Industrie minière: les Cris refusent d'être marginalisés

Louis Tanguay
Louis Tanguay
Le Soleil

(Québec) Les Cris de la Baie-James trouvent totalement inacceptable que le gouvernement du Québec s'apprête à adopter un nouveau régime minier qui ne reflète pas les paramètres de la politique minière mise en place par le gouvernement cri.

Son grand chef, Matthew Coon Come, a affirmé hier devant les participants à Québec Exploration 2010 que Québec «n'a pas le droit de nous marginaliser» en écartant une «authentique représentation des Cris» de la prise des décisions. Le grand chef a qualifié la situation actuelle de «carrefour d'opportunités incomparables de partenariats entre les Cris et les non-Cris».

Mais si les Cris ne sont pas associés aux décisions, pourquoi appuieraient-ils les projets? a-t-il demandé. Sur la question de l'acceptabilité sociale de tels projets, il a insisté sur le besoin et le droit de ses citoyens d'en connaître les enjeux. «Ne venez pas dire à mon peuple, a-t-il prévenu les promoteurs, que vos activités n'auront aucun impact négatif.»

Il serait à son avis préférable de dire quelle en sera l'empreinte sur le territoire et comment par exemple les questions de sécurité et de résidus seront gérées.

Les membres de sa communauté ne sont pas contre le développement minier, dit M. Coon Come, mais ne veulent pas y assister passivement, préférant participer à des activités de «création durable». À preuve, il a cité l'entente que le Conseil des Cris espère signer d'ici les Fêtes avec Gold Corp pour l'exploitation de son gisement Opinaca. Deux autres exemples de discussions positives montrent, selon le chef, que la politique minière crie «n'est pas que des mots».

À Sept-Îles

Aussi invité à parler d'acceptabilité sociale, le maire de Sept-Îles, Serge Lévesque, a rappelé à quel point la tentative «initiée de façon cavalière» d'exploration pour de l'uranium à 15 km du centre de la ville a secoué la communauté locale.

Mais présentement, les perspectives d'exploitation d'un gisement d'apatite appartenant à la Société générale de financement sur son territoire sont «en train de franchir les étapes de l'acceptabilité» grâce à une approche beaucoup plus ouverte et proactive. Plusieurs questions sur le bruit, sur la fréquence des dynamitages ou sur les produits chimiques à employer restent sans réponse pour de nombreux citoyens habitant près du gisement.

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