Horaires de travail à la carte

La directrice des ressources humaines de Synertek, Mélodie... (Le Soleil, Yan Doublet)

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La directrice des ressources humaines de Synertek, Mélodie Laniel-Dion, en compagnie de deux employés de l'usine de Lévis, Michaël Morin et Léo Sirois.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Imaginez une usine de fabrication où chacun des travailleurs décide de son heure d'arrivée au boulot et de celle de son départ vers la maison.

Une belle utopie!

Entre le rêve et la réalité des choses du quotidien d'une entreprise manufacturière, Synertek estime avoir trouvé le juste compromis en proposant une «carte des horaires» à ses salariés.

Tant le personnel de production que celui de bureau peut choisir l'un ou l'autre des huit horaires de travail proposés par l'entreprise de Lévis spécialisée dans la transformation du métal en feuille.

La semaine normale de travail chez Synertek est de 40 heures.

Du lundi au jeudi de 7h30 à 17h. Et le vendredi de 7h30 à 11h30.

Le vendredi après-midi de congé, avouons que ça se prend bien!

Il y a aussi un quart de travail de soir. Du lundi au jeudi de 16h45 à 3h15. C'est congé le vendredi.

«En 2013, la direction de l'entreprise a voulu moderniser ses façons de faire, notamment pour accorder plus de flexibilité à ses salariés qui doivent concilier le travail et les obligations de leur vie personnelle. Il a alors été décidé de dépoussiérer l'organisation des horaires», explique la directrice des ressources humaines, Mélodie Laniel-Dion.

Ainsi, l'employé de Synertek qui décide de besogner 40 heures par semaine peut choisir l'horaire normal de travail - dit le «standard» -, soit du lundi au jeudi de 7h30 à 17h et le vendredi de 7h30 à 11h30.

Il peut aussi jeter son dévolu sur l'horaire «lève-tôt», c'est-à-dire de 6h30 à 16h du lundi au jeudi et de 6h30 à 10h30 le vendredi, ou encore sur l'horaire «intense». Dans ce cas, l'horaire de 40 heures est comprimé. La présence au travail est réduite à quatre jours. Du lundi au jeudi. Des journées qui débutent à 6h30 et qui se terminent à 17h.

Pour le quart de travail de soir, il y a l'horaire «standard» (de 16h45 à 3h15 du lundi au jeudi) et ce que Synertek désigne comme l'horaire la «soirée en famille», c'est-à-dire de 20h à 6h30 du lundi au jeudi.

À ses employés qui veulent réduire leur temps de travail, l'entreprise propose la semaine de travail de 36 heures. Le travailleur a le choix entre l'horaire «matinal» (de 6h30 à 16h du lundi au jeudi) et le «presque standard» (de 7h30 à 17h).

Synertek a aussi pensé à ses employés de 50 ans et plus.

De la semaine normale de 40 heures, ils peuvent la faire passer à 32 heures. L'horaire dit «le préretraité» prévoit quatre jours de travail, du lundi au jeudi, de 7h30 à 16h.

«Cette mesure nous permet de conserver à l'emploi des travailleurs qui nous auraient sans doute déjà quittés et sur lesquels nous comptons pour transmettre leur expertise aux plus jeunes», indique Mélodie Laniel-Dion en soulignant que l'entreprise pouvait aussi accommoder un employé de 50 ans et plus qui désirerait ne travailler que trois ou deux jours par semaine.

Tous les six mois, les employés de Synertek décident s'ils apporteront des changements à leur horaire de travail.

«De toute façon, à tout moment de l'année, nous tentons toujours d'accommoder nos employés qui vivraient des situations particulières. Par exemple, nous n'en ferons pas un plat si un travailleur nous demande de repousser de 15 minutes son arrivée à l'usine parce que la garderie de ses enfants ouvre ses portes à 7h30 plutôt qu'à 7h15. L'important, c'est qu'il fasse son 15 minutes à un autre moment.»

Une dizaine de travailleurs de Synertek ont adopté l'horaire «lève-tôt». Six ou sept ne jurent que par l'horaire «intense». Et le «préretraité» fait le bonheur de cinq employés.Un peu plus et Synertek allait permettre à sa soixantaine d'employés de choisir chacun leur propre horaire de travail!

Imaginez une usine de fabrication où chacun des... (Infographie Le Soleil) - image 2.0

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Infographie Le Soleil

Pas une affaire de «bonnes femmes»!

La «carte des horaires» était déjà en vigueur au moment où Mélodie Laniel-Dion s'est jointe à Synertek.

«Wow! Cette entreprise est déjà rendue là, me suis-je dit. J'ai été étonnée de constater l'ouverture d'esprit des dirigeants et la flexibilité qu'ils offraient à leurs employés.»

Synertek a été fondée en 2004 par les soeurs Cendrine et Charlaine Cartegnie et le conjoint de Cendrine, Philippe Jallais.

L'humanisme est l'une des valeurs qui animent Synertek qui mise sur l'autonomie, l'intelligence et le sens des responsabilités de ses salariés.

«Avant d'être un employé, un cadre ou un patron, nous sommes tous des êtres humains. Nos besoins fondamentaux sont les mêmes; nous avons les mêmes droits à réaliser nos aspirations et à bien vivre. Nous croyons que c'est en partageant, en s'ouvrant à l'autre, que l'on arrive à se comprendre et à bâtir ensemble», fait valoir la compagnie sur son site Internet.

L'introduction de la «carte des horaires» a d'abord fait l'objet d'une réflexion au sein de la direction de l'entreprise.

«Il fallait établir des limites, car il allait être impossible de répondre aux préférences de chaque employé. Il fallait aussi tenter de minimiser les répercussions sur l'administration, sur les collègues et sur les clients évidemment», raconte la directrice des ressources humaines.

Les dirigeants ont ensuite pris le pouls des travailleurs.

«Au départ, il y a eu de la réticence. La crainte du changement, sans doute», explique Mélodie Laniel-Dion.

Précisons que Synertek est une entreprise à prédominance masculine. De la soixantaine d'employés, à peine une dizaine sont des femmes.

«Les gars disaient que la conciliation travail-vie personnelle était une affaire de bonne femme. Aujourd'hui, ils sont super contents. Pour eux - et pour la direction -, il est hors de question de revenir en arrière.»

Plusieurs PME hésitent à mettre des mesures de flexibilité des horaires, car elles craignent les abus de la part de certains travailleurs.

Chez Synertek, la direction fait confiance à son monde.

«Sur le plancher de l'usine, nous n'avons pas de contremaître pour surveiller les employés. Nous fonctionnons à partir du modèle des équipes autogérées. S'il se présente des problèmes, ils sont d'abord gérés par l'équipe.»

L'employé qui accumule les retards est rapidement rappelé à l'ordre par ses équipiers.

Évidemment, sa «carte des horaires» représente un puissant argument de vente pour Synertek dans sa quête de talents. Une quête perpétuelle pour Mélodie Laniel-Dion qui, soit dit en passant, recherche désespérément un polisseur d'expérience.

Voilà, le message est fait.

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