Les Froot Loops de la ministre du bonheur!

Claudia Martel, ministre du bonheur de Crakmédia, a... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Claudia Martel, ministre du bonheur de Crakmédia, a fait fureur en offrant des Froot Loops à la cafétéria de l'agence de marketing Web.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) CHRONIQUE / «Je n'ai jamais reçu autant de mercis et de beaux sourires que le matin où j'ai apporté des Froot Loops au bureau!»

Officiellement, Claudia Martel est adjointe à la direction chez Crakmedia, une agence de marketing Web de Québec. Elle est aussi la conjointe du cofondateur et président de l'entreprise, Nicolas Chrétien.

Officieusement, Claudia Martel est la «ministre du bonheur» de Crakmédia.

«Et du bien-être!» prend soin de mentionner la jeune femme.

«On m'a coiffé de ce titre sans doute parce que j'aime faire plaisir aux autres et que je veux que les employés se sentent bien au travail.»

Comme le matin où elle a apporté ses fameuses boîtes de Froot Loops!

Lorsque Crakmédia a emménagé dans ses nouveaux bureaux au coin du boulevard Charest et de la rue de la Couronne, Claudia Martel a supervisé l'aménagement de la cafétéria. Des distributeurs de céréales ont été installés. «Beaucoup de nos employés aiment arriver tôt le matin pour déjeuner en compagnie de leurs collègues.»

Parce qu'elle porte une attention particulière à l'alimentation des gars et des filles de Crakmédia, les céréales santé étaient à l'honneur dans la cafétéria. 

Jusqu'au matin où les Froot Loops ont fait leur apparition. 

«Ç'a été la folie! Les mercis "Maman Clo" ont fusé de toutes parts», raconte la «ministre de la culture» qui, à l'occasion, apporte aussi des brownies. D'autres sourires apparaissent aussitôt au visage des 90 employés de la compagnie.

Maman Clo sait vraiment comment se faire aimer.

Un taux de roulement de 30 %

Un monde vraiment à part celui des entreprises technologiques.

Des firmes pratiquement toutes en expansion qui, incapables de trouver de nouvelles ressources humaines, en viennent à puiser les talents dans la cour des voisins.

Des firmes qui, comme Crakmédia, s'appuient sur des employés âgés dans la jeune trentaine. Des milléniums qui ont la bougeotte et qui ont tous la certitude que l'herbe est plus verte ailleurs.

«Un jour, un employé vient me voir et me dit qu'il a besoin d'un nouveau défi», témoigne Marie-Andrée Lemelin-Breton, directrice des ressources humaines. «Je lui rappelle qu'il est avec nous depuis à peine un an et demi et qu'il a encore des choses à apprendre. Son idée était faite. Il est parti.»

Le taux de roulement du personnel chez Crakmédia est de 30 %.

Un pourcentage qui pousserait au désespoir le patron d'une usine de fabrication, mais qui semble être la norme dans l'univers des entreprises technos.

«Nous nous considérons chanceux si un employé demeure avec nous pendant plus de deux ans», affirme Guillaume Fréchette, vice-président des finances.

«Et ce, même, si nous offrons des conditions salariales comparables à celles proposées par les autres entreprises et des accès à de promotions», ajoute Marie-Andrée Lemelin-Breton. 

Crakmédia a connu une croissance assez phénoménale de 786 % au cours des cinq dernières années. Elle s'engage, cette année, dans une nouvelle phase expansionniste qui devrait la conduire, en 2020, à l'atteinte d'un chiffre d'affaires de 100 millions $. Aujourd'hui, ses revenus sont de l'ordre de 40 millions $.

L'an dernier, l'entreprise a attiré une quarantaine de nouveaux employés.

«Au cours des deux prochaines années, nous prévoyons la création d'une cinquantaine de nouveaux emplois», informe Guillaume Fréchette.

L'imagination de la ministre de la culture

Ce qui est important pour les milléniums, selon Marie-Andrée Lemelin-Breton, c'est le sentiment d'avoir un rôle à jouer au sein de l'organisation. 

À cet égard, chaque employé rencontre son supérieur immédiat une fois par mois pour mesurer l'atteinte des objectifs.

Tous les trois mois, la haute direction convoque tous les employés à un caucus pour faire état complet de la situation.

«Ce que nous essayons de faire, c'est de nous mettre à l'écoute de notre monde», insiste la directrice des ressources humaines.

Et ce que veulent les employés de Crakmédia, c'est aussi de se divertir.

Les initiatives ne manquent pas.

Et la «ministre de la culture» a de l'imagination.

  • Des tirages de boîtes cadeaux pour les «geeks» contenant des figurines, des tasses, des chandails.
  • Des prix pour ceux et celles qui utilisent les escaliers plutôt que les ascenseurs pour se rendre au cinquième étage.
  • Des cours de conditionnement physique et de yoga en milieu de travail. 
  • Un coup de pouce de 200 $ pour rembourser une partie des coûts d'inscription à une activité sportive.
  • Une application permettant d'obtenir gratuitement des consultations en ligne avec un médecin.
  • Des conférences portant sur la nutrition, les finances personnelles.
  • Des activités extérieures tous les trois mois.
  • Des 5 à 7 le vendredi qui, évidemment, se prolongent jusque tard en soirée.
«Des bébelles tout ça? Pas du tout!» tranche Guillaume Fréchette.

«Ces activités permettent de serrer les rangs. De créer de véritables amitiés. Ici, nous travaillons avec nos amis. C'est souvent ce qui va nous donner le goût de poursuivre l'aventure au sein de Crakmédia.»

«Malgré le fait que les médias parlent de nous à l'occasion, que nous sommes reconnus pour offrir de bonnes conditions et une ambiance de travail différente, l'embauche est difficile», rend compte Marie-Andrée Lemelin-Breton. 

«Il y a une dizaine d'années, nous attendions les CV. Aujourd'hui, nous devons aller au-devant des candidats. Des chercheurs d'emploi, il n'y en a plus. Par contre, les chercheurs de nouvelles expériences courent les rues. Il suffit de prendre les moyens pour capter leur attention.»

Une campagne «Trumpophobic»

Au lendemain de l'élection de Donald Trump, Crakmédia lançait une campagne de recrutement baptisée Trumpophobic. Une bouée de sauvetage lancée sur les réseaux sociaux aux amis du sud qui ne pouvaient se résigner à continuer de gagner leur vie dans leur pays dirigé par M. Trump.

Trois mois plus tard, l'entreprise reconnaît que l'initiative n'a pas connu le succès espéré.

Les rares intéressés souhaitaient travailler pour Crakmédia, mais à partir des États-Unis. 

Et ses employés, Crakmédia les veut en poste à Québec. L'entreprise a conservé quelques candidatures dans sa réserve au besoin. «Ce qui nous a surpris», exprime Marie-Hélène Doyle-Poirier, conseillère en communication, «c'est la virulence de certains commentaires à notre sujet. On nous a accusés de tous les torts. Et en des termes pas toujours polis! On aurait dit que tous les pro-Trump s'étaient passé le mot pour nous varloper».

N'empêche que l'initiative a eu des échos partout au Québec, le bassin de prédilection de Crakmédia pour recruter les talents. Ça n'a donc pas été totalement un coup d'épée dans l'eau.




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