François Guimont, le président d'Air Gaspésie, bichonne ses deux Cessna de quatre et six places dans le hangar de tôle qui fait face à l'aéroport de Gaspé. «J'ai toujours rêvé d'avoir ma propre compagnie, et j'ai vu qu'il y avait un besoin ici», dit le pilote-entrepreneur, installé à Gaspé depuis un an.
Avec l'achat récent d'un Navajo Chieftain 10 places, l'investissement dans Air Gaspésie a dépassé le million de dollars. L'entreprise embauchera six personnes, dont trois pilotes.
«Air Gaspésie sera un taxi aérien, sans horaire fixe, avec des vols sur mesure, explique M. Guimont. [En Gaspésie], pour des vols de région à région à prix abordable, il n'y a rien», ajoute-t-il.
Les entreprises de vols nolisés les plus proches se trouvent à Québec et à Sept-Îles. Ils desservent Gaspé, mais doivent inclure dans leurs coûts les frais pour amener l'avion jusqu'au bout de la péninsule.
Quant aux vols quotidiens d'Air Canada Jazz, ils décollent de Gaspé vers Québec ou les Îles-de-la-Madeleine. Pour se rendre sur la Côte-Nord sur les ailes d'Air Canada, un Gaspésien doit donc passer par Québec.
M. Guimont compte sur la clientèle des travailleurs attirés sur la Côte-Nord par l'essor des mines, et sur les chasseurs et les pêcheurs adeptes de l'île d'Anticosti.
Il offrira aux touristes, notamment aux croisiéristes, des tours d'avion pour voir du ciel le rocher Percé et le parc Forillon. «On pense aussi que pour des groupes qui vont aux Îles-de-la-Madeleine, ce sera plus avantageux de prendre un vol nolisé qu'un vol régulier», ajoute le président.
Un allié inespéré
M. Guimont a trouvé un allié inespéré dans le grand-père de sa conjointe, Michel Pouliot,
81 ans. Ce pionnier de l'aviation, dont l'aéroport de Gaspé porte le nom, reprend du service comme directeur des opérations d'Air Gaspésie. Audrey Morissette, la petite-fille de M. Pouliot, sera directrice de l'administration et du marketing.
Les activités des Ailes de Gaspé, la dernière entreprise à offrir des vols nolisés, a pris fin en septembre 2003, à la mort du pilote Marc Bouchard dans un écrasement d'avion.
Par ailleurs, le Centre local de développement (CLD) de la Côte-de-Gaspé espère toujours doter Gaspé d'un transporteur régional pour offrir des vols réguliers à prix moindre qu'Air Canada Jazz.
«Ce sera complémentaire au projet d'Air Gaspésie», affirme Bruno Bernatchez, directeur général adjoint du CLD. Un consultant externe déposera un rapport sur le projet d'ici le début de l'été.