Un bateau comme logis à Sept-Îles: rien d'un mirage

Le navire dans la mire du promoteur du...

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Le navire dans la mire du promoteur du concept, Luc Généreux, est l'Ocean Pearl, qui naviguait en Méditerranée l'été dernier.

Steeve Paradis, collaboration spéciale
Le Soleil

(Sept-Îles) L'idée d'amarrer un bateau de croisière à Sept-Îles pour y loger des travailleurs de la construction est loin d'être un mirage. Le promoteur du concept, Luc Généreux, a déjà déniché le navire et a en main toutes les autorisations nécessaires pour aller de l'avant. Il ne manque que les projets de construction à mettre en branle.

«J'ai trouvé le navire de croisière à louer, le plan d'affaires est monté et j'ai l'autorisation de l'Agence des services frontaliers du Canada pour importer temporairement le navire au pays. Nous sommes prêts à passer à l'action quand les projets d'agrandissement de l'aluminerie Alouette à Sept-Îles et de l'usine de bouletage d'ArcelorMittal à Port-Cartier démarreront», a indiqué M. Généreux au Soleil.

Le promoteur a déjà présenté son plan d'affaires aux autorités portuaires de Sept-Îles, aux Innus d'Uashat-mak-Mani-utenam, à Développement économique Sept-Îles et bien sûr aux dirigeants des deux multinationales.

Le premier ministre Jean Charest a aussi été mis au courant, selon une lettre dont Le Soleil a obtenu copie. Selon M. Généreux, tous sont ravis par l'idée. «L'intérêt existe, il ne manque maintenant que les clients», dit-il.

Les commodités

Le navire dans la mire de Luc Généreux est l'Ocean Pearl, qui naviguait en Méditerranée l'été dernier. Le bateau, qui compte six ponts et 550 cabines, possède toutes les commodités d'un navire de croisière avec son gymnase, ses salles de cinéma et sa piscine intérieure. «On pourrait y loger entre 550 et 800 travailleurs, une fois adapté», a ajouté le promoteur, grand globe-trotter et présentement propriétaire d'un motel à Rivière-du-Loup.

«Ce n'est toutefois pas demain matin qu'on aura besoin de 800 travailleurs à Sept-Îles, a enchaîné Luc Généreux. Ça pourrait prendre encore deux ou trois ans avant d'aboutir, mais ça aurait comme avantage de permettre à Sept-Îles de ne pas avoir à construire des infrastructures qui seront inutiles une fois les travailleurs de la construction partis.»

Selon le promoteur, le projet devra générer des revenus d'au moins 35 millions$ par année pour atteindre le seuil de rentabilité. Son plan d'affaires prévoit des revenus oscillant entre 40 et 43 millions$.

Le projet, qui créerait une centaine d'emplois, s'inscrit aussi dans une logique de développement durable, car durant son passage à Sept-Îles, l'Ocean Pearl ne consommerait pas de diesel. Il serait plutôt branché au réseau électrique. Les démarches en ce sens avec Hydro-Québec ont d'ailleurs été entreprises.

C'est évidemment la criante pénurie de logements à Sept-Îles qui a fait germer l'idée dans l'esprit de M. Généreux. D'après lui, l'amarrage d'un bateau de croisière pour loger des travailleurs ne nuirait en rien au développement de projets résidentiels. «Ce projet ne réglerait qu'une partie du problème de logement dans la région, car les gens qui y demeureront pour travailler à long terme ne logeront pas sur le navire, a-t-il conclu. Ils auront besoin de logements et de maisons.»

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