Bas-Saint-Laurent: une saison des sucres record?

Jacques Therriault teste la tire d'érable sur une... (Collaboration spéciale, Carl Thériault)

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Jacques Therriault teste la tire d'érable sur une boule de neige avant de l'offrir à ses clients.

Collaboration spéciale, Carl Thériault

 

Carl Thériault, collaboration spéciale
Le Soleil

(Rimouski) La récolte de sirop d'érable 2012 au Bas-Saint-Laurent pourrait approcher, même égaler la saison record de 2009, si les journées continuent à demeurer plus chaudes avec des nuits sous le point de congélation.

«Si la température se maintient, je crois que le rendement sera près de 2,50 la livre par entaille comparativement à 2,65 en 2009 et à une moyenne de 2,39 au cours des 15 dernières années. Je suis très optimiste qu'on pourrait se rapprocher de la production de 2009. Les prévisions de la météo sont bonnes jusqu'au 18 avril. Souvent notre saison se termine même entre le 20 et le 25 avril. L'eau d'érable coule tous les jours. Au cours des deux dernières journées [mercredi et jeudi], les lignes de transport de sirop d'érable ne fournissaient pas», décrit Sylvie Laliberté, présidente du Syndicat des producteurs acéricoles du Bas-Saint-Laurent-Gaspésie, deuxième région acéricole au Québec.

Le prix de la traditionnelle «canne» de sirop d'érable de 540 ml qui était d'environ 9$ l'année dernière devrait demeurer sensiblement le même.

«La production américaine est à 50% de leur production normale. La saison n'a pas été bonne en Ontario. Ce qui est bon pour la vente de notre sirop. On pourrait espérer monter la vente de notre sirop à 90% de la production totale», de préciser Sylvie Laliberté.

Bonne récolte aussi à la Cabane à sucre d'la Bonaventure de Saint-Eugène-de-Ladrière, à 30 minutes au sud-ouest de Rimouski, une érablière familiale de 12 500 entailles en lots privés.

«Moi, c'est mon revenu principal. Ma femme Guylaine s'occupe des repas et pour un de mes fils, c'est son gagne-pain. Pour en vivre uniquement, il me faudrait dans les 20 000 entailles. Cette année, je m'attends à un rendement près de 2,50 la livre à l'entaille si le beau temps dure. À date, c'est entre 1,6 et 2. Le bouillage de la sève se fait le soir et la nuit parce qu'il faut toujours avoir un oeil sur les installations», souligne Jacques Therriault, dont l'érablière offre aussi des repas dans une salle de 120 places. «Je pourrais m'agrandir pour les repas, mais c'est un commerce qui ne dure que quelques semaines par année et ce n'est pas facile d'avoir du personnel pour une si petite période. Je veux aussi garder l'aspect familial de l'entreprise.»

Dans l'ouest de la province, les érables ont commencé à couler 10 jours plus tôt que la normale cette saison, ce qui a nui à la récolte.

En 2011, la récolte québécoise de sirop d'érable avait atteint un volume de 101,9 millions de livres (ou 64 millions de boîtes de conserve de 540 ml), soit légèrement moins que la récolte historique de 2009, qui avait été de 109,4 millions de livres.

La région de la Chaudière-Appalaches est la première région acéricole au Québec (36,6 millions de livres en 2011), suivie du Bas-Saint-Laurent-Gaspésie (20,9 millions) avec près de la moitié des érablières de plus de 30 000 entailles au Québec, de l'Estrie (15 millions) et de la Mauricie-Centre-du-Québec (13 millions).

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