Gaz naturel: la Côte-Nord salive déjà

 

Steve Paradis, collaboration spéciale
Le Soleil

(Baie-Comeau) Parmi les mesures du budget provincial, le milieu politique et économique de la Côte-Nord est particulièrement entiché de celle commandant l'étude d'opportunité afin d'amener le gaz naturel dans la région, un projet évalué au bas mot à 750 millions$. Il pourrait s'agir là d'une pièce maîtresse du développement industriel.

«Si elle se concrétise, l'arrivée du gaz naturel dans la région sera fameuse pour le développement industriel», a commenté le maire de Sept-Îles, Serge Lévesque. «Ça ouvre la porte à la transformation du minerai de fer. C'est une pierre angulaire pour concrétiser des projets. Le gaz naturel peut aussi servir aux alumineries, qui auraient une source d'énergie moins dispendieuse. Ça peut également être très avantageux pour le milieu institutionnel. D'ailleurs, Gaz Métro teste présentement l'intérêt de cette clientèle.»

Directeur du développement industriel chez Innovation et développement Manicouagan, Guy Simard est aussi ravi de cette annonce. «C'est une mesure qui répond entièrement aux attentes de l'industrie. Dès 2012, on pourra donc débuter les études d'opportunité et les choix de tracés. Des minières comme ArcelorMittal et IOC ont déjà confirmé leurs besoins et j'imagine que c'est aussi une bonne nouvelle pour Alcoa.»

L'aluminerie a d'ailleurs exprimé son éventuel intérêt. «C'est sûr que c'est un dossier qu'on va regarder de près», a indiqué le responsable des communications de l'aluminerie de Baie-Comeau, Dominic Martin. «Ça pourrait être notamment une alternative à l'huile présentement utilisée pour faire fonctionner la fonderie.»

«L'utilisation du gaz naturel permettra aux entreprises de la Manicouagan de diminuer leurs coûts de production et favorisera, par le fait même, l'implantation d'entreprises de deuxième transformation dans la région», a pour sa part commenté le président de la Chambre de commerce de Manicouagan, Michel Truchon. «De plus, le gaz naturel a un impact écologique moindre que d'autres sources d'énergie telles que le charbon ou le pétrole. Ce faisant, son utilisation permettra de réduire l'empreinte écologique des exploitations industrielles.»

Quant au projet de faisabilité d'un lien ferroviaire de 800 kilomètres entre Sept-Îles et Schefferville, pour lequel la Caisse de dépôt et placement du Québec et le CN travailleront ensemble, le maire Lévesque y adhère à plein tandis que M. Simard a un bémol à y apporter. «On salue la volonté du gouvernement dans ce dossier, mais on souhaite que cette étude analyse deux tronçons, soit celui entre Schefferville et Sept-Îles et un autre entre le nord de la Manicouagan et le port de Baie-Comeau afin de voir lequel a plus de valeur aux yeux des entreprises. On va d'ailleurs inviter le CN à étudier les deux scénarios», a-t-il déclaré.

Pour sa part, le maire Lévesque s'est dit déçu de constater que le budget Bachand ne fasse pas mention de la Société du Plan Nord. «Je m'interroge là-dessus, car la création de la société devait entraîner des crédits pour les municipalités touchées. Je souhaite que ce point soit clarifié lors de l'étude des crédits.»

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