Impact «limité» de la hausse des taux d'intérêt

Stephen Poloz, le gouverneur de la Banque du... (La Presse canadienne, Fred Chartrand)

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Stephen Poloz, le gouverneur de la Banque du Canada, a annoncé mercredi la hausse du taux directeur de 25 points de base, qui passe de 0,5 % à 0,75 %.

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(Québec) Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen S. Poloz, venait à peine de confirmer, mercredi, que la banque centrale augmentait son taux d'intérêt directeur de 25 points de base pour le porter à 0,75 % que RBC Banque Royale l'imitait.

D'autres institutions bancaires l'ont précédé. D'autres emboîteront le pas dans les prochains jours.

À partir de jeudi, le taux d'intérêt préférentiel de RBC Banque Royale passe de 2,70 % à 2,95 %.

Le paiement mensuel pour un prêt de 200 000 $ - avec amortissement sur une période de 25 ans - passe de 915,97 $ à 941,37 $. Vingt-cinq dollars de plus par mois.

Le paiement mensuel pour un prêt de 300 000 $ passe, pour sa part, de 1373,96 $ à 1412,05 $. Trente-huit dollars de plus par mois.

«Les taux d'intérêt ont été abaissés en 2015 afin d'aider l'économie à s'ajuster aux prix plus du pétrole, et cet ajustement est en grande partie terminé», a expliqué le gouverneur de la Banque du Canada, une institution dont le mandat est de mener la politique monétaire de manière à favoriser la prospérité économique et financière des Canadiens.

«Nous avons relevé notre taux directeur de 25 points de base, dans le contexte d'une économie se rapprochant de son plein potentiel et d'une inflation qui devrait atteindre la cible de 2 % au cours de la prochaine année», a indiqué Stephen S. Poloz en reconnaissant, par ailleurs, que «la baisse des taux d'intérêt avait contribué à accentuer les vulnérabilités financières dans les ménages.»

Avec des taux d'intérêt peu élevés, il en coûte moins cher à monsieur et à madame tout le monde pour emprunter des billets verts afin de consommer davantage.

«La Banque du Canada reconnaît que l'économie est peut-être plus sensible à des taux d'intérêt plus élevés que par le passé, étant donné l'accroissement de la dette des ménages. Nous devrons mesurer avec soin les effets des taux plus élevés sur l'économie», a souligné M. Poloz.

Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen S.... (Infographie Le Soleil) - image 2.0

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Infographie Le Soleil

Endettement des ménages

Cet extrait de la présentation du gouverneur de la Banque du Canada a rassuré Sylvie De Bellefeuille, conseillère budgétaire et juridique à Option Consommateur.

«La banque centrale est consciente que le taux d'endettement des ménages au Canada est très élevé. C'est pourquoi il serait surprenant d'assister, à court terme, à des hausses vertigineuses du taux directeur de la Banque du Canada», a-t-elle déclaré au Soleil.

La poussée de 25 points de base du taux d'intérêt directeur devrait avoir un impact «limité» auprès des consommateurs, notamment ceux qui jouissent d'une «bonne santé budgétaire», a affirmé Sylvie De Bellefeuille. «Leurs paiements vont augmenter un peu.»

Par contre, pour les autres, la pilule pourrait être plus difficile à avaler. Un 25 $ ou un 50 $ de plus ici et là par mois peut être catastrophique pour certains. 

Ils sont de plus en plus nombreux, les Canadiens qui, trop endettés, parviennent difficilement à joindre les deux bouts. Une légère hausse des paiements d'intérêt est souvent suffisante pour les pousser directement dans un précipice.

La porte-parole de l'association qui veille au respect des intérêts et des droits des consommateurs a rappelé que le taux moyen d'endettement des Canadiens atteint maintenant 167 %. En d'autres mots, pour chaque tranche de 100 $ de revenu disponible, le Canadien en doit en moyenne 167 $ à ses créanciers pour payer sa maison ou pour acheter des biens de consommation.

L'annonce d'une hausse du taux directeur de la Banque du Canada devrait inciter les consommateurs à refaire leur budget. Ou encore d'en faire un! 

«Si vos dépenses sont plus élevées que vos revenus, il n'y pas 36 solutions. Il faut réduire les dépenses et faire les choix qui s'imposent pour couvrir les besoins essentiels», a martelé Sylvie De Bellefeuille.

Immobilier : pas de panique

Chef analyste à la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), Élisabeth Koulouris ne croit pas que l'annonce de la hausse du taux directeur provoquera la panique dans le secteur immobilier et pourrait éventuellement freiner l'accès à la propriété pour les jeunes ménages.

«Malgré la hausse d'un quart de point, le contexte des faibles taux hypothécaires se maintient. Il faut aussi considérer que la majorité des prêts hypothécaires sont d'une durée de cinq ans avec un taux fixe. Chaque année, à peine un cinquième de tous les prêts hypothécaires doivent être renouvelés. C'est pourquoi nous estimons que l'impact de l'annonce de la Banque du Canada est modéré», a indiqué Mme Koulouris.

Les trois principales raisons pour hausser le taux

Sans grande surprise, la Banque du Canada a annoncé, mercredi, une hausse de son taux directeur de 25 points de base pour le porter à 0,75 %. La première depuis 2007.

Parmi les justifications de la banque centrale, voici les trois principales.

L'économie mondiale

Même si des «inconnues», notamment la politique de commerce extérieur des États-Unis, «brouillent» les perspectives, la Banque du Canada s'attend à ce que la croissance économique mondiale atteigne 3,5 % en 2017.

«L'économie américaine croît à un rythme modéré et nous observons des signes d'un redressement plus uniforme de l'activité dans la zone euro ainsi qu'une reprise dans quelques pays émergents qui étaient en récession», signale le Rapport sur la politique monétaire de la Banque du Canada.

Le «ralentissement» de l'inflation dans plusieurs régions de la planète s'ajoute à ce contexte économique favorable, bien que le recul soit dû en grande partie à des facteurs temporaires dans certains coins du monde.

L'économie canadienne

«Dépenses robustes des ménages.» «Redressement des exportations.»

Voilà deux constats établis par la Banque du Canada pour décrire le bon état de santé de l'économie canadienne.

«L'activité économique sera soutenue par la hausse de la demande étrangère, par les mesures de relance budgétaire ainsi que par les conditions monétaires et financières expansionnistes.»

La banque centrale fait également valoir que le niveau de confiance des chefs d'entreprise est élevé.

«Les intentions d'augmentation des dépenses d'investissement en machines et matériel au cours de la prochaine année demeurent manifestes dans l'ensemble des régions et des secteurs.»

Le secteur du pétrole et du gaz commence tranquillement à sortir de sa torpeur.

L'inflation au Canada

Pour la Banque du Canada, «c'est en gardant l'inflation à un niveau bas, stable et prévisible qu'on peut le mieux préserver la confiance dans la valeur de la monnaie et contribuer à la croissance soutenue de l'économie, à la progression de l'emploi et à l'amélioration du niveau de vie.»

Sa cible : un taux d'inflation de 2 %. À la fin du deuxième trimestre, il affichait 1,4 %.

«Le ralentissement de l'inflation peut s'expliquer, en grande partie, par une diminution du rythme d'augmentation des prix à la consommation de l'énergie et des prix des automobiles», évoque la Banque du Canada.




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