Travail-famille: de l'aide pour respirer

Marianne Roberge a fondé son entreprise, Koevä, il... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Marianne Roberge a fondé son entreprise, Koevä, il y a six ans. D'un bout à l'autre de la Belle Province, des centaines d'entreprises ont fait appel à ses services.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) «Je ne suis pas parfaite. Loin de là. Comme mère de famille et comme entrepreneure, il m'arrive de sentir que je suis en train de perdre le contrôle. L'important, c'est de développer un réflexe qui va nous amener, au moment où la marmite commence à déborder, à prendre une pause et à nous rappeler les bonnes habitudes qui, en temps normal, nous permettent de garder la tête hors de l'eau comme, par exemple, cuisiner, marcher ou se coucher tôt.»

Avouez que c'est rassurant d'entendre Marianne Roberge, une spécialiste de la conciliation travail-famille, dire qu'elle n'est pas infaillible et que son quotidien ressemble parfois à une course contre la montre.

«Il y a des périodes au cours de l'année qui sont plus intenses que d'autres pour les parents. Qu'il suffise de penser à la rentrée scolaire ou encore à la fin des classes. Et il y a la perte d'énergie qui affecte tout le monde au milieu de l'hiver.»

Marianne Roberge gagne sa vie en accompagnant les dirigeants d'entreprise et monsieur et madame Tout-le-Monde - plus souvent madame que monsieur - dans une démarche de conciliation travail-famille.

Par l'entremise d'un programme d'aide aux employés, des entreprises remboursent leurs salariés qui ont recours à un coach ou à un accompagnateur pour organiser leur vie différemment. Dans d'autres cas, les travailleurs vont payer de leur poche ce service.

«Les gens que je rencontre veulent réorganiser leur horaire et, bien souvent, ils ne savent pas comment aborder leur employeur à ce sujet», explique Marianne Roberge.

«Du nombre, il y a beaucoup de nouvelles mamans. Elles s'apprêtent à retourner au travail et se demandent comment elles vont réussir à s'en sortir étant donné qu'elles n'ont déjà pas une seule minute devant elle. Vous savez, nous en prenons beaucoup trop sur nos épaules. Nous cherchons constamment la performance et la perfection. Et nous avons tous la mauvaise habitude de ne jamais demander de l'aide à nos amis, à nos familles et aux ressources existantes.»

Au fil des rencontres, Marianne Roberge aide ses «clients» à établir un plan d'action en fonction des besoins exprimés par ceux-ci. Elle assure également un suivi en fonction des problématiques vécues par chacun d'entre eux.

Il suffit souvent de quelques rencontres pour établir des routines et une organisation efficace des tâches. «Rapidement, les gens détectent ce qui accroche dans leur train-train quotidien. Ils vont essayer de trouver les aménagements nécessaires leur permettant de gérer les priorités qu'ils auront préalablement établies.»

Évidemment, les travailleurs qui font appel à Marianne Roberge sont à la recherche de petits trucs pratiques. Elle en a plein dans son sac. Elle a même créé Koserviä, un répertoire de ressources offrant des services facilitant la conciliation travail-famille. Ça va du soutien scolaire à la préparation des repas en passant par les bonnes adresses pour faire effectuer des travaux d'entretien ou pour obtenir de l'aide, pour prendre soin d'un parent âgé.

«Des trucs, j'en donne beaucoup, mais je veux surtout amener les travailleurs à apprendre à se recentrer sur leurs valeurs et sur leurs priorités. Tout va tellement vite, de nos jours, que l'on finit par s'éloigner de ce qui est important.»

Mme Roberge anime également des ateliers dans les entreprises.

«Je rencontre des travailleurs en petits groupes. Nous abordons des thématiques comme les repas et l'aide aux devoirs et aux leçons. Chacun partage ses façons de faire.»

Sensibiliser les patrons

Marianne Roberge a fondé son entreprise, Koevä, il y a six ans. D'un bout à l'autre de la Belle Province, des centaines d'entreprises ont fait appel à ses services.

Détentrice d'un baccalauréat en éducation préscolaire et enseignement primaire, elle a exercé sa profession d'enseignante pendant un an et demi avant de grossir les rangs de l'entreprise familiale qui, en pleine expansion, voulait se doter d'une direction des ressources humaines.

«En allant chercher de la formation sur les meilleures pratiques en matière de gestion du personnel, notamment à la TÉLUQ, j'ai développé mon expertise sur le terrain», explique-t-elle en ajoutant que son expérience au sein de l'équipe de direction d'une PME lui avait permis de comprendre le point de vue des patrons à l'égard de la conciliation travail-famille.

«En entreprise, la difficulté en matière de conciliation travail-famille, ce n'est pas l'application des mesures, mais de sensibiliser les dirigeants. Je dois leur répéter que ce n'est pas la fin du monde», confie-t-elle.

«Ils sont plusieurs à penser que mesures de conciliation travail-famille riment avec abus. Ils considèrent la conciliation travail-famille comme une dépense. Ils ne prennent pas le temps de calculer les coûts de leur inaction en cette matière. Mettre en place de mesures qui tiennent compte de la réalité familiale de leurs salariés, c'est un investissement.»

Les employeurs pensent que c'est une profonde complication de gérer la conciliation travail-famille.

«Généralement, les employés ne demandent pas la lune; juste un peu de flexibilité dans les horaires. Un jeu de 30 à 60 minutes, le matin et le soir, pour ne pas à avoir à subir le stress des bouchons de circulation ou des retards à la garderie. Des horaires flexibles, c'est un point de départ. L'entreprise doit y aller par étape. En matière de conciliation travail-famille, il faut éviter d'ouvrir la porte trop grande pour la fermer complètement par la suite.

La conciliation travail-famille, une affaire de femmes?

«C'est le cas», affirme Marianne Roberge, conseillère en conciliation travail-famille et présidente de Koevä.

«Il est important que les pères se sentent interpellés et qu'ils osent, eux aussi, revendiquer des mesures auprès des employeurs. Encore faut-il que les femmes soient capables de déléguer un peu. Des hommes me disent qu'ils souhaiteraient davantage prendre leur place dans l'organisation des tâches, mais que leurs conjointes ne leur permettaient pas.»

En vue de valoriser l'implication des pères dans le quotidien de leur famille, Marianne Roberge collabore avec la Maison de la famille Chutes-de-la-Chaudière et la Maison de la famille Rive-Sud dans un projet novateur financé par le Secrétariat à la condition féminine du gouvernement du Québec.

Entreprises recherchées

«Nous sommes à la recherche de trois entreprises situées à Lévis pour lesquelles nous allons fournir un accompagnement aux dirigeants et aux employés masculins dans l'élaboration des mesures de conciliation travail-famille pour aider les pères à prendre leur place», explique Mme Roberge.

L'État financera la moitié des coûts d'implantation des mesures adoptées par les entreprises.

Cinq trucs pour une organisation efficace

  • Cuisiner les repas de la semaine le samedi ou le dimanche.
  • Répartir les tâches du ménage entre tous les membres de la famille.
  • Pour le lavage, séparer les vêtements dans des paniers de couleurs et partir des brassées le matin.
  • Faire le plein d'essence et passer au guichet automatique le dimanche.
  • Favoriser les paiements préautorisés.
Source: Koevä

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