Cuisines Laurier évite le pire, 80 emplois sauvés

Dans l'ordre, le vice-président de Cuisines MRS, Christian... (Le Soleil, Steve Deschênes)

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Dans l'ordre, le vice-président de Cuisines MRS, Christian Pellerin, la directrice des ventes et du marketing de Cuisines Laurier, Nancy Demers, et le président de Cuisines Laurier, Julien Côté

Le Soleil, Steve Deschênes

Gilbert Leduc

Gilbert Leduc
Le Soleil

(Laurier-Station) La survie de Cuisines Laurier était menacée. «Nous tenions la compagnie à bout de bras. Au cours des dernières années, nous avions épuisé tous nos moyens financiers pour rester en vie. Nous étions rendus à bout de souffle», témoigne le président de l'entreprise, Julien Côté.

En mars dernier, le fabricant de meubles de cuisine de Laurier-Station se plaçait sous la protection de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité en attendant de déposer une proposition à ses créanciers afin d'éviter la banqueroute et la perte de 80 emplois dans la région de Lotbinière. Ses créances s'élevaient à quelques millionsde dollars.

La semaine dernière, les créanciers de l'entreprise ont accepté dans une proportion de 99% le plan de sauvetage présenté par les dirigeants de la compagnie. L'arrivée d'un nouveau partenaire d'affaires - le fabricant d'armoires de cuisine et de meubles-lavabos de salle de bain Cuisines MRS de Victoriaville - a ainsi pu permettre à Cuisines Laurier d'éviter le pire.

«Ce que nous voulions par-dessus tout, c'était de maintenir des emplois», explique la responsable des ventes et du marketing Nancy Demers. «Parmi nos employés, il y a des gens qui forment des couples dans la vie. Des couples avec des enfants. Imaginez le choc, pour eux, de la perte de deux revenus d'un seul coup.»

D'ailleurs, Cuisines Laurier a déjà fait sa part en matière de pertes d'emplois. À la fin de 2008, la compagnie comptait pas moins de 250 employés.

À l'instar des entreprises manufacturières exportant leur production au sud de la frontière, les difficultés de Cuisines Laurier ont débuté avec le raffermissement du huard par rapport à la valeur du dollar américain à compter de 2004. Et puis, il y a eu la récession. Une crise qui n'en finit plus de finir.

«On ne pensait jamais que ça allait être aussi long», constate Nancy Demers.

Écoulant jusqu'à 96% de sa production aux États-Unis, l'entreprise a vu ses ventes piquer une dégringolade de 70% au pays de Barack Obama. En l'espace de quelques années, elles sont passées de 20 à 7,6 millions$. Pendant deux décennies, Cuisines Laurier avait vu ses ventes connaître une croissance annuelle moyenne de 17%.

Tout a été fait pour sauver les meubles.

Des postes ont été supprimés. La structure administrative a été «dégraissée». Le marché des produits de moyen et de haut de gamme n'ayant plus la cote des consommateurs frappés de plein fouet par la récession, Cuisines Laurier a introduit une collection de meubles de cuisine de bon marché dans l'espoir de réaliser des ventes, et ce, peu importe si les marges de profits sont plus minces. L'entreprise a aussi amorcé un repositionnement au Québec, un coin du monde qui a mieux encaissé les contrecoups de la récession.

Alliance stratégique

Depuis un peu plus de trois ans, Julien Côté et son équipe ont tenté de maintenir le cap d'un navire s'en allant à la dérive. La bouée de sauvetage est venue de Victoriaville.

Contrairement à Cuisines Laurier, Cuisines MRS exporte à peine 20% de sa production aux États-Unis. Ses ventes, l'entreprise les réalise principalement dans la région de Montréal auprès des entrepreneurs et des consommateurs. La complémentarité entre les deux entreprises ne fait pas de doute.

«Nous cherchions une façon de prendre de l'expansion sans devoir agrandir nos installations existantes», explique Christian Pellerin, vice-président de Cuisines MRS. «L'alliance avec Cuisines Laurier nous ouvre également une porte sur le marché de la région de Québec et nous procure une capacité de production dont nous avions besoin pour progresser.»

L'arrivée d'un nouvel actionnaire redonne l'élan nécessaire à Cuisines Laurier pour relancer ses activités aux États-Unis, évidemment, mais aussi en Ontario et dans les provinces des Prairies, où l'entreprise a semé des graines au cours des dernières années. Tous les détails entourant la création de la nouvelle structure administrative qui liera les deux entreprises ne sont pas déterminés. Ensemble, leur chiffre d'affaires actuel est de 20 millions$. D'ici trois à cinq ans, Cuisines Laurier et Cuisines MRS visent 30 millions$.

«La question est maintenant de savoir à quel moment l'activité économique reprendra réellement son rythme de croisière au sud de la frontière», fait remarquer Nancy Demers, en affirmant que, bientôt, l'usine de Laurier-Station commencera à regarnir les rangs de ses travailleurs spécialisés.

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