Même si l'emploi est à la hausse depuis quelques années dans la région, le nombre de personnes ayant eu recours à l'une ou l'autre forme de dépannage alimentaire a augmenté de 3747 à 5407 personnes entre 2006-2007 et 2010-2011. Toutefois, le financement est de plus en plus difficile à obtenir.
Charlotte Pouliot, de la Table de concertation en sécurité alimentaire Gaspésie-Îles-de-la-
Madeleine, précise que les besoins financiers des 11 organismes sont comblés à moins de 50% en moyenne, avec des cas pires que d'autres.
«Ce qui nous manque, c'est au niveau financier. On a les bonnes idées, mais il nous manque les sous pour faire du développement», dit-elle. Il manquerait 1 018 000$ afin d'assurer des programmes de sécurité alimentaire à longueur d'année dans la région.
En attendant, les membres de la Table de concertation en sécurité alimentaire verraient d'un bon oeil des réactions plus promptes des instances régionales et nationales pour empêcher les fermetures prolongées qui débuteront dès avril, parfois pour plus de cinq mois.
Charlotte Pouliot voudrait que la Conférence régionale des élus tienne son engagement de septembre 2010 et verse la totalité du fonds d'urgence non récurrent de 200 000$ alors créé. Un solde de 50 000$ n'a pas été versé.
Elle voudrait qu'une somme semblable soit accordée pour l'année courante et de nouveau pour 2012-2013, étant donné les besoins croissants.
«Le 18 novembre, 4,3 millions$ ont été annoncés pour lutter contre la pauvreté, pour trois ans [...] Comment cette somme va «descendre»? [...] Est-ce que la sécurité alimentaire sera là?» demande-
t-elle. Jacques Roy, de la Maison de la famille contre vents et marées de Chandler, craint «qu'une bonne part du budget [de 4,3 millions$] serve à payer du personnel et du "ponctuel" sans effet sur la sécurité alimentaire».
Il admet que la sécurité alimentaire n'est pas le seul élément à considérer dans la lutte contre la pauvreté, mais il s'inquiète du silence des maires. «Pour nos élus, chaque fois qu'on aborde le thème "sécurité alimentaire", c'est tabou.»
Cindy Delarosbil, du Collectif Aliment-Terre, dit que si rien ne bouge d'ici le 31 mars, son groupe fermera du 2 avril au 5 septembre. «Ça veut dire pas d'aide alimentaire, pas de jardin communautaire [...] personne pour référer les gens, accompagner les gens. Vous pouvez imaginer l'impact majeur sur les individus; quand les gens arrivent ici, ils sont déjà très émotifs.»
En 2007, les prestataires d'aide sociale constituaient 70% de la clientèle en dépannage alimentaire, comparativement à 53% en 2011. Les salariés constituent 10% de cette clientèle, plutôt que 7% en 2007 et les personnes âgées, 8% plutôt que 2%.