La peur des vacances

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Un sondage du site de recrutement Glassdoor révélait qu'un travailleur américain sur deux (54 %) ne prend pas la totalité des jours de congé auxquels il a droit, et que 66 % des répondants avouaient continuer de travailler durant leurs vacances.

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(Québec) Pour forcer ses travailleurs à prendre des vacances, des employeurs leur accordent des allocations pouvant atteindre 2000 $US à 4000 $US.

Le site de recrutement et de recherche d'emploi Glassdoor révélait, dans un sondage publié en mai dernier, qu'un travailleur américain sur deux (54 %) ne prend pas la totalité des jours de congé auxquels il a droit.

Pire encore, 66 % des 2224 personnes interrogées avouaient continuer de travailler pendant qu'elles sont en vacances. Ce pourcentage était de 61 % lors du coup de sonde effectué par Glassdoor, il y a trois ans.

Le boulot réalisé durant les vacances ne se limite pas à la lecture d'un document ou à l'envoi d'un courriel. 

Les «vacanciers pas véritablement en vacances» ont admis avoir été contactés par un collègue (29 %) ou par leur patron (25 %) alors qu'ils avaient pleinement le droit de se la couler douce.

En France, le gouvernement a récemment adopté une loi accordant le «droit à la déconnexion» aux travailleurs. En effet, depuis le 1er janvier dernier, les Français qui travaillent pour une entreprise de plus de 50 employés ne sont plus tenus de répondre aux appels, aux courriels et aux textos reçus à l'extérieur des heures de travail.

Selon Glassdoor, la peur serait la principale raison pour laquelle les travailleurs ne prennent pas la totalité des jours de congé auxquels ils ont droit et se ruent sur leur portable plutôt que sur la plage la plus près.

La peur d'accumuler trop de retard à leur retour au travail.

La peur de nuire à leur carrière et de rater la prochaine ronde de promotions.

Enfin, la peur de perdre leur emploi.

Travailleur, va voir du pays!

Mark Russell, le grand patron de Steelhouse, une agence de marketing et de publicité ayant pignon sur rue à Culver City au Colorado, en avait assez de voir ses employés ne pas utiliser tous les jours de vacances auxquels ils ont droit. 

Surtout qu'au sein de cette entreprise, les employés peuvent partir en vacances à n'importe quel moment et pour une durée indéterminée.

Alors, aux grands maux, les grands moyens! Mark Russell a décidé d'accorder une allocation de 2000 $US à tous ses employés pour qu'ils «disparaissent» de la carte pendant quelques semaines. Pour qu'ils se reposent et reprennent des forces. 

Un 2000 $ qui ne peut-être utilisé que pour voyager et non pas pour se procurer le dernier gadget électronique.

«Absorbée par le travail, la jeune génération d'aujourd'hui me fait penser à des lionceaux élevés en captivité. Vous ouvrez la cage. Ils s'aventurent un peu à l'extérieur, mais reviennent rapidement dans leur cage», s'amuse à comparer Mark Russell en entrevue au site Web d'information américain Business Insider.

Une compagnie technologique d'Eagle en Idaho, TSheets, a adopté la même stratégie.

Elle recommande même «très fortement» à ses employés d'utiliser les 1500 $US mis à leur disposition pour aller parcourir le monde.

Avant de partir, les salariés doivent prendre un engagement solennel. Aucun appel téléphonique relié au travail pendant le voyage. Aucun courriel ou texto non plus.

«Non seulement nous voulons que nos employés refassent le plein d'énergie, mais nous estimons qu'en voyageant, ils s'ouvriront à de nouveaux horizons. Ils nous reviendront avec une attitude positive et productive», a confié à Business Heidi Mausbach, la pdg de l'agence de marketing digital Ervin & Smith situé à Omaha au Nebraska.

Cette entreprise remet une carte-cadeau Visa de 1300 $US à ses troupiers pour qu'ils aillent découvrir le monde.

La palme de la générosité revient à Basecamp, une société de Chicago spécialisée dans la conception d'outils de gestion Web. L'allocation pour «forcer» les travailleurs à prendre leurs vacances est de 5000 $US.

Cette entreprise, par ailleurs, ne lésine pas sur les moyens pour rendre ses salariés heureux : la semaine de travail de quatre jours durant la saison estivale, 100 $US par mois pour un abonnement dans un gym ou pour des massages, un congé sabbatique de trois mois après trois ans d'ancienneté.

«J'aimerais continuer à offrir d'autres avantages à mes employés pour les rendre plus heureux. Malheureusement, je commence à manquer d'imagination», a confié le pdg de Basecamp, Jason Fried, à Business Insider en juin dernier. «Si mes employés me demandent quelque chose qui m'apparaît raisonnable, je leur accorde.»

La journée de cinq heures!

Plutôt que d'offrir des allocations à leurs employés pour les forcer à prendre des vacances afin qu'ils soient toujours frais comme des roses, des entreprises choisissent de réduire leurs heures de travail.

C'est le cas notamment de la compagnie eXo Skin Simple, un fabricant de produits de beauté.

«Nous travaillons de 11h à 16h, ce qui est suffisant pour accomplir notre travail sans perdre de temps», a mentionné à NBCNEWS le directeur du marketing de la société new-yorkaise, Clarke Bowling.

«Ça nous donne suffisamment le temps pour nous entraîner et pour travailler sur des projets personnels qui nous tiennent à coeur.»

Une autre entreprise, Causeumentary, a choisi de maintenir l'horaire de travail quotidien de huit heures pour ses employés.

«Par contre, nous accordons, tous les jours, une heure de temps libre à tout le monde. Nos employés peuvent faire tout ce qu'ils veulent pendant cette heure, sauf travailler!», a indiqué la fondatrice de l'Entreprise de Washington, Jo Jensen.

«Quand nous revenons tous au travail, je sens les gens plus détendus. Moi, la première.»

À noter que la chronique Le travail et nous prend congé. De retour le 28 août.




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