quelques défis technologiques à considérer. Il y a perte d'énergie quand la distance est grande entre la source de production d'électricité et les lieux de consommation. L'énergie éolienne n'y échappe pas. Il reste encore des aspects à régler au sujet de la production éolienne en conditions nordiques extrêmes. Nous y travaillons. Ce n'est pas à court terme que toutes ces questions seront réglées», ajoute Frédéric Côté.

Pour maximiser l'utilisation de l'énergie produite dans le Nord québécois, il voit davantage l'intégration de cette électricité à des lieux de consommation situés le plus près possible des turbines éoliennes. «Plusieurs mines sont localisées loin des lignes de transport d'électricité. Les compagnies produisent toute l'énergie requise avec des centrales brûlant du diesel. C'est d'une part très coûteux, puisque ça représente jusqu'à 35 % de tous les frais de production, et ça génère des gaz à effet de serre. Des éoliennes situées à proximité de ces mines combleraient une bonne partie de leurs besoins en énergie», analyse M. Côté.

Capacité de production

La capacité de production éolienne du Nord québécois est faramineuse. Elle se chiffre par dizaines de milliers de mégawatts. Au printemps 2011, en dévoilant les grandes lignes du Plan Nord, le gouvernement du Québec a indiqué que 300 mégawatts d'énergie éolienne s'inscriraient dans cette stratégie de développement.

Cet objectif modeste de 300 mégawatts avait été accueilli avec une certaine déception dans le secteur éolien. Frédéric Côté préfère voir les choses positivement et semble prendre comme un défi la nécessité de convaincre l'État québécois qu'il est possible de voir plus grand. «Il faut profiter de nos gisements. On peut utiliser comme carte de visite le potentiel éolien du Nord. On pourrait utiliser l'éolien pour dire : venez développer des mines au Québec», conclut-il.

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