MAAX: les négos en eau trouble

Gilbert Leduc

Gilbert Leduc
Le Soleil

(Québec) Le fabricant de baignoires et de douches MAAX demande à ses travailleurs d'être «réalistes» et de «tenir compte de la réalité» dans laquelle se trouve le secteur de la construction résidentielle au Canada et surtout aux États-Unis.

«Aujourd'hui, nos employés à Sainte-Marie sont payés 35% de plus que ceux de notre principal compétiteur au Québec, Produits Neptune», rend compte Sam Ramadori, vice-président au développement des affaires et aux affaires corporatives chez MAAX.

Le renouvellement de la convention collective d'environ 250 des 400 travailleurs de l'usine de Sainte-Marie de MAAX s'annonce difficile. Vendredi dernier, la Commission des relations du travail a ordonné aux travailleurs membres du Syndicat des salariés d'acrylique de Beauce (CSD) de «cesser immédiatement tout ralentissement de travail» et de «reprendre immédiatement l'exercice normal de leur travail».

L'employeur a fait la démonstration à la juge Line Lanseigne que des ralentissements de travail étaient survenus depuis l'annulation, le 9 février, d'une rencontre de négociation en présence d'un médiateur-conciliateur du ministère du Travail. MAAX a fait valoir que, le 20 février, le ralentissement de travail avait entraîné une baisse d'activités de 40% sur le quart de jour. Le lendemain, la compagnie transmettait une mise en demeure au syndicat pour l'obliger «de cesser d'ordonner, encourager ou appuyer toute action concertée des salariés visant à ralentir les activités de l'entreprise». Selon MAAX, la mise en demeure a été un coup d'épée dans l'eau. «Le ralentissement des activités de production et de distribution aurait perduré et demeurerait substantiel.»

Devant la Commission des relations du travail, le syndicat a plaidé qu'il n'avait jamais ordonné à ses membres de cesser ou de s'abstenir de fournir leur prestation normale de travail ou d'encourager, d'inciter ou d'autoriser tout ralentissement de travail.

Selon Sam Ramadori, le travail a repris son rythme habituel à Sainte-Marie.

350 changements

La convention collective qui lie MAAX et le syndicat est échue depuis le 30 septembre dernier. «Nous voulions commencer les négociations en avril ou en juin, mais le syndicat préférait attendre la fin de l'échéance du contrat de travail», a expliqué le porte-parole de la compagnie qui possède quatre usines au Canada et quatre autres aux États-Unis.

Il explique que le syndicat s'est pointé à la table de négociations avec une liste contenant 350 demandes de changements à la convention collective. Selon M. Ramadori, des ententes sur plus d'une soixantaine de clauses normatives ont été conclues. Bientôt, vraisemblablement à la mi-mars, les négociations reprendront et les parties s'attaqueront aux aspects financiers du contrat de travail. Évoquant le fait que les travailleurs de Sainte-Marie étaient payés 35% de plus que ceux de Produits Neptune, Sam Ramadori a signalé que l'employeur ne voulait pas imposer de compressions salariales à ses travailleurs, mais cherchait plutôt à acquérir «une certaine flexibilité dans l'organisation du travail». Le recours à un lock-out n'est pas envisagé pour le moment, a assuré le porte-parole patronal.

Les représentants du Syndicat des salariés d'acrylique de Beauce n'ont pas répondu aux appels du Soleil.

Rappelons que MAAX a procédé l'an dernier à la mise à pied de 100 travailleurs à son usine de Sainte-Marie en raison de l'état de santé chancelant de l'économie américaine.

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