L'avenir, c'est les vieux!

À force d'entendre dire que la région de Québec est la championne de l'emploi... (Infographie Le Soleil)

Agrandir

Infographie Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) À force d'entendre dire que la région de Québec est la championne de l'emploi au Canada - le taux de chômage affichait 4,7 % en octobre -, des lecteurs ont sursauté en prenant connaissance du constat fait par le Conference Board du Canada selon lequel l'emploi a fait marche arrière en 2016.

Dans sa «Note de conjoncture métropolitaine» de l'automne 2016, publiée la semaine dernière, le Conference Board indiquait que l'emploi à Québec est en voie de reculer de 1,5 % après avoir enregistré une hausse de 2,1 % en 2015.

Toutefois, dans sa boule de cristal, l'organisme prévoit un retour du balancier en 2017. L'emploi devrait grimper de 2,6 % au cours de la prochaine année.

Et s'il s'étire un brin le cou dans le temps, le Conference Board prévoit des progressions de l'emploi de 0,6 % en 2018, de 1,2 % en 2019 et de 1,1 % en 2020.

Attendons voir.

Économiste principal de Québec International, Louis Gagnon n'a pas renversé sa tasse de café en prenant connaissance du rapport du Conference Board.

L'«accalmie» dans le marché de l'emploi à Québec, il l'observe déjà depuis quelques mois.

Une réalité qui n'a surtout rien à voir avec la performance économique régionale qui est somme toute assez bonne. Rares ont été les fermetures d'entreprise ou les mises à pied massives de travailleurs ces derniers mois fait-il remarquer.

«Bien sûr, le secteur manufacturier et celui de la construction ne roulent pas à la même cadence qu'en 2015, mais le problème du marché de l'emploi à Québec se situe ailleurs. Il n'y a tout simplement pas suffisamment de bras et de cerveaux pour combler tous les postes disponibles!»

En fait, si les employeurs n'embauchent pas, ce n'est pas parce que les carnets de commandes sont vides. Ils ne trouvent pas les ressources - spécialisées et non spécialisées - pour exécuter les contrats.

À un moment donné, la semaine dernière, il y avait 4400 offres visant à pourvoir 8293 postes dans la région de la Capitale-Nationale déposées sur le site Placement en ligne d'Emploi-Québec.

Et le Placement en ligne, avouons-le, ce n'est que la pointe de l'iceberg. Les modes de recrutement mis de l'avant par les employeurs sont innombrables.

Ce n'est pas pour faire du tourisme qu'une quinzaine d'entreprises des régions de la Capitale-­Nationale et de la Chaudière-Appalaches ont fait un détour par Paris en fin de semaine. Elles allaient chercher des perles rares. À l'occasion des Journées Québec, elles avaient convoqué un peu plus de 1600 candidats dans l'espoir de pourvoir l'un des 315 postes offerts.

Les aînés : un bassin à explorer 

Selon Louis Gagnon, il s'est créé 11 700 emplois à temps plein dans la région de Québec entre les mois d'octobre 2015 et d'octobre 2016.

De tous les emplois créés, la moitié l'a été dans des entreprises de l'économie du savoir. En d'autres mots, des emplois de qualité, bien rémunérés dans des entreprises généralement en croissance.

Cette création d'emplois s'est faite principalement dans le groupe des personnes âgées de 25 à 54 ans.

Pour ce groupe d'âge, dans la région de Québec, le taux de chômage est d'à peine 3,4 %. Le taux d'emploi, lui, dépasse 90 %. Des sommets inégalés au Canada, insiste Louis Gagnon.

«Et si l'on regarde du côté du taux d'activité de 25 à 54, c'est-à-dire du pourcentage de personnes qui ont un emploi ou qui sont activement à la recherche d'un gagne-pain, là, on atteint 92,8 %», ajoute Guy Faucher, économiste à la direction régionale de la Capitale-Nationale à Emploi-Québec.

Au Québec, le taux d'activité des 25 à 54 ans est de 88 %.

Si plus de neuf personnes âgées entre 25 à 54 sur 10 sont déjà en emploi dans la région de Québec, les nouveaux employés, il faut aller les recruter chez les 55 ans et plus ou encore les 25 ans et moins.

«Quant à moi, si vous voulez avoir mon opinion, les jeunes de moins de 25 ans, on devrait les encourager à rester sur les bancs d'école», suggère Guy Faucher.

Pour les plus jeunes, le taux d'activité (72 %) est déjà assez élevé. «Leur taux de chômage (7 %) en 2015 était équivalent à celui de l'ensemble de la population adulte au Québec. C'est un constat assez fascinant», fait remarquer M. Faucher.

C'est donc dans le bassin des «vieux» que les employeurs devront se tourner. Des candidats bien souvent plus intéressés à un boulot à temps partiel à la semaine de travail de 35 ou 40 heures.

Dans la région de la Capitale-Nationale, le taux d'activité des personnes de 55 à 64 ans est de 60,6 %. Il est en constante progression. 

Et si l'on élargit à la clientèle de 55 ans et plus, il est de 33,3 %.

Reste maintenant aux entreprises à faire les yeux doux aux aînés... et à s'adapter à leurs besoins.

Pas de réticence, mais...

«Les employeurs nous disent qu'ils n'ont pas de réticence à recruter des travailleurs de 50 ou 55 ans et plus. Sur le terrain, par contre, c'est la tranche de chercheurs d'emploi que l'on voit le plus.»

Sonia Claveau dirige Libre Emploi, un centre libre-service d'aide à la recherche d'emploi.

Des hommes de 50 ans et plus à la recherche d'un boulot, elle en croise beaucoup.

En octobre dernier, la direction régionale de la Capitale-Nationale d'Emploi-Québec avait organisé une activité de recrutement pour des chercheurs d'emploi de 50 ans et plus. On attendait 200 chercheurs d'emploi. Plus de 330 se sont pointés. Sur place, il y avait une vingtaine d'entreprises.

«Il faut arrêter de penser qu'il s'agit d'une clientèle de retraités qui se tournent les pouces à la maison et qui veulent réintégrer le marché du travail pour se désennuyer. Plusieurs d'entre eux ont perdu leur gagne-pain et sont en quête d'un vrai travail. Pas d'un passe-temps», insiste Sonia Claveau.

Chantal Raby, conseillère en emploi chez Groupe Intégration Travail, fait le même constat. Le GIT est un organisme qui accompagne les chercheurs d'emploi, notamment les personnes retraitées, dans leur démarche d'intégration sur le marché du travail. 

«Nous avons régulièrement devant nous des gens en pleine forme qui ont le goût de travailler pas seulement pour 2 ou 3 ans, mais pour 10 ans et même plus. Des gens d'expérience qui, pour la plupart, ont besoin de travailler pour en arriver à joindre les deux bouts.»

Les «petites craintes» des employés reposent souvent sur l'état de santé des chercheurs d'emploi âgés, sur leur volonté à s'engager sur une longue période et sur leur capacité à s'adapter aux changements technologiques.

Elle mentionne également qu'au sein des organisations, il se fait bien souvent peu d'accommodements pour permettre à un travailleur âgé d'évoluer avec un horaire allégé. «Tu es à temps plein ou tu ne l'es pas!»  

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer