Caroline Sylvain et Julien Marcoux: Centrale de préparation

Caroline Sylvain, propriétaire et Julien Marcoux, gestionnaire... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Caroline Sylvain, propriétaire et Julien Marcoux, gestionnaire

Le Soleil, Erick Labbé

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(Saint-Prosper) «Je savais que j'allais jouer dans la cour des grands.»

De l'audace, Caroline Sylvain n'en manque pas lorsqu'elle ouvre les portes de sa Centrale de préparation des ordonnances à Saint-Prosper.

«Une centrale indépendante», insiste la pharmacienne.

«Autour de moi, il y a Brunet, Familiprix et surtout McKesson, le plus grand distributeur pharmaceutique en Amérique du Nord et propriétaire de la marque de commerce Proxim.»

Avec son père Julien, Caroline Sylvain, voyez-vous, est copropriétaire d'une pharmacie affiliée à... Proxim!

«Disons que les dirigeants de McKesson me regardaient avec un air suspect. J'étais devenue le mouton noir. Ils planchaient à l'époque sur un projet de centrale de préparation des médicaments. Ça me plaçait dans une situation inconfortable. Avec le temps, la poussière retombe.»

La pharmacie des Sylvain, père et fille, possédait déjà des robots pour la mise en piluliers des médicaments de sa clientèle.

Voyant arriver le projet de loi 41 qui allait permettre aux pharmaciens d'exercer certains actes jadis réservés aux médecins, Caroline Sylvain a compris que les tâches de ses collègues allaient s'alourdir. L'État leur demandait d'être plus présents au comptoir.

«Il était clair, à ce moment-là, que les pharmaciens allaient avoir moins de temps pour préparer les piluliers de leurs clients», explique Caroline.

En moins d'un an, elle passe à l'action. Épaulée par son conjoint Julien Marcoux, elle obtient du financement, trouve un terrain, construit un bâtiment et achète des robots. «À ce moment-là, nous n'avions pas un seul client», se rappelle Julien Marcoux.

Prenant le bâton du pèlerin, Caroline et son conjoint se mettent à parcourir la province pour convaincre les pharmaciens-propriétaires de leur confier la préparation des piluliers.

«Notre pari était que les pharmaciens-propriétaires, même s'ils sont affiliés à des chaînes ou à des bannières, allaient nous faire confiance. Leur code de déontologie leur permet d'ailleurs de transiger avec le fournisseur des services professionnels de leur choix», signale Caroline Sylvain.

Questions/réponses

Q Devenir entrepreneure, ça allait de soi pour vous?

Caroline Sylvain : «J'ai toujours voulu devenir pharmacienne, comme mon père. Je me souviens qu'à l'âge de 12 ans, je l'avais boudé pendant une semaine parce qu'il avait embauché une technicienne. Je voulais le poste!»

Q Pourquoi être devenue une entrepreneure?

«J'aime être maître de mon destin. Quand je fais un bon coup, ça me fait un petit velours. Quand j'en fais un moins bon, j'en subis les conséquences. Comme mon père, j'aime être à l'avant-garde. Nous cherchons toujours à améliorer notre pratique et pour mieux servir les clients.»

Q La conciliation entre le travail et la vie personnelle, ça se passe comment?

«Julien et moi sommes parents de deux enfants. Deux garçons de huit et six ans. Un congé de maternité, je ne sais pas trop à quoi ça ressemble. Mon chum a quitté son emploi pour s'occuper de la gestion de la centrale et pour être plus présent à la maison. Nos parents sont toujours là pour voler à notre secours. À la pharmacie, nous avons fait le choix d'embaucher du personnel supplémentaire afin que j'évite de faire des semaines de 60heures.»

Q Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez dans votre vie d'entrepreneure?

«La gestion du personnel. J'ai délégué certaines responsabilités à cet égard compte tenu du temps qu'il faut y consacrer. Heureusement, le recrutement n'est pas une difficulté pour nous. Notre réputation est enviable. Alors qu'une forte pénurie sévissait, j'ai pu trouver une pharmacienne en moins de deux semaines.»

Q La décision la plus difficile que vous ayez eu à prendre?

«Celle d'ouvrir la centrale en sachant que les gros joueurs de l'industrie n'allaient pas nous faire de quartier.»

Q Quelle grande satisfaction vous apporte la profession d'entrepreneure?

«Ce dont je suis la plus fière, c'est de pouvoir réaliser toutes les idées qui me trottent dans la tête. En fait, pas toutes, car il faut savoir s'arrêter à un moment donné. Plus ça va, plus je vois des opportunités d'affaires s'offrir à moi. Et nous avons les leviers financiers pour les réaliser. Nous travaillons présentement à un projet de construction d'un complexe regroupant une pharmacie, une clinique dentaire et une épicerie.»

Q Des pièges qu'un jeune entrepreneur doit éviter?

«De penser que tout sera facile. Il faut connaître ses forces. Et celles des gens avec lesquels on va s'entourer.»

Q Vous voulez faire connaître la région de la Chaudière-Appalaches à un étranger. Vous l'amenez où? Vous lui présentez qui?

«Les passerelles à Saint-Georges. Je lui ferais connaître les belles réussites de la région. Je pense au groupe Kerry, à Sainte-Claire, qui se spécialise dans la production et la commercialisation d'ingrédients et de produits destinés à l'industrie agroalimentaire.»

La fiche

  • Caroline Sylvain (36 ans, propriétaire) Julien Marcoux (38 ans, gestionnaire)
  • Elle est détentrice d'un baccalauréat en pharmacie de l'Université Laval.
  • Elle est copropriétaire, avec son père, Julien Sylvain, d'une pharmacie affiliée au groupe Proxim à Saint-Prosper depuis 2009 et aussi propriétaire de la Centrale de préparation des ordonnances Caroline Sylvain depuis 2014.

L'entreprise

  • La Centrale de préparation des ordonnances Caroline Sylvain procède à la mise en piluliers de la médication pour les pharmaciens. À l'aide de robots, l'entreprise prépare des piluliers de type Dispill et Distrimedic, ainsi que des sachets-multidoses.
  • Elle gère 1,5 million d'ordonnances par année pour une quinzaine de pharmacies. En pleine expansion, la centrale fonctionne actuellement à 40 % de sa capacité de production.
  • L'entreprise a pignon sur rue à Saint-Prosper et fait travailler une douzaine de personnes.

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