Marie-Claire Filion: Industrie Bourgneuf et Métallifer

Marie-Claire Filion, vice-présidente  d'Industrie Bourgneuf et responsable du... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Marie-Claire Filion, vice-présidente  d'Industrie Bourgneuf et responsable du développement des affaires pour Métallifer

Le Soleil, Yan Doublet

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(SAINT-HONORÉ-DE-SHENLEY) Marie-Claire Filion vient de passer un an au siège social du fabricant de vêtements pour enfants Souris Mini, à Québec.

Elle a adoré l'expérience, mais cherche un autre défi. Deux firmes de communication s'intéressent à ses services et l'ont convoquée à une entrevue. Un autre entrepreneur l'a dans sa mire. Il la convoque, également, à une entrevue en bonne et due forme. Cet autre entrepreneur, c'est son père, Michel Filion.

Ce dernier vient d'acquérir une entreprise de sous-traitance industrielle à Saint-Honoré-de-Shenley, en Beauce, et lui propose de sauter dans l'aventure d'Industrie Bourgneuf avec lui.

«Il disait que ça pourrait être un beau défi pour moi», se souvient la jeune femme de 32 ans.

«À vrai dire, de mon côté, je n'avais jamais été trop intéressée par les composantes métalliques et les outils de forge. Mon père oeuvrait dans ce domaine depuis des années et j'en avais vu des pièces entreposées à la maison. Pour une jeune fille, une roue de train, ça n'a rien de bien excitant.»

Ce qui a finalement allumé la flamme de Marie-Claire Filion, c'est la possibilité de donner un nouveau souffle à Industrie Bourgneuf et de réaliser des synergies avec l'autre entreprise familiale, Métallifer.

Elle quitte alors Québec pour s'installer en Beauce.

«J'avais à peine 23 ans et je n'avais jamais vu une torche à souder de ma vie. Je partais de loin.»

Marie-Claire Filion apprend à la dure à Industrie Bourgneuf. Elle était évidemment perçue comme la fille à papa.

«Mon poste aurait pu être offert à 100 personnes avant moi. Il a fallu que je défende ma place et que je gagne la confiance de l'équipe. Ils étaient nombreux à penser que je plierais bagage dans le temps de le dire.»

Sept ans plus tard, le cintrage, la coupe et le pliage du métal n'ont plus de secrets pour Marie-Claire Filion

Questions/réponses

Q Devenir entrepreneure, ça allait de soi pour vous?

«Je suis tombée dans la potion magique très jeune. Mon père a démarré son entreprise dans le sous-sol de la résidence familiale. C'est au cégep que le déclic s'est réellement fait et que j'ai compris que je pourrais être le capitaine de mon bateau.»

Q Pourquoi être devenue une entrepreneure?

«J'ai quitté mon premier emploi, chez Souris Mini, car j'aurais voulu prendre les rênes de l'entreprise. J'exprimais alors l'impatience d'une fille de 20 ans qui ne voyait pas de limite à ce qu'elle pouvait accomplir.»

Q La conciliation entre le travail et la vie personnelle, ça se passe comment?

«Avec la venue d'un premier enfant, ça va changer évidemment. En janvier 2015, j'ai quitté la Beauce pour m'installer en Montérégie avec mon conjoint. J'ai délaissé la gestion quotidienne des opérations de l'usine pour me concentrer sur les ventes et les relations avec les clients. La croissance de notre entreprise passe par Montréal. En déménageant, j'évitais les déplacements en auto. Ma qualité de vie s'en trouve améliorée. Avec l'arrivée de notre fils, j'entends prendre un congé de quatre mois "ferme" dans l'espoir de le prolonger de quelques mois supplémentaires. Le temps passé avec ce premier bébé ne reviendra jamais.»

Q Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez dans votre vie d'entrepreneure?

«Les difficultés résultent souvent de notre incapacité à résoudre rapidement un problème. Il est arrivé que nous ayons tardé à régler des litiges avec certains employés et qui ont fait en sorte que des collaborateurs importants ont choisi de quitter parce que la situation devenait intenable.»

Q La décision la plus difficile que vous ayez eu à prendre?

«Justement, nous en avons une importante à prendre et elle nous cause beaucoup de soucis. Nous avons fait l'acquisition d'un équipement très dispendieux qui ne fonctionne pas à sa pleine capacité. Ou bien nous continuons à investir pour faire en sorte qu'il fonctionne comme il se doit ou bien nous concluons que nous avons pris une mauvaise décision et nous passons à un autre appel.»

Q Quelle grande satisfaction vous apporte la profession d'entrepreneure?

«Celle de pouvoir aider les plus jeunes. À mes premiers pas, j'en ai fait des appels pour obtenir des conseils auprès d'entrepreneurs aguerris. Je me sentais seule dans mon coin. Aujourd'hui, je donne au suivant comme je peux.»

Q Des pièges qu'un jeune entrepreneur doit éviter?

«Ne pas prendre de décision. À l'École d'entrepreneurship de Beauce, l'homme d'affaires Louis Têtu (Taleo, Coveo) nous disait qu'il s'accordait deux points lorsqu'il prenait une bonne décision, un point lorsqu'il en prenait une mauvaise et aucun point lorsqu'il n'en prenait pas!»

Q Vous voulez faire connaître la région de la Chaudière-Appalaches à un étranger. Vous l'amenez où? Vous lui présentez qui?

«Tout de go au restaurant Les Pères Nature à Saint-Georges, face à la rivière Chaudière. Idéalement tôt le matin. Ça ouvre à 5h. C'est toujours plein. On y retrouve l'esprit communautaire typique aux Beaucerons.»

La fiche

  • Marie-Claire Filion (32 ans, vice-présidente d'Industrie Bourgneuf et responsable du développement des affaires pour Métallifer)
  • Détentrice d'un baccalauréat en administration de l'Université Laval et d'une maîtrise en gestion internationale de l'Université de Sherbrooke
  • Elle s'est jointe aux entreprises de son père, Michel, en 2009. Elle possède 25 % des parts d'Industrie Bourgneuf et 11 % de celles de Métallifer.

L'entreprise

  • Michel Filion a acheté Industrie Bourgneuf en 2008. Fondée en 1992, l'entreprise de Saint-Honoré-de-Shenley - qui compte 25 employés - est spécialisée dans la transformation du métal en tube. Son marché principal est celui des manufacturiers de meubles de bureau.
  • En 1988, Michel Filion avait fondé Métallifer qui a pignon sur rue à Lévis. La mission de l'entreprise d'une vingtaine d'employés est de fournir des pièces métalliques, notamment pour le secteur des transports.

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