Mine Lac d'amiante du Canada: opportunité et sacrifices

La mine Lac d'amiante de Thetford Mines est... (Photothèque Le Soleil)

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La mine Lac d'amiante de Thetford Mines est fermée depuis novembre, laissant 350 travailleurs dans l'incertitude.

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(Québec) Les 350 travailleurs de la mine Lac d'amiante du Canada (LAC) de Thetford Mines, fermée depuis novembre, voteront lundi sur une nouvelle proposition de convention collective. Si elle est acceptée, 140 d'entre eux pourront travailler pendant quelques mois sur le chantier du nouveau tronçon de la route 112 que le ministère des Transports s'apprête à construire et qui traversera les terrains miniers.

Si les travailleurs disent oui au nouveau contrat de travail, 80 d'entre eux seront rappelés au départ, puis une soixantaine un mois plus tard. Ces employés, ceux qui comptent le plus d'ancienneté, prépareront le fond du terrain qui accueillera la nouvelle route, des travaux qui dureront au maximum quatre mois.

Le président du Syndicat des travailleurs horaires de la mine LAC (Métallos), Luc Lachance, a toutefois déclaré au Soleil qu'il n'avait reçu aucune garantie de l'employeur, la société minière LAB Chrysotile, selon laquelle les activités d'extraction d'amiante chrysotile puissent reprendre une fois ces travaux complétés.

«Tout le monde sait que l'employeur voudrait exploiter le secteur de l'ancien puits de la mine British Canadian, qui appartient à la Société Asbestos Limitée, mais nous ne savons pas s'il a entrepris des démarches avec cette compagnie pour acquérir ces terrains», indique M. Lachance.

Le président du syndicat a refusé de préciser les détails du projet de convention qui sera soumis aux syndiqués demain, mais des sources au courant du dossier ont confirmé au Soleil que les travailleurs, qui avaient subi des compressions salariales de 25 % en 2005, devraient encore faire des sacrifices.

Les coupes les plus importantes toucheraient les vacances annuelles, qui étaient de six semaines pour les travailleurs les plus anciens. Elles passeront à quatre semaines pour ceux qui ont plus de 15 ans d'ancienneté, trois semaines pour ceux qui ont entre 5 et 15 ans et deux semaines pour les autres. Cette diminution équivaudrait à une baisse salariale de 4 %.

Six congés auxquels les travailleurs avaient autrefois automatiquement droit seraient transformés en congés «flottants», auxquels ils se qualifieraient uniquement après des tranches de 60 heures de travail sans absence ni retard.

À la fin du contrat de travail proposé, qui serait d'une durée de cinq ans, les travailleurs, qui gagnent en moyenne de 17 $ à 18 $ l'heure, auraient droit à une augmentation de 1 %. L'employeur réclame toutefois que certains postes soient regroupés, ce qui amènerait des baisses salariales pour certaines catégories d'employés.

Retraités touchés

Les retraités, dont le régime de retraite a pris fin avec la faillite de LAB Chrysotile au début de l'année, écopent déjà eux aussi puisque leurs prestations sont diminuées de 28 % depuis dimanche.

Les travailleurs toujours actifs n'auront ni régime de retraite, ni régime d'assurances. Certains travailleurs se seraient attendus à des hausses de salaire pour compenser, mais ce ne sera vraisemblablement pas le cas.

Des 350 employés de LAC, une quarantaine ont vu leurs prestations d'assurance emploi prendre fin en mars, alors que les prestations d'une centaine d'autres travailleurs se termineront en mai.

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