«On ne pouvait plus continuer en utilisant un chauffage à l'huile usée. Nos compétiteurs sont à la biomasse, au gaz naturel en Ontario et au méthane. Pour suivre la parade, il nous fallait être à jour sur le plan énergétique. Oui, une mode, mais durable», a dit le propriétaire Éric Fréchette, qui admet que sans ce virage écologique, il était impossible de rentabiliser l'entreprise.
L'Agence de l'efficacité énergétique du Québec, intégrée au ministère des Ressources naturelles et de la Faune, consent 3,2 millions $ pour ce projet. «Nous avons vendu notre droit de brûler de l'huile», aime à dire le directeur des opérations, Daniel Lacoste. Cela représente 40 $ la tonne de CO2 qu'on évite de rejeter dans l'atmosphère par année pendant 10 ans. L'investissement est de 1,8 million$ pour l'entreprise, incluant la construction d'une nouvelle serre.
Par année, ce sont trois millions de litres d'huiles usées que nécessitait le chauffage des serres, l'équivalent de 1,5 million$ en achat, soit 40 % du budget d'exploitation. Avec la biomasse, on espère réduire de moitié le coût du chauffage. C'est l'usine de Produits Forestiers Résolu de Saint-Hilarion qui approvisionne les serres en écorces, soit 15 000 tonnes par année.
Les Serres Lacoste produiront deux millions de kilos de tomates en 2012, dont la moitié sont vendues aux États-Unis sous le nom Taste of the North. L'entreprise ajoute les poivrons à sa production, un marché qu'elle veut tester au Québec. Elle emploie 60 personnes en haute saison.
Le CLD de la MRC de Charlevoix rêve d'un projet global de chauffage urbain. «Construire une centrale énergétique à biomasse coûterait 12 millions$, selon une étude que nous avons réalisée. Mais il nous faut un client majeur, comme l'hôpital qu'on projette de construire», explique le directeur André Simard. Le maire Jean Fortin adore l'idée. «Si le Centre de santé embarquait, nous irions de l'avant», dit-il. Toutefois, on ne sait toujours pas quel type de chauffage préconisera celui-ci pour le nouvel hôpital.