Les finances personnelles, plus taboues que le sexe?

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En ces jours de frénésie de magasinage, le Vendredi fou étant chose du passé, voilà que s'amène le Cyberlundi; l'occasion est belle pour les consommateurs de s'interroger sur leurs habitudes d'achat.

Jean-Marie Villeneuve, Le Soleil

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(Québec) «Les gens se sentent plus à l'aise de parler de leur sexualité que de leurs finances personnelles!»

En ces jours de frénésie de magasinage - le Vendredi fou étant chose du passé, voilà que s'amène le Cyberlundi -, l'occasion est belle pour les consommateurs de s'interroger sur leurs habitudes d'achat.

Or, ceux-ci sont trop peu nombreux à vouloir faire cet exercice d'introspection, souligne Élisabeth Circé-Côté, coordonnatrice de la Coalition des associations de consommateurs du Québec (CACQ). D'où leur préférence à parler de leur vie sexuelle plutôt que de la façon dont ils dépensent l'argent gagné difficilement à la sueur de leur front.

«Ils aiment mieux vivre dans le déni et se retrouver dans une situation économique précaire que de changer leurs habitudes et de sabrer leurs dépenses», exprime Élisabeth Circé-Côté.

Pour cette dernière, les chiffres parlent d'eux-mêmes.

Au Canada, la dette moyenne à la consommation s'élève à 21 458 $. Elle affiche 18 070 $ dans la Belle Province.

«On ne parle pas ici du taux d'endettement - qui comprend les prêts hypothécaires -, mais seulement de la dette liée aux dépenses de consommation», précise la coordonnatrice de la CACQ. 

Ce n'est guère plus reluisant en ce qui a trait au taux d'endettement. En effet, selon Statistique Canada, les ménages devaient en moyenne 1,68 $ pour chaque dollar de revenu disponible.

Journée sans achat

Adbusters, une organisation activiste américaine qui milite contre la consommation de masse et le capitalisme en général, a décrété le Vendredi fou comme la Journée sans achat [Buy Nothing Day]. Le mouvement a fait des petits dans une soixantaine de pays.

«Il s'agit de faire un contrepoids à la folie du Vendredi fou», explique Élisabeth Circé-Côté.

Encourage-t-on ce mouvement à la Coalition des associations de consommateurs du Québec, qui rassemble une vingtaine d'associations de consommateurs à travers la province?

«Ça serait rêver en couleurs de penser que l'on pourrait convaincre tous les consommateurs de ne pas sortir des sous de leur poche ou de ne pas utiliser leur carte de crédit à l'occasion du Vendredi fou ou du Cyberlundi. Il faut être réaliste», note Élisabeth Circé-Côté qui, elle-même, voit passer des offres alléchantes de réduction 25 % à 30 % des prix réguliers chez ses marchands québécois favoris.

Cela n'empêche pas, selon elle, qu'on profite du tourbillon commercial pour mettre les citoyens en garde contre les excès du magasinage. 

La première question à se poser est de savoir s'il est nécessaire d'acheter tout de suite la marchandise désirée.

«Les détaillants mettent de la pression sur les consommateurs pour qu'ils achètent tout de suite en leur laissant croire que les rabais sont du jamais vu et qu'une telle offre ne repassera plus jamais. À ma connaissance, des rabais de 25 % à 30 %, nous en voyons à d'autres occasions durant l'année. Alors, rien ne sert de se garrocher dans les boutiques.»

Et si le consommateur décide de faire un achat, il doit vérifier s'il a les reins assez solides pour le faire et s'il paiera comptant ou avec sa carte de crédit.

«Le danger avec le crédit, c'est que le consommateur met trop de temps pour rembourser sa dépense. Les taux d'intérêt imposés par les émetteurs de carte de crédit vont complètement gruger le rabais obtenu par le consommateur.»

«Si vous avez un solde de 10 000 $ sur votre carte de crédit et ne remboursez que le montant minimal, soit 200 $ au taux d'intérêt habituel des cartes de crédit, qui est de 19,8 %, il vous faudra 80 ans et un mois pour en finir avec cette dette! Vous aurez alors payé des frais de crédit de 45 350 $», illustre Élisabeth Circé-Côté, qui déplore que les Québécois ne s'informent pas suffisamment des risques liés à la surutilisation du crédit.

«Rares sont ceux qui connaissent le taux d'intérêt imposé par l'émetteur de leur carte de crédit. Peut-être préfèrent-ils ne pas le savoir?»

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