Une trentaine de personnes ont assisté à première séance d'information animée par le BAPE. À l'évidence, Charlevoix ne s'oppose pas au projet. La région pourrait profiter des retombées économiques régionales estimées à 100 millions $. Au total, le projet nécessite un investissement de 800 millions $ et la mise en service, en deux phases, est planifiée en décembre 2014 et 2015.
«On parle d'un chantier important avec 200 travailleurs pendant deux ans et demi lors de la construction. C'est appelé à devenir le plus important projet éolien non seulement au Québec, mais au Canada», a indiqué Daniel Giguère, directeur affaires publiques chez EDF EN Canada.
«On ne sent pas de craintes majeures. On est 100 % en terres publiques, à plusieurs kilomètres de Saguenay et de Charlevoix. L'endroit où on pourra voir quelques éoliennes, c'est à 3,7 kilomètres de la route 170», de continuer M. Giguère.
Loin des zones habitées
Le parc éolien projeté est en effet loin des zones habitées. On y accède par une route secondaire, au kilomètre 190 de la route 170. Les utilisateurs sont principalement des pêcheurs et des chasseurs. Soixante-dix-sept pour cent du projet est inclus dans la réserve faunique des Laurentides, gérée par la Société des établissements de plein air du Québec.
Le promoteur doit construire 86 kilomètres de chemins et déboiser 500 hectares pour mener à bien le projet. La grande majorité des éoliennes (80 %) sont prévues sur le territoire non organisé du Lac-Pikauba de la MRC de Charlevoix.
La distance entre Charlevoix et la porte d'entrée de ce futur parc éolien est grande, au point que certains craignent que la région n'en retire pas tous les bénéfices promis. Le Centre local de développement de la MRC de Charlevoix a choisi de prendre les devants en organisant en février une rencontre entre EDF EN Canada et les entrepreneurs régionaux.
1000 mégawatts
En combinant les projets d'EDF EN Canada et ceux de Boralex, mieux connus sous le nom des parcs éoliens de la Seigneurie de Beaupré, la large portion de territoire située entre le fleuve Saint-Laurent et la MRC du Fjord du Saguenay, à l'est de la route 170, est vouée à devenir un vaste jardin d'éoliennes.
Ce qui est accepté par le gouvernement pour les deux promoteurs, ce sont 350 éoliennes. En incluant les plans de Boralex, qui souhaite agrandir vers la MRC de Charlevoix, on pourrait se retrouver avec 500 tours éoliennes, pour une production totale de plus de 1000 mégawatts.
Fondée en 2007, puis rachetée par l'actionnaire majoritaire qu'était EDF EN Canada, Saint-Laurent Énergies a reçu une commande de 954 mégawatts d'énergie éolienne pour cinq parcs éoliens. Elle développe actuellement les parcs éoliens Massif du Sud (150 mégawatts), Lac-Alfred (300 mégawatts) et Saint-Robert-Bellarmin (80 mégawatts). Le dernier, celui de la zec Lac-aux-Sables, à Clermont, dans Charlevoix-Est (74 mégawatts), risque de ne jamais voir le jour. Le milieu n'est pas favorable à l'érection d'éoliennes à proximité du parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie. Depuis, elle a ajouté deux projets communautaires, des parcs de 25 mégawatts dans le Bas-Saint-Laurent (La Mitis) et en Estrie (Le Granit).