La grande séduction gaspésienne

Alexandre Boulay, un jeune Gaspésien de 35 ans,... (Photothèque Le Soleil, Geneviève Gélinas)

Agrandir

Alexandre Boulay, un jeune Gaspésien de 35 ans, rêvait d'ouvrir une usine de pales d'éoliennes dans son coin de pays, alors qu'il était étudiant en génie des matériaux à l'Université Laval.

Photothèque Le Soleil, Geneviève Gélinas

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Des employeurs s'arrachent les cheveux parce qu'ils ont un poste ou deux à pourvoir. Imaginez, maintenant, que vous en avez près de 300.

Et que votre entreprise est située sur la rue des Cerisiers à Gaspé!

C'est le défi que LM Wind Power, un fabricant de pales d'éoliennes appartenant à la multinationale General Electric, est en train de relever.

«En août 2016, nous étions 185. Aujourd'hui, nous sommes 400 et nous nous attendons à passer à 465 au cours des deux à trois prochains mois», expose le directeur de l'usine, Alexandre Boulay, un jeune Gaspésien de 35 ans.

Étudiant en génie des matériaux à l'Université Laval, il rêvait d'ouvrir une usine de pales d'éoliennes dans son coin de pays. «Chaque matin, quand je constate que nous sommes 400, je me pince pour m'assurer que je rêve pas.»

«Il reste encore des travailleurs à trouver. Des postes de journalier, de planificateur et de superviseur de production, de chef comptable, d'acheteur, de directeur de la qualité et d'ingénieur», annonce Christian Dumont, un consultant qui travaille avec Action Compétence RH. Cette firme de Québec spécialisée en recrutement a été choisie par LM pour l'aider à dénicher les perles rares.

«J'avoue que ça devient de plus en plus compliqué de trouver des candidats. Nous avons écrémé tout ce que nous pouvions écrémer, mais nous y arriverons.»

En août 2016, LM décrochait un important contrat du côté des États-Unis qui assurera du boulot à long terme pour l'usine de Gaspé.

Dès le départ, il était évident que l'entreprise ne parviendrait pas à trouver toute la main-d'oeuvre nécessaire, principalement des journaliers, à Gaspé, et ce, malgré le fait que le taux de chômage affichait 13,7 % en décembre dernier.

«Nous allions devoir convaincre des gens à se déraciner et à aller gagner leur vie à Gaspé. Et pas pour des salaires de 100 000 $, mais de 45 000 $ à 55 000 $ par année», précise Christian Dumont.

«De plus, le travail n'est pas facile C'est physique. Pour les nouveaux venus, c'est la nuit, la fin de semaine.»

Campagne de recrutement

La campagne de recrutement a débuté en octobre, ce qui compliquait la tâche de LM puisque l'année scolaire était déjà en cours.

La stratégie d'embauche fait évidemment appel aux nouvelles technologies (création d'un site Internet dédié aux opportunités de carrière chez LM, présence sur les médias sociaux, bandeaux publicitaires sur les sites Web à forte affluence), mais aussi aux moyens plus traditionnels comme les journaux, la radio et la télévision.

L'offensive a d'abord été menée localement et régionalement. «Tout près de 80 % de nos salariés proviennent de la péninsule gaspésienne», indique Alexandre Boulay.

Au fur et à mesure, le territoire de chasse des recruteurs s'est agrandi. «Nous avons notamment identifié des régions où il y avait eu récemment des mises à pied de travailleurs», indique Christian Dumont.

Puis, la campagne de recrutement a pris une allure nationale grâce aux réseaux de télévision. LM a même diffusé un publicité de 15 secondes durant le Bye Bye 2016.

Par l'entremise de Facebook, une opération charme a aussi été réalisée auprès des expatriés de la Gaspésie. «Nous avons rejoint des Gaspésiens de souche qui ont dû quitter la région au cours des dernières années pour poursuivre leurs études ou pour gagner leur vie», mentionne M. Dumont.

Pour «vendre» les emplois chez LM, les recruteurs vantent la «chaleur» des Gaspésiens, les grands espaces, la chasse, la pêche, le parc Forillon et la qualité des emplois au sein d'une entreprise d'énergie verte.

Tout passe par l'intégration

«La clé, c'est d'intégrer les travailleurs de façon graduelle», explique le directeur général de LM Wind Power, Alexandre Boulay.

Chaque mois, une vingtaine de nouveaux travailleurs se greffent à l'équipe qui comptera bientôt 465 personnes.

«Nous avons bâti un centre d'excellence dans lequel nous développons les compétences de notre personnel. Dans le cas des journaliers, nous recherchons des gens qui, d'abord et avant tout, possèdent de bonnes habiletés manuelles.»

Dans sa stratégie d'attraction de la main-d'oeuvre, LM a déployé des moyens permettant aux travailleurs de bénéficier d'un bon équilibre entre le travail et la vie personnelle, notamment l'horaire 2, 2, 3.

«La personne travaille deux jours. Elle est en congé deux jours. Elle reprend ensuite le boulot pendant trois jours. La semaine suivante, c'est le contraire», explique M. Boulay.

La rétention des travailleurs est un défi pour LM.

«Tout repose sur la façon dont nous intégrons les gens. Nous affectons un mentor à chaque nouveau travailleur. Ce mentor s'assure que tout va bien tant au travail qu'à l'extérieur de l'usine.» 




publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer