Le syndicat a d'ailleurs procédé dimanche à une distribution de tracts à La Pocatière, à Montmagny, à Saint-Pacôme, à Saint-Pascal et à Rivière-du-Loup pour dénoncer la situation.
«Il n'y a rien de nouveau» par rapport à la première conférence de presse donnée sur le sujet par le syndicat, rétorque Marc Laforge, porte-parole de Bombardier. «Dans le contrat du métro de Montréal, nous respectons le 60 % de contenu canadien, qui sera plutôt un minimum de 80 % pour l'usine et les sous-traitants qui sont à La Pocatière et au Canada. Il ne s'agit plus du contrat initial de 775 voitures avec Bombardier, mais de 468 construites par un consortium réunissant Bombardier et Alstom.»
La fabrication d'une dizaine de voitures-prototypes pour le métro de Montréal débutera d'ailleurs cet été, pour livraison au printemps 2013. Pour ce qui est du contrat du métro de New York de 623 millions $, 10 voitures, pour 50 emplois, seront fabriquées à La Pocatière, contre 290 à l'usine américaine de Plattsburgh, compte tenu des mesures protectionnistes américaines découlant du Buy American Act.
Selon le syndicat, en vertu de l'entente intervenue avec Bombardier, la fabrication des pièces primaires, des sous-ensembles mineurs et majeurs ainsi que la fabrication des caissons en acier inoxydable des voitures de métro devaient avoir lieu à La Pocatière pour le métro de Montréal, incluant la conception et la fabrication de l'outillage nécessaire à ces activités de production, la finition intérieure des voitures ainsi que la réalisation des tests dynamiques et statiques. Bombardier, dit le syndicat, s'est départie des machines et des équipements toujours en état de fonctionnement et servant à faire ces travaux à La Pocatière.
Le syndicat donne comme exemple les toits des voitures de métro, qui devaient être fabriqués à La Pocatière en acier inoxydable et qui ont été modifiés pour être produits en aluminium par une entreprise américaine.
Le syndicat a publié une ordonnance de sauvegarde, le 16 mars dernier, afin de forcer l'employeur à respecter sa signature. Elle doit être plaidée devant un arbitre de grief aujourd'hui.
«Nous avons investi 4 millions$ pour le découpage de la tuyauterie», rétorque à cet égard le porte-parole de la grande entreprise canadienne.
«Je vois les travailleurs au quotidien, ils sont inquiets et ils m'en parlent. Je souhaite qu'il se fasse le plus de travaux possible à La Pocatière. Moins il y a d'emplois, plus c'est inquiétant. On a comme l'impression qu'il y a des échappatoires dans le contrat. Après le contrat de Montréal, on souhaite une diversification de l'usine en étant innovant parce qu'il n'y a pas beaucoup de contrats après celui de Montréal», exprime pour sa part Sylvain Hudon, maire de La Pocatière.