Étudiants dorénavant syndiqués

Il y aurait entre 1000 et 1500 étudiants... (123RF/Dolgachov)

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Il y aurait entre 1000 et 1500 étudiants et stagiaires dans la fonction publique québécoise, et leur nombre augmente sans cesse.

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(Québec) Est-ce la fin du recours à la main-d'oeuvre bon marché dans la fonction publique québécoise?

Le 25 avril, le Tribunal administratif du travail (TAT) accordait le droit au Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) de représenter les étudiants et les stagiaires à l'emploi des ministères et des organismes du gouvernement du Québec.

Le SFPQ, qui est déjà le porte-parole de 31 000 employés de bureau, techniciens et ouvriers de la fonction publique et de 11 000 autres salariés dans le secteur parapublic, avait déposé, en janvier, une requête en inclusion en vertu de l'article 65 de la Loi de la fonction publique.

Le TAT n'a donc pas lambiné avant de trancher et de rendre sa décision en faveur de la démarche entamée par le SFPQ.

Nul doute que l'absence d'opposition de la part du gouvernement du Québec dans cette cause a permis d'éviter les retards, les reports et autres mesures dilatoires.

«Je ne suis pas dans les souliers des responsables du Secrétariat du Conseil du trésor, mais ils ont dû juger que le débat avait été fait», estime Christian Daigle, le président général du SFPQ. 

Il fait allusion au dossier des «faux occasionnels» de la fonction publique qui avait largement retenu l'attention dans le monde des relations de travail à compter de la fin des années 80. 

À peine plus que le salaire minimum

Des étudiants et des stagiaires dans la fonction publique, il y en aurait entre 1000 et 1500.

Leur nombre augmente sans cesse, affirme Christian Daigle.

Jadis, les étudiants apparaissaient dans les organisations à la fin des classes. Ils s'envolaient avec la rentrée scolaire. Le temps de remplacer les milliers de fonctionnaires partis en vacances.

En 2013, l'Assemblée nationale adoptait le projet de loi 41 modifiant la Loi sur la fonction publique principalement en matière de dotation des emplois.

Dans le cadre d'une série de mesures visant à rendre l'administration publique plus attrayante auprès des jeunes, le gouvernement permettait aux étudiants, en plus de travailler à temps plein pendant la saison estivale - du 1er avril au 1er septembre - et les vacances des Fêtes, de pouvoir besogner à temps partiel pendant les sessions d'automne et d'hiver, et ce, jusqu'à un maximum de 14 heures par semaine.

«Avec le temps, nous nous sommes aperçus que, de plus en plus, les étudiants étaient appelés à exécuter des tâches normalement effectuées par des agents de bureau ou des techniciens sans être rémunérés de la même façon évidemment», explique le chef syndical. 

«Au ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, ils font des inspections. À Services Québec, ils répondent aux questions des citoyens. Pour une rémunération dépassant à peine le salaire minimum, dans certains cas, les étudiants font le même boulot que des employés réguliers qui empochent 20 $ ou 22 $ l'heure dépendamment de leur corps d'emploi. Ça frise parfois le travail bon marché», suggère Christian Daigle.

Dans la fonction publique, les étudiants gagnent 8 % de plus que le taux général du salaire minimum. 

Ainsi, depuis la récente augmentation qui a fait passer le salaire minimum de 10,75 $ à 11,25 $ l'heure, le taux horaire de base des étudiants et des stagiaires de la fonction publique affiche 12,15 $. Évidemment, ce taux varie selon le niveau d'études déterminé pour exercer les tâches de l'emploi et le nombre d'années postsecondaires complétées par l'étudiant.

Par exemple, le taux de traitement d'un étudiant possédant trois années d'études postsecondaires complétées et occupant un emploi de niveau collégial est de 15,40 $ l'heure. Celui d'un étudiant détenant huit années d'études postsecondaires complétées et occupant un emploi de niveau universitaire de troisième cycle est de 22,84 $ l'heure.

Maintenant, la négo...

La décision du Tribunal administratif du travail fait en sorte que les étudiants et les stagiaires sont dorénavant syndiqués.

Il reste maintenant à négocier en vue de leur octroyer des droits (vacances, jours fériés, etc.), de leur assurer les mêmes protections détenues par l'ensemble des membres du SFPQ et d'autres syndicats de la fonction publique et de leur permettre de toucher un salaire qui correspond aux tâches qu'ils ont à exécuter.

Le SFPQ ne veut surtout pas attendre l'échéance des conventions collectives actuelles, en 2020, pour convenir de conditions de travail non discriminatoires avec l'État pour ses nouveaux cotisants.




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