2017 sera chiche sur les salaires

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Selon la firme Korn Ferry, 35 % des employeurs canadiens n'offriront pas d'augmentation de salaire à leurs travailleurs en 2017.

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(Québec) Avant de planifier des achats importants en 2017, les travailleurs canadiens devront y penser à deux fois et sortir la calculatrice de leur poche.

Oui, ils pourront bénéficier d'une majoration salariale. Du moins, la plupart d'entre eux.

Selon la firme Korn Ferry, 35 % des employeurs canadiens n'offriront pas d'augmentation de salaire à leurs travailleurs en 2017. 

La proportion est encore plus importante - 40 % - dans le secteur de l'énergie, précise Mercer, un autre cabinet de consultation en ressources humaines. C'est un brin plus encourageant qu'en 2016 alors que 60 % des employeurs de ce secteur avaient imposé un gel à leurs salariés.

Dans son enquête sur la planification de la rémunération au Canada, Mercer prévoit que les salaires devraient augmenter de 2,6 % en 2017. Et si l'on tient compte des entreprises qui bloqueront les salaires de leurs employés, les augmentations salariales moyennes devraient être de l'ordre de 2,3 %.

À peine au-delà de la croissance économique prévue au Canada en 2017 qui devrait s'établir à près de 2 %, note Korn Fery.

«Il s'agit du plus faible pourcentage d'augmentation enregistré en plus de 20 ans, soit depuis que nous menons notre enquête», fait remarquer Mercer. «Cela témoigne de la prudence des employeurs au sujet de la conjoncture économique.»

Les spécialistes de Korn Fery anticipent un scénario encore plus sombre. L'augmentation salariale moyenne devrait être de 2,2 % l'an prochain.

Capitale-Nationale : 2,9 %

Au Québec, les employeurs - excluant ceux qui ne verseront pas un sou noir de plus à leurs travailleurs - prévoient accorder une majoration salariale moyenne de 2,6 % en 2017. Pas un dixième de point de pourcentage de plus ou de moins qu'en 2016.

La firme Normandin Beaudry fait état d'augmentations salariales moyennes de 2,9 % dans la région de la Capitale-­Nationale et de 3 % dans celle de Montréal.

«Une augmentation salariale moyenne de 2,6 %, c'est légèrement inférieur à ce que l'on a connu les années passées», commente le président du Conseil du patronat du Québec (CPQ), Yves-Thomas Dorval.

Chaque année, c'est devenu une tradition, le CPQ passe au crible les prévisions des principales firmes québécoises de consultation en ressources humaines. Ce matin, à Montréal, il en dévoile ses constats.

«Les employeurs affichent des inquiétudes par rapport à la situation économique. L'élection présidentielle aux États-Unis, la montée du protectionnisme, la situation européenne après le Brexit, le ralentissement de la croissance en Chine et l'inconnu entourant le secteur pétrolier suscitent la prudence chez les employeurs. D'ailleurs, ils sont nombreux à mettre sur la glace des projets d'investissement ou de modernisation de leurs équipements.»

Lourd fardeau

Pour un travailleur gagnant 40 000 $ par année, une hausse de 2,6 % de son salaire en 2017 se traduira, pour son patron, à une augmentation de 156 $ des taxes sur la masse salariale en tenant compte des différents taux de cotisation au Fonds de santé et de sécurité du travail, au Régime québécois d'assurance parentale ou encore à la Régie des rentes du Québec.

Si les salaires versés au Québec sont concurrentiels à ceux accordés par l'ensemble des employeurs canadiens, c'est le montant de la facture des coûts des taxes sur la masse salariale qui est «disproportionnée», selon Yves-Thomas Dorval.

«Les employeurs du Québec paient annuellement environ 30 % de plus en taxes sur la masse salariale que leurs concurrents de l'Ontario et 45 % de plus que la moyenne canadienne», soulève-t-il.

Une situation qui, si elle n'est pas corrigée, pourrait éventuellement forcer les entreprises québécoises à délocaliser certaines de leurs opérations vers des pays où les coûts de main-d'oeuvre sont moins élevés, à réduire leurs effectifs et les salaires de leurs travailleurs ou encore à recourir aux nouvelles technologies pour automatiser ou pour robotiser leurs activités de fabrication.

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La «bonne paie» ne suffit plus

Myrka Maheux et Rémi Lachance de Proxima Centauri... (Le Soleil, Erick Labbé) - image 3.0

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Myrka Maheux et Rémi Lachance de Proxima Centauri

Le Soleil, Erick Labbé

Une «bonne paie» ne suffit plus à attirer et à retenir les plus beaux talents.

«Plus que jamais auparavant, les candidats évaluent d'autres critères que le salaire avant de choisir tel ou tel employeur», affirme Myrka Maheux.

«Il va arriver qu'un travailleur va accepter une rémunération inférieure lorsque l'employeur lui propose, en contrepartie, un aménagement du temps de travail, des horaires flexibles, des journées de congé additionnelles ou encore de faire du télétravail», ajoute Rémi Lachance.

«Évidemment, la rémunération doit être concurrentielle à celle que l'on retrouve sur le marché. C'est la moindre des choses», insistent les deux dirigeants de Proxima Centauri, une société de Québec qui accompagne des centaines de compagnies désireuses de devenir des employeurs de choix.

Parmi les pratiques de gestion des ressources humaines qui permettent d'influencer positivement la rétention des travailleurs, la structure salariale arrive au deuxième rang, tout juste derrière l'ambiance de travail, selon un sondage réalisé par Proxima Centauri auprès d'une centaine de dirigeants d'entreprise de la région de Québec.

Rémunération originale

De nouvelles façons de faire poussent dans les entreprises.

Les régimes de bénéfices partagés gagnent en popularité. «Une façon d'amener tous les employés à contribuer solidairement et collectivement à la croissance de l'entreprise», note Rémi Lachance.

Il y a également la rémunération indirecte, notamment alimentée par les programmes de reconnaissance des employés qui permettent à ces derniers d'obtenir des cadeaux ou des récompenses.

«Les entreprises québécoises ont encore du chemin à faire pour trouver des façons originales pour rémunérer leurs employés autrement que par la structure salariale traditionnelle. Nous accusons du retard à ce chapitre par rapport à ce qui se fait aux États-Unis et en Europe.»

Les entreprises ont aussi intérêt à dépoussiérer et moderniser leur grille salariale, suggère Myrka Maheux.

«Jadis, pour atteindre le sommet de l'échelle salariale, il fallait patienter 10 ou 15 ans. Aujourd'hui, les jeunes - qui ont tous la bougeotte - ne veulent pas attendre tout ce temps. Souvent, ils vont partir au bout de trois ans. Surtout les professionnels. Or, les entreprises doivent revoir leur grille salariale afin de permettre aux nouveaux travailleurs de toucher plus rapidement au top de l'échelle salariale.  ­

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