Au-delà de la voiture

Comme le montre la coordonnatrice en mobilité durable... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Comme le montre la coordonnatrice en mobilité durable Claudie Tremblay, l'Université Laval met des bornes de réparation à la disposition de ses employés et des étudiants qui utilisent leur vélo pour se rendre sur le campus.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Les mains crispées sur le volant. Le regard qui s'attarde à l'horloge du tableau de bord. L'impatience grimpe d'un cran.

Chaque rentrée au boulot au terme des vacances estivales apporte son lot de maux de tête pour les automobilistes. Il suffit, bien souvent, de quelques jours pour s'adapter. Il s'agit de partir un peu plus tôt. Ou un peu plus tard.

Ou encore d'emprunter un nouveau parcours. Ce retour à la réalité est aussi l'occasion pour les travailleurs d'adopter de nouvelles habitudes de déplacement.

Certains choisiront le transport en commun. D'autres, le covoiturage. Les plus sportifs, eux, utiliseront leurs jambes ou leur vélo.

Travailler au centre-ville ou dans un parc industriel peut faire toute la différence. Même constat si l'employeur est une grande organisation ou une PME. Dans le Parc technologique du Québec métropolitain où s'activent 5200 travailleurs, l'autobus ne passe pas souvent. 

«Si vous voulez commencer votre journée tôt le matin ou la terminer tard en fin d'après-midi, le service de transport en commun n'est nullement adapté à vos besoins», constate Valérie Langlois, directrice principale des ressources humaines et de l'administration chez Olympus NDT Canada, une entreprise qui fait travailler 400 employés dans la région de Québec, dont 360 dans le parc «techno». Si l'autobus ne passe pas souvent, les arrêts sont aussi distancés.

«Nos employés qui utilisent le transport en commun et ceux d'entreprises voisines doivent franchir une voie ferrée pour se rendre de l'arrêt d'autobus à leur point de destination.» Par ailleurs, se rendre dans le parc «techno» en vélo, cela se fait au péril des cyclistes. «Aucune piste cyclable ne s'y rend directement», note Mme Langlois qui, avec d'autres dirigeants d'entreprises du parc, collabore avec le centre de gestion des déplacements Mobili-T pour tenter d'améliorer l'accessibilité aux différents lieux de travail.

Dans les autres parcs industriels de la région, la situation est encore pire. Souvent, pas l'ombre d'un autobus en vue. La seule option demeure le covoiturage.

«Avec un transporteur privé et le Réseau de transport de la Capitale, nous regardons s'il est possible d'améliorer le service», indique le président de la Corporation des parcs industriels de Québec, Pierre Dolbec, qui parle au nom de 3000 entreprises faisant travailler 55 000 personnes.

Desjardins et Université Laval

Dans le cadre de politiques de développement durable, Desjardins et l'Université Laval ont élaboré des programmes de transport alternatif. Pour ne pas que les engagements demeurent des voeux pieux, ces organisations ont nommé des responsables dont la mission est de coordonner un chapelet de mesures en matière de mobilité durable.

«Mon travail consiste à accompagner les employés qui veulent changer leurs habitudes, mais qui sont un brin hésitants à laisser leur auto à la maison», mentionne Pascal Laliberté, coordonnateur du programme des transports alternatifs chez Desjardins.

L'Université Laval et Desjardins ont des plateformes de covoiturage contenant un millier d'inscriptions. Chez Desjardins, les «covoituriers» ont accès à des stationnements réservés situés à quelques pas de l'entrée des immeubles.

Les utilisateurs du transport en commun ont droit à des rabais sur l'achat de leur laissez-passer.

Les cyclistes, eux, peuvent bénéficier d'une foule de services (supports à vélo, enclos sécurisés, bornes de réparation, douches, etc.).

Le service d'autopartage Communauto est disponible pour ceux qui ont laissé leur auto à la maison et qui doivent se déplacer. Desjardins offre même un service de navette à ses travailleurs qui se déplacent entre Lévis et Montréal. Autant à l'Université Laval que chez Desjardins, les employeurs proposent des «retours garantis» à leurs employés utilisant les programmes de transport alternatif. Ainsi, en cas d'urgence, ils pourront retourner à la maison en taxi.

Horaires variables et télétravail

Du côté de La Capitale, la compagnie d'assurance mise, entre autres, sur les horaires variables et le télétravail pour faciliter la vie de ses 2500 employés dont 1800 sont en poste à Québec.

«Ils peuvent arriver, le matin, jusqu'à 9h30 et quitter, l'après-midi, à 16h et à compter de 15h30 le vendredi», explique Shirley Brown, vice-présidente aux ressources humaines et au développement organisationnel. Certains employés qui sont en contact avec la clientèle peuvent commencer leur journée de travail à 13h et la terminer à 21h. 

«Quant au télétravail, il peut se faire sur une base permanente ou sporadique. Nous l'offrons dans la mesure du possible évidemment. Nous notons un engouement pour le télétravail. C'est certain que ce mode d'organisation du travail est appelé à prendre de l'importance au sein de la compagnie», indique Mme Brown.

Des arbres et des pistes cyclables au lieu de stationnements

Le réseau de pistes cyclables de l'Université Laval... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 3.0

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Le réseau de pistes cyclables de l'Université Laval s'étend sur une distance de 8,5 kilomètres.

Le Soleil, Patrice Laroche

«Nous retirons des espaces de stationnement pour planter des arbres.»

Coordonnatrice en mobilité durable à l'Université Laval, Claudie Tremblay a fait le calcul pour Le Soleil. 

Il y a 8500 espaces de stationnement sur le campus. Au cours d'une journée moyennement achalandée, pas moins de 50 000 personnes circulent d'un pavillon à l'autre.

«Le nombre d'espaces de stationnement diminue sans cesse. Par exemple, pour faire passer la piste cyclable sur l'avenue du Séminaire, nous allons en faire disparaître.»

Le réseau de pistes cyclables de l'Université Laval s'étend sur une distance de 8,5 kilomètres. 

«À toute heure du jour, nos supports à vélo sont pratiquement tous occupés. Nous pouvons héberger entre 2000 et 2200 vélos en même temps», signale Mme Tremblay. Parmi la série de mesures proposées par l'université à ses 10 000 employés et près de 30 000 étudiants, deux attirent l'attention.

D'abord, un programme de compensation pour les émissions de gaz à effets de serre (GES).

L'employé qui ne peut se résoudre à laisser son véhicule à la maison peut se procurer au coût de 17 $ - en plus d'un permis de stationnement - une vignette de compensation des GES émis par l'utilisation de son auto. L'argent recueilli sert à planter des arbres dans la forêt Montmorency.

«Cette année, 1052 détenteurs d'un permis de stationnement ont acheté leur vignette de compensation des GEF», indique Claudie Tremblay.

Permis à rabais

L'Université Laval offre aussi des permis de stationnement au rabais pour les employés qui utilisent généralement l'autobus, le covoiturage, le vélo ou la marche pour se rendre au travail, mais qui, à l'occasion, ont besoin de leur auto. Le rabais est de 50 % du prix du stationnement. Neuf dollars plutôt que dix-huit. Chaque session, trois rabais sont accordés.

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