«Ce lieu comporte beaucoup d'avantages. Il est situé en eaux profondes, à proximité de Québec et est très bien protégé par un brise-lames. C'est l'idéal pour un projet comme le nôtre», explique le pdg de Méridien Maritime, Angello Marcotte. «Aussi, par tradition, une importante main-d'oeuvre spécialisée s'y trouve. Nous devrons trouver 200 employés de tous les corps de métier.»
L'imposante infrastructure projetée de 4200 mètres carrés servirait à construire des navires pour les domaines public et privé. Il y a actuellement trois de ces «bassins de carène» au Québec, dont à Lévis. «C'est la dimension du bassin qui détermine la grosseur des navires qui y seront construits ou réparés», poursuit M. Marcotte. Considérant plusieurs facteurs, dont le vieillissement de la flotte de navires publics, ce dernier estime que dans les 20 à 35 prochaines années, les gouvernements et le secteur privé devront investir annuellement 2 milliards $ dans le secteur maritime. «Et je n'ai même pas considéré le Plan Nord du gouvernement québécois. Vous savez, la majorité des navires gouvernementaux ont entre 20 et 30 ans. Le domaine a évolué. Les constructions actuelles ne sont plus celles de l'époque», poursuit le pdg, expliquant que c'est ce créneau à valeur ajoutée qu'il désire instaurer à Cacouna. Le projet est ficelé à moitié. L'étude environnementale est favorable. L'entreprise n'aurait même pas à le présenter devant le BAPE, puisque son empreinte environnementale serait minime. Pourtant une importante faune marine et ailée se trouve dans le secteur. C'est le milieu qui devra décider de la faisabilité ou non du projet. Jusqu'ici, les acteurs économiques régionaux étaient demeurés discrets, afin, dit-on, de ne pas créer de faux espoirs chez une population qui, au fil des années, a vu plusieurs importants projets à cet endroit leur glisser sous les pieds pour diverses raisons.
Méridien Maritime est une entreprise familiale ouverte depuis 2003, qui embauche 180 personnes et effectue de la construction et la réparation de navires à ses installations de Matane, de Rimouski et de Sainte-Anne-des-Monts. La majorité de ses activités de réparations s'effectuent le long des quais à Montréal, en Ontario ou à Halifax. Dans le meilleur des cas, les travaux pourraient commencer à l'automne. La construction d'un seul navire de 150 pieds assure du travail pour plus de un an.