«Il faut au moins être capable d'annoncer la relance de la mine avant la fin des prestations d'assurance chômage des travailleurs», a dit le maire Berthold hier lors d'une conférence de presse du comité de relance de LAB Chrysotile.
Le président du syndicat des Métallos de la mine LAC, Luc Lachance, a avoué que quelques-uns de ses membres étaient déjà partis pour aller travailler pour des sociétés comme Rio Tinto, Osisko et Niobec. «La moitié de nos membres ont plus de 50 ans, et l'autre moitié a moins de 35 ans. Ce sont ces derniers qui sont prêts à s'exiler pour travailler», indique-t-il.
Ces travailleurs gagnent souvent un salaire de près de 40 $ l'heure comparativement à une moyenne de 17 $ à 18 $ l'heure chez LAB Chrysotile. «C'est sûr qu'on va en perdre quelques-uns, ceux qui n'ont pas d'attache ici, mais je pense que ce sera minime si la mine redémarre. D'ailleurs, ceux qui travaillent ailleurs n'ont pas vendu leur maison à Thetford Mines», a dit M. Lachance.
Plan d'affaires
À la suite d'un éboulement dans le puits de sa mine à ciel ouvert, LAB Chrysotile doit trouver d'autres sources d'approvisionnement, déposer un plan d'affaires pour les exploiter, négocier une nouvelle convention collective avec ses travailleurs et s'entendre avec le ministère des Transports pour avoir accès au minerai situé sous l'ancienne route 112 et le chemin de fer Québec Central.
«Le ministre Laurent Lessard nous a assuré que l'offre qui a été faite pour la relance de la mine Jeffrey à Asbestos serait faite à LAB Chrysotile, soit une garantie de prêt de 58 millions $ dans un projet incluant 25 millions $ d'investissements privés», a dit M. Berthold.
Tant Luc Lachance que son homologue du Syndicat des employés de bureau de LAB Chrysotile considèrent que c'est du côté de la mine voisine, British Canadian (BC), fermée en 1997, que les développements futurs auront lieu.
Le hic, c'est que ces terrains appartiennent à la Société Asbestos Limitée, qui n'a pas toujours entretenu de bonnes relations avec LAB Chrysotile.
Joint par Le Soleil, le président de LAB Chrysotile, Simon Dupéré, a avoué que les relations avec la Société Asbestos Limitée étaient «inexistantes». «Mais, c'est pas mal clair qu'il faudra éventuellement se parler.» L'homme d'affaires a dit qu'il est possible que LAC redémarre en 2012, sans toutefois offrir de garantie. «Je n'annoncerai rien tant que je n'aurai pas en main un plan pour assurer la pérennité de la mine», a-t-il conclu.