«Nos employés, nos évangélistes»

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Creaform compte sur ses employés, comme Jérôme-Alexandre Lavoie, à gauche, et Peter Warburton, pour l'aider à trouver des bras et des cerveaux.

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(Québec) Ils sont d'abord des employés. Ils sont aussi des ambassadeurs. Des «évangélistes», suggère même Claude-Antoine Tremblay, directeur des ressources humaines chez Coveo.

Le bouche-à-oreille a toujours été une façon simple et efficace de pourvoir des postes au sein des entreprises.

«Viens donc travailler avec moi à l'usine. Mon boss cherche du monde. Je vais lui donner ton nom, lui dire que je te connais et l'assurer que tu es vaillant et ponctuel.»

Comme le révèle le rapport synthèse préparé par la direction régionale de la Capitale-Nationale de l'édition 2014-2015 de l'Enquête sur le recrutement, l'emploi et les besoins de formation dans les établissements de plus de cinq employés au Québec, l'entrevue avec des candidats recommandés par du personnel de l'entreprise est le moyen le plus utilisé par les employeurs pour obtenir des candidatures.

Ils sont d'abord des employés. Ils sont aussi des... (Infographie Le Soleil) - image 2.0

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Infographie Le Soleil

«Sans l'ombre d'un doute, il s'agit de la meilleure méthode pour rencontrer des candidats et faire des embauches», tranche Claude-Antoine Tremblay.

Près de la moitié des talents recrutés depuis 2013 par l'entreprise de Québec spécialisée dans les technologies de recherche intelligente et de recommandation de contenu proviennent de propositions de candidature acheminées par des membres du personnel. «Au-delà de 120 de nos employés nous ont suggéré des candidats au cours des quatre dernières années.»

En 2016, Claude-Antoine Tremblay et son équipe ont traité pas moins de 314 candidatures proposées par les 270 employés de la société.

De l'aide de ses troupiers, Coveo en aura besoin en 2017, puisque l'entreprise technologique prévoit recruter entre 115 et 120 nouveaux employés. «Depuis le mois de janvier, nous avons embauché 12 nouvelles personnes. Les candidatures de six d'entre elles sont venues de nos employés.»

Récompenses de 750 $ à 3000 $

De l'autre côté du fleuve, à Lévis, Creaform est aussi en phase de recrutement intensif.

En 2017, l'entreprise spécialisée dans la conception, la fabrication et la commercialisation d'appareils d'inspection 3D portables aura une soixantaine de postes à pourvoir. Pas seulement à Lévis, mais aux États-Unis, en Europe et en Asie.

Ses futurs travailleurs, Creaform les trouve principalement dans les centres de formation professionnelle, les cégeps et les universités, dans lesquels l'entreprise pilote une quarantaine d'actions de visibilité par année.

Son programme de référencement est aussi un outil fortement utilisé et qui porte ses fruits.

«Sur les 130 embauches qui ont été faites l'an dernier - dont 65 visaient à combler des besoins directement liés à notre croissance -, 26 proviennent de suggestions issues de nos employés», signale Catherine Thomas, directrice des ressources humaines de la compagnie, qui fait travailler plus de 500 personnes à travers le monde, dont la moitié à Lévis.

Évidemment, Creaform et Coveo récompensent leurs salariés «chasseurs de têtes» en espèces sonnantes et trébuchantes.

Chez Creaform, la prime est de 750 $. 

Une première tranche de 250 $ est versée au moment de l'embauche. L'autre suivra six mois plus tard.

«Il arrive que la récompense grimpe jusqu'à 1000 $ pour combler rapidement des postes stratégiques pour lesquels les candidats disponibles sur le marché sont trop peu nombreux», indique Catherine Thomas, en précisant que les employés recommandent rarement des candidats pour le simple appât du gain. 

«Il n'est pas rare qu'un employé va sursauter en voyant quelques dollars de plus sur sa paie! Il ne se souvient plus qu'il nous a refilé le nom d'un candidat. Généralement, les employés le font parce qu'ils sont fiers de leur entreprise et veulent contribuer à son développement en l'aidant à trouver tous les talents nécessaires.»

Chez Coveo, la récompense est de 1000 $. 

Pour les postes les plus difficiles à combler ou pour lesquels il faut rapidement trouver un candidat, la gratification passe à 3000 $.

Les employés peuvent consulter les postes disponibles sur un site interne de gestion des candidatures et même en faire la diffusion auprès de leurs contacts sur les réseaux sociaux.

Contrairement à Creaform, la récompense chez Coveo n'est versée qu'au terme de la période de probation de six mois. 

«Avec tous les délais, ça peut prendre huit mois avant que l'employé ne voie la couleur de son argent. On trouve ça un peu long. On regarde ce que l'on peut faire pour améliorer cet aspect de notre programme de référencement», souligne Claude-Antoine Tremblay.

Par ailleurs, des sources ont indiqué au Soleil que des entreprises offraient même des voyages à leurs employés qui les mettent sur la piste de perles rares. 

Chercher des «prospects» partout  

«Nos employés vont nous référer des gens avec lesquels ils ont le goût de travailler. Des gens qui, à leurs yeux, correspondent aux valeurs véhiculées par Coveo et qui, peut-être, n'auraient pas eu le réflexe de venir cogner à notre porte», explique Claude-Antoine Tremblay.

«En général, les personnes référées vont demeurer à l'emploi plus longtemps que celles qui sont venues porter leur CV ou que l'on a recrutées à partir des réseaux sociaux», ajoute Catherine Thomas. «Ayant été approchés par nos employés, ils savent à quoi s'attendre. Ils ont appris à nous connaître avant même de mettre les pieds chez nous.»

Coveo conseille à son personnel de chercher des «prospects» partout et non pas seulement dans leur réseau d'amis, de parents, de voisins ou d'ex-collègues de travail. Une façon d'élargir les bassins de recrutement.

«Vous participez à un colloque. Votre voisin a l'air particulièrement allumé. Donnez-nous son nom. L'équipe des ressources humaines va l'approcher. Nous n'arrêtons pas de marteler ce message à nos gens», indique M. Tremblay. 

Ce dernier comprend, par ailleurs, qu'un travailleur peut être réticent à recommander quelqu'un qu'il ne connaît pas trop. Il ne veut pas s'en porter garant.

«Nous leur répétons que ce n'est pas grave. On ne vous en tiendra pas rigueur si, au moment de l'entrevue, ça vire à la catastrophe.»

D'ailleurs, Catherine Thomas et Claude-Antoine Tremblay ont mentionné au Soleil que leur équipe prenait un soin jaloux des candidats référés par les employés.

«Ça peut arriver que ça ne fonctionne pas avec l'un de ces candidats. On va prendre le temps de leur expliquer les raisons. On veut qu'il garde une haute opinion de notre entreprise. On va aussi s'asseoir avec notre employé, puis lui expliquer, à lui aussi, pourquoi son candidat n'a pas été retenu. On veut l'encourager à continuer de nous aider», expliquent-ils.




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