Mélanie Sicotte et Marie-Ève Lachance (Clinique de soins infirmiers de Lévis)

Mélanie Sicotte, présidente, et Marie-Ève Lachance, vice-présidente de... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Mélanie Sicotte, présidente, et Marie-Ève Lachance, vice-présidente de la Clinique de soins infirmiers de Lévis

Le Soleil, Patrice Laroche

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Nos leaders de demain
Nos leaders de demain

Ils ont fondé leur entreprise. Ils sont créateurs d'emplois et ils participent à la richesse collective. Découvrez ces leaders de demain, qui sont à la tête de 20 entreprises des régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches. »

(Québec) Leur entourage doutait de leur sérieux lorsque Mélanie Sicotte et Marie-Ève Lachance ont avancé l'idée de démarrer leur entreprise.

«Ce fut comme ça jusqu'à ce que nous remettions nos démissions à la direction de l'Hôpital Saint-François d'Assise», raconte Mélanie.

Les deux jeunes femmes exerçaient leur profession d'infirmière à la salle d'urgence de cet hôpital de Québec depuis déjà sept ans. Par choix, elles avaient travaillé la nuit pendant plusieurs années.

Deux filles passionnées par leur profession. 

Son diplôme d'études collégiales en soins infirmiers en poche, Marie-Éve poursuivait ses études à l'université pour ajouter un baccalauréat à sa formation. 

Mélanie, elle, était inscrite à la maîtrise en administration des affaires. Son objectif était d'occuper un jour un poste de gestion dans le système hospitalier.

Elles aimaient leur travail, mais elles déploraient le peu d'autonomie laissé aux infirmières. Et il y avait les coupes budgétaires à répétition et l'alourdissement des tâches qui finissaient par saper le moral des plus courageuses.

«On entend souvent dire que les infirmières sont des suiveuses de médecin et qu'elles ne peuvent pas faire grand-chose en l'absence d'un docteur, et ce, en dépit de leurs qualifications. Pas même donner du Tylenol. Il y a pas mal de vrai là-dedans», exprime Marie-Ève.

À l'hôpital, Mélanie et Marie-Ève organisaient des conférences sur des thèmes variés pour leurs consoeurs et confrères de travail. Un jour, elles ont invité une spécialiste en leadership. Son intervention aura l'effet d'une sonnerie de réveil-matin pour les deux jeunes femmes.

«Elle martelait que les infirmières pouvaient travailler de façon autonome et qu'elles pouvaient dispenser certains actes médicaux sans la présence d'un médecin à leurs côtés», se souvient Mélanie.

«Nous nous sommes alors demandé ce que nous pourrions faire pour répondre aux besoins de la population et pour contribuer à réduire, à notre façon, les temps d'attente dans les hôpitaux», ajoute Marie-Ève.

Pourquoi ne pas fonder un établissement privé de soins infirmiers qui offre des services plus spécialisés que ceux proposés par une clinique du voyageur ou par un centre de prélèvements médicaux?

Pour ce faire, elles ont obtenu de la part de médecins des ordonnances collectives qui leur permettent, par exemple, de faire du dépistage d'allergie et de traiter des symptômes de l'infection urinaire ou de la pharyngite.

«Nous avons tout simplement décidé de prendre notre place», indiquent Mélanie et Marie-Ève. 

La fiche 

Mélanie Sicotte (31 ans, présidente) et Marie-Ève Lachance (29 ans, vice-présidente)

Mélanie détient un baccalauréat en sciences infirmières et une maîtrise en administration des affaires en gestion des entreprises de l'Université Laval. Marie-Ève possède un diplôme d'études collégiales en soins infirmiers du Cégep de Limoilou et termine actuellement un baccalauréat en sciences infirmières à l'Université Laval.

Elles ont fondé la Clinique de soins infirmiers de Lévis en 2013. L'entreprise compte deux employées.

L'entreprise

En plus d'offrir des services avec prescription à la population (prélèvements divers, changement de pansement, etc.), la Clinique de soins infirmiers de Lévis propose des services ne nécessitant pas une prescription d'un médecin comme le dépistage d'allergies par prélèvement sanguin, le dépistage et le traitement des symptômes de l'infection urinaire et du streptocoque de la gorge et les consultations santé pour les voyageurs.

Questions et réponses

Votre plus importante réalisation à ce jour?

«Nous prouvons, tous les jours, que deux infirmières peuvent pratiquer leur profession sans la présence continuelle d'un médecin à leurs côtés.»

La reconnaissance la plus satisfaisante obtenue?

«Celle du monde des affaires qui a accepté dans ses rangs l'arrivée de deux jeunes femmes sans expérience provenant du monde de la santé», signale Mélanie en énumérant les prix et les bourses reçus par son entreprise des mains de la Chambre de commerce de Lévis, de Desjardins et de Femmessor.

Où vous voyez-vous dans cinq ans?

«À court terme, nous voulons offrir de nouveaux services et nous enraciner solidement à Lévis. Éventuellement, nous voulons en ouvrir une deuxième. Puis, une troisième. Nous commençons déjà à recevoir des offres de promoteurs. Il y a tout un marché qui s'ouvre pour le secteur privé dans les soins médicaux. Les financiers ont faim pour des projets comme le nôtre.»

L'échec, ça vous fait peur?

«Pas du tout. Dès le départ, nous étions convaincues que ça allait marcher. La preuve? Nous sommes maintenant capables de nous donner un petit salaire. Rien de comparable à celui que nous touchions à l'hôpital, mais pour une jeune entreprise naissante, ce n'est pas banal.»

Votre modèle?

«Je fais partie d'un TipClub qui rassemble des entrepreneurs de toute provenance, témoigne Mélanie. Je m'inspire des enseignements de chacun des membres de ce réseau.»

Vos plus grands plaisirs dans la vie à l'exception du travail?

«Moi, c'est de voyager», lance Marie-Ève. «La vie en famille pour moi», intervient Mélanie, maman de deux jeunes enfants.

Le meilleur conseil reçu?

«Apprendre à se faire confiance.»

Le meilleur conseil à donner à un jeune entrepreneur?

«Ose et ne te laisse surtout pas décourager par tous les petits pépins qui tu rencontreras en cours de route», suggère Marie-Ève.

Faire de l'argent, pourquoi?

«Certainement pas pour vivre la vie des gens riches et célèbres! Même si notre entreprise est encore déficitaire, nous nous faisons un devoir d'appuyer des causes humanitaires. Nous en faisons encore trop peu à notre goût. Un jour, nous serons en mesure d'être plus généreuses.»  

Suivez toute la semaine dans la section Affaires de notre application la série «Nos leaders de demain». Et découvrez notre cahier spécial à conserver dans notre édition papier de samedi. Et la section spéciale de notre site Web.

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